Sophianne Samson fait du vélo de montagne depuis ses sept ans, elle adore ça. Elle aspire aussi à devenir médecin.

Sophianne Samson: combiner deux passions

Sophianne Samson fait du vélo de montagne depuis ses sept ans, elle adore ça. Elle aspire aussi à devenir médecin. Il n’était pas question de ralentir les études pour le sport ni d’arrêter la compétition pour l’université.

«J’ai complété mes sciences de la nature en deux ans et la plupart des cyclistes vont les faire en trois ans parce que c’est beaucoup de gestion jumeler le sport et l’étude. Moi, ç’a toujours été définitif que les études n’allaient pas passer après le sport», explique la jeune femme de 20 ans, du Lac-Beauport.

Elle savait que les années au cégep allaient être les plus difficiles, le grand nombre d’heures de cours l’empêchait de placer de longs entraînements à l’horaire.

«Je me suis surprise moi-même, j’ai eu deux années extraordinaires en vélo. J’ai fait deux médailles de bronze aux Championnats canadiens, une 11e place en Coupe du monde. J’ai toujours été capable de faire des entraînements de plus haute intensité, mais de plus courte durée.»

Pas d’aide de l’université

Depuis un an, elle étudie en médecine à l’Université Laval, et elle n’a toujours pas ralenti la cadence. Si elle doit avoir davantage le nez dans les livres, elle a toutefois plus de temps pour l’entraînement. Ce qui devient compliqué, ce sont les voyages à l’extérieur du pays pour les courses importantes. 

«Je ne peux pas manquer des examens quand je veux. Les US CUP [courses du circuit des États-Unis] au mois d’avril et mars, je n’ai pas pu les faire. Je cible mes courses avec mon horaire d’étude. En Europe, quand les autres athlètes profitent du voyage, moi je suis dans ma chambre pour étudier.»

Samson tenait absolument à prendre part aux Championnats du monde du Mont-Sainte-Anne à la fin du mois d’août, c’était son objectif. Elle tenait donc à prouver sa forme lors des courses sur le circuit mondial, ce qu’elle a très bien su faire.

«C’est vraiment de l’organisation et des sacrifices à faire, moi j’ai choisi de faire ça parce que la médecine c’est vraiment ce que je veux faire. Ç’a été dur, mais j’ai réussi et je suis fière de moi», indique-t-elle.

Les accommodements avec l’école sont difficiles puisqu’elle n’est pas considérée comme une athlète du Rouge & Or. 

Un bon modèle 

Chez les Samson, il y a déjà un médecin dans la famille. 

«C’est mon père qui m’a inspiré. Je l’ai vu aller, il n’a jamais délaissé l’entraînement, il ne fait pas de vélo, mais c’est un marathonien. Je le voyais être présent pour nous, travailler et s’entraîner. Je savais que c’était possible, c’était comme mon mentor.»

Pour l’instant, Samson réussit bien à maintenir de bonnes notes et accumuler les bons résultats. Elle ne sait pas quand elle arrêtera la compétition, mais ce ne sera pas tout de suite.

«Je ne sais pas quand je vais être prête à laisser le vélo de côté, ça fait partie de ma vie depuis longtemps. J’y vais une année à la fois. Je veux accrocher mon vélo et savoir qu’un travail m’attend.»

Elle confirme que c’est difficile de combiner ses deux passions, mais elle soutient aussi que tout est possible si on y travaille fort.

«Je suis le meilleur exemple pour montrer que tout est possible. Je trouve ça difficile de voir d’autres athlètes délaisser les études pour le vélo. Oui, c’est notre passion, on adore ça, mais c’est difficile dans le pays qu’on vit de vivre du vélo.»

Elle sera en selle samedi prochain à 10h00 au Mont-Sainte-Anne chez les U23. Elle connaît bien le parcours et espère atteindre le top 20. 

«Ce qui est excitant, c’est de savoir que c’est les Championnats du monde et de savoir que tout le monde va être là pour m’encourager, ça va vraiment nous donner des ailes», termine-t-elle. 

Après un petit repos amplement mérité, elle sera de retour sur les bancs d’école dès la semaine prochaine pour sa deuxième année à temps plein en médecine.