Biz de Loco Locass

Sommet de l'hiver: un match pour la survie du hockey extérieur

C'est parce qu'ils sont amateurs de hockey sur les patinoires extérieures et qu'ils considèrent que cette activité est en danger en raison du réchauffement climatique que les Loco Locass et leurs amis des Cowboys Fringants participaient dimanche, en compagnie d'anciens joueurs des Nordiques, à un match amical contre des environnementalistes à l'occasion du Sommet de l'hiver.
«Je voulais m'entraîner pour cette partie, mais je n'ai pas pu car il a plu toute la semaine à Montréal! Je n'ai pas pu aller jouer au hockey avec mon fils sur une patinoire extérieure comme je l'avais prévu. Alors je mets d'avance ma contre-performance sur le dos des changements climatiques», a d'ailleurs lancé, mi-sérieux, mi-blagueur, le rappeur Biz de Loco Locass avant de sauter sur la patinoire du parc de l'Esplanade.
«Il y a un professeur de l'Université McGill qui a calculé que le nombre de jours où les patinoires extérieures sont disponibles est en régression dans toutes les villes du Canada depuis 20 ans», ajoute-t-il, mentionnant l'étude du professeur Lawrence Mysak rendue publique cette année.
«Moi, j'habite Montréal depuis 15 ans et souvent, en février, on ne peut plus jouer au hockey à l'extérieur en raison du réchauffement climatique. C'est pour ça que je me dis que les joueurs de hockey auraient avantage à sortir de leurs Hummers!» illustre-t-il.
Cowboys carboneutres
Le bassiste des Cowboys Fringants, Jérôme Dupras, abonde dans le même sens. «On les sent, les changements climatiques. Il y a 20 ans, il n'y avait jamais de pluie en janvier alors qu'aujourd'hui, c'est commun dans la région de Montréal.»
Le musicien et son groupe font d'ailleurs leur part pour lutter contre le réchauffement planétaire. «Pour chacune de nos tournées, on calcule non seulement nos émissions de gaz à effet de serre, mais aussi celles de nos fans qui se rendent aux spectacles. À la fin de chaque année, on fait un projet de captation de carbone. On plante environ 10 000 arbres par année», poursuit Jérôme Dupras.
Même s'il dit encore jouer au hockey deux ou trois fois par semaine, celui qui gardait les buts de l'équipe des bleus hier sait très bien qu'il n'y a rien d'acquis, surtout quand il est question de pratiquer son sport préféré à l'extérieur.
«Au Québec, le hockey, c'est tellement ancré dans notre personnalité, c'est un symbole important et ça l'est pour nous aussi, surtout que les Cowboys Fringants, avant de faire de la musique, jouaient ensemble au hockey avec les Jets de Repentigny!» conclut-il pour souligner la symbolique de l'activité de dimanche dans le contexte des changements climatiques.