Honorés vendredi soir avant le match entre les Maple Leafs et les Devils, Gary Bettman, Alexander Yakushev, Martin St-Louis, Martin Brodeur, Jayne Hefford et Willie O'Ree ont été intronisés au Temple de la renommée du hockey, lundi.

St-Louis récompensé pour sa ténacité

TORONTO — Un concours de popularité le Temple de la renommée du hockey? Le commissaire Gary Bettman jure que non. La preuve? Depuis lundi, il est membre de la célèbre institution.

«Tout le monde sait que mes apparitions publiques créent une forte réaction», a blagué Bettman pendant son discours. «Je me fais huer lorsque je présente la Coupe Stanley et même au repêchage. Ma présence au Temple de la renommée devrait effacer toutes les spéculations qu’il s’agit d’un concours de popularité. J’espère que mon intronisation est le reflet d’une contribution collective.»

Bettman partageait la scène avec le gardien Martin Brodeur, Martin St-Louis, Willie O’Ree, la quadruple médaillée d’or olympique Jayne Hefford et l’ancienne gloire russe Alexander Yakushev. Bettman et O’Ree, le premier Noir à avoir joué dans la LNH, ont été intronisés en tant que bâtisseurs.

La LNH est passée de 24 à 31 équipes pendant le règne de 25 ans de Bettman en tant que commissaire. Les revenus annuels ont gonflé jusqu’à près de 5 milliards $US. 

«Trouvez une fenêtre»

St-Louis, lui, est un exemple éloquent de ténacité. Il n’a jamais été repêché, mais il a tout de même gagné le trophée Hart et a terminé au sommet des pointeurs de la LNH à deux occasions avec le Lightning de Tampa Bay. Il a aussi mis la main sur la Coupe Stanley en 2004.

«Pour tous les jeunes qui écoutent, suivez vos rêves», a déclaré St-Louis. «Croyez en vous. Lorsqu’une porte semble se refermer, trouvez une fenêtre et trouvez une façon d’entrer. La raison pour laquelle certaines personnes n’atteignent pas leur plein potentiel est qu’elles abandonnent trop vite.»

Attaquant de petite taille, St-Louis a dû se battre pour faire sa place, n’hésitant pas à confronter entraîneurs et coéquipiers pour les emmener plus loin.

«Être l’entraîneur de Martin pouvait être un défi parfois parce qu’il vous défiait», a écrit John Tortorella il y a quelques jours à peine sur le site Internet de la LNH, en prévision de son intronisation. «Honnêtement, il pouvait vous tomber sur les nerfs! Il posait beaucoup de questions et s’il n’obtenait pas la réponse qu’il recherchait, ou s’il avait besoin de plus d’informations, il en posait d’autres.»

«Par ses actions, il appuyait tout ce qu’il disait», a noté son ex-coéquipier et vieux complice Éric Perrin. «Quand il s’entraînait en gymnase ou sur la glace, c’était toujours à 100 %. Il a tout le temps fait sortir le meilleur des autres. Quand tu jouais avec lui, il fallait que tu sois à ton mieux. C’est ce que j’ai aimé de Martin quand j’ai joué avec lui. C’est ça qui m’a rendu un meilleur joueur.»

Vaincre un obstacle à la fois

Adjoint à Claude Julien avec le Canadien, Dominique Ducharme évoluait depuis deux ans à l’Université du Vermont quand St-Louis s’y est présenté. «Pour moi, il est le genre de joueur contre lequel tu ne paris pas. Il prenait un obstacle à la fois et passait à travers. Il a été un très bon coéquipier, qui te mettait au défi par sa façon de jouer et de s’entraîner mais qui pouvait aussi s’amuser et avoir du plaisir.»

L’ancien gardien Marc Denis a réalisé à quel point St-Louis pouvait être un bon coéquipier avant même de revêtir l’uniforme du Lightning pour la toute première fois en 2006. «Quand j’ai été échangé des Blue Jackets au Lightning, il a été le premier à m’appeler pour me souhaiter la bienvenue, me mettre à l’aise dans l’environnement, me dire de l’appeler dès que je serai à Tampa pour me chercher une maison. On se connaissait parce qu’on s’était affronté et qu’on est du même âge, mais c’est tout. C’est le genre d’homme qu’il est.»

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UNE TOUCHE DU SAGUENAY

Dimanche soir, lors de la Classique des légendes du Temple de la renommée, Martin Brodeur portait un masque peinturé par la l'artiste saguenéenne Sylvie Poitras.

SAGUENAY — L’artiste-peintre saguenéenne Sylvie Poitras a vécu un beau moment de fierté en voyant Martin Brodeur arborer l’un des trois masques de gardien qu’il lui avait commandés en vue des activités entourant son intronisation au Temple de la renommée du hockey.

Pour cette nouvelle mission, l’artiste a dû travailler rapidement, car au lieu des deux exemplaires habituels, elle en a réalisé trois, chacun étant différent. Dimanche, Brodeur et son fils aîné Anthony faisaient en effet partie de l’Équipe Belfour contre l’Équipe Fuhr lors de la Classique des légendes du Temple de la renommée, au ScotiaBank Arena de Toronto. «Au départ, il devait porter un masque différent pour chaque période, d’où la commande de trois.» Brodeur fils a finalement amorcé la rencontre avant de laisser sa place au paternel et de revenir pour terminer la rencontre. Sylvie Poitras ne savait pas précisément le sort qui serait réservé à ses œuvres par la suite. «Si je ne me trompe pas, ils seront mis aux enchères.»

Le premier cerbère de la LNH à lui faire confiance a été l’ancien des Sags, Marc Denis. Puis, ce fut au tour de Mathieu Garon. «J’ai commencé à travailler avec Mathieu lorsqu’il était avec les Oilers d’Edmonton. Dans la même année, il a été échangé aux Penguins de Pittsburgh, où il a gagné la Coupe. J’ai donc une belle photo de mon masque dans la Coupe Stanley», mentionne-t-elle avec un grand sourire.

Ce premier contrat lui a ouvert des portes. «Reebok m’a offert, un peu plus tard dans la même saison, de faire la même chose pour Martin Brodeur parce qu’il voulait un peu de changement. C’est sûr que j’ai dit oui, avec plaisir!» Ce fut le premier d’une dizaine de créations pour le célèbre gardien, dont celle qui se retrouve sur la pochette du jeu vidéo NHL14 produit par EA Sports.  Johanne Saint-Pierre (Le Quotidien)