Il y a 50 ans, l’Argentin Roberto de Vicenzo commettait la plus célèbre erreur de pointage de l’histoire du Tournoi des maîtres, permettant à Bob Goalby de l’emporter par un coup.

Souvenirs du Tournoi des maîtres

AUGUSTA — Le 82e Tournoi des maîtres prendra son envol jeudi. Au fil des années et des trous, anecdotes et exploits ont fleuri sur le magnifique parcours d’Augusta. Voici quelques anniversaires ayant contribué à forger la légende du «Masters».

1943: dindes et bétail

En raison de la Seconde Guerre mondiale, les administrateurs du Augusta National ont décidé qu’après le tournoi de 1942, l’événement serait suspendu et que le célèbre club de golf serait fermé jusqu’à la fin des hostilités. Afin d’utiliser l’espace, les préposés au terrain ont décidé d’élever des dindes et du bétail. Dans son autobiographie, Clifford Roberts, ancien président du club, avait révélé que le bétail aurait mené la vie dure à la flore d’Augusta, dévorant les fleurs, les buissons et l’écorce de plusieurs arbres, nécessitant de nombreux travaux pour remettre le terrain en état pour le tournoi de 1946. 

1968: une «stupidité» fatale

Cinquante ans plus tard, on se souvient de ce tournoi pour cette déclaration : «Comme je suis stupide». Dans une finale serrée, Roberto de Vicenzo a réussi un oiselet au 17e trou pour prendre les devants par un coup sur Bob Goalby, avant de commettre un boguey au 18e qui ramenait les deux joueurs à égalité. L’Argentin, en colère contre lui-même, en a perdu le compte, lui qui inscrit «4» sur sa carte pour le 17e, alors qu’il avait réussi le trou en trois coups. La règle obligeant De Vicenzo à tenir compte de son erreur pour calculer son pointage final, celui-ci s’est retrouvé avec un pointage de 66, au lieu de 65. Ainsi, Goalby s’est retrouvé de facto en avance d’un coup, étant proclamé vainqueur. De Vicenzo, vainqueur de l’Omnium britannique en 1967, est demeuré célèbre pour son erreur «stupide».

1993: Jésus s’invite

Il y a 25 ans, Bernhard Langer remportait le Tournoi des maîtres pour la deuxième fois en terminant quatre coups devant Chip Beck. L’Allemand, qui avait remporté son premier titre à Augusta en 1985, s’était fait sévèrement critiquer cette année-là en s’exclamant bien fort «Jésus Christ!» dans le chalet Butler — endroit où est remis le veston vert au vainqueur — lorsqu’il avait vu Curtis Strange laissait filer la victoire en expédiant deux coups de suite à l’eau. Langer, devenu catholique par la suite, a lancé la même réplique huit ans plus tard, mais a rapidement expliqué qu’il l’avait cette fois fait pour souligner la fête de Pâques. «Je crois que je suis le seul à avoir parlé de Jésus deux fois dans ce chalet», a ensuite blagué Langer.

1998: le président ravale ses paroles

Il y a 20 ans, Mark O’Meara devenait le premier joueur depuis Arnold Palmer en 1960 à réussir des oiselets sur les deux derniers trous pour l’emporter par un coup. Grâce à un roulé de 20 pieds au 18e, O’Meara coiffait au fil d’arrivée Fred Couples et David Duval pour devenir, à 41 ans, le plus vieux golfeur à remporter le Tournoi des maîtres pour la première fois. Alors que Duval surveillait O’Meara dans le chalet avant son roulé victorieux, le président du Augusta National, Jack Stephens, lui a lancé : «Ne t’en fais pas, David. Jamais personne ne réussit ce roulé.» Quelques secondes plus tard, O’Meara le faisait mentir. 

En 2013, Adam Scott a dû jouer deux trous supplémentaires pour venir à bout d’Angel Cabrera, devenant ainsi le premier Australien vainqueur à Augusta.

2008: un 75 suffit

Il y a 10 ans, Trevor Immelman remportait le tournoi seulement quatre mois après s’être fait retiré une tumeur au diaphragme. Même si le Sud-Africain a terminé trois coups devant Tiger Woods, il s’est payé une petite frayeur en signant un double boguey au 16e trou, point culminant d’une difficile journée. En ramenant une carte de 75, Immelman a rejoint Arnold Palmer dans le livre des records de l’événement en terminant avec le plus haut pointage lors d’une ronde finale par un vainqueur. Quant à Woods, il devait se contenter du deuxième rang pour la deuxième année de suite, lui qui tentait — et qui tente toujours — d’ajouter un cinquième veston vert à sa collection.

2013: un Australien, enfin!

Il y a cinq ans, Adam Scott venait à bout de l’Argentin Angel Cabrera en prolongation pour enfin donner à l’Australie un tout premier champion du prestigieux tournoi. Scott croyait bien l’avoir emporté au 18e grâce à un superbe coup roulé de 20 pieds, mais alors qu’il était en train de signer sa carte, Cabrera réalisait — sous la pluie — une approche magistrale de l’allée du 18e, ce qui lui a permis quelques instants plus tarde de réussir l’oiselet forçant les deux joueurs à faire du temps supplémentaire. Deux trous de prolongation plus tard, Scott calait un roulé de 12 pieds pour effacer en partie les mauvais souvenirs d’un de ses compatriotes qui est venu bien près de l’emporter à Augusta à quelques reprises : Greg Norman. Ce dernier, qui se trouvait en Floride lorsqu’il regardait le tournoi à la télé, a simplement déclaré : «Je vole au--dessus de la Lune».

Tiger Woods, lui, a connu une semaine plutôt agitée. L’Américain, qui avait la chance de prendre les devants au 15e trou lors de la deuxième ronde, a envoyé son coup d’approche sur la tige du trou, avant de voir sa balle rouler jusque dans l’eau. Le Tigre n’était pas au bout de ses peines. En effet, le quadruple champion au Augusta National a remis sa nouvelle balle en jeu au mauvais endroit sur le terrain, une gaffe signalée par... un téléspectateur. Lorsque les arbitres ont effectivement constaté que le dénonciateur du petit écran avait bel et bien raison, Woods s’est vu accorder deux coups de pénalité et, après délibérations, n’a pas reçu de pénalité supplémentaire pour avoir remis une carte erronée. Finalement, Woods a terminé à quatre coups de Scott.