Ayant grandi à deux pas de la piste qu’il a parcourue en compagnie de centaines de skieurs amateurs, samedi, Alex Harvey était bien placé pour remarquer tout le chemin parcouru par son sport depuis 10 ans.

Soleil et succès de foule pour la Loppet du Mont-Sainte-Anne

Soleil radieux, neige rapide, succès de foule et un Alex Harvey en pleine forme... La Loppet du Mont-Saint-Anne avait beau en être à sa première édition, samedi, à Saint-Ferréol-les-Neiges, on sentait déjà tout le potentiel d’en faire une tradition annuelle.

Ils étaient nombreux et de tous âges à prendre le départ derrière l’olympien chouchou de Saint-Ferréol-les-Neiges, samedi matin. Du lot, certains étaient déjà sur les pistes, il y a plus d’une vingtaine d’années, lorsqu’Alex Harvey a fait ses premières armes en ski de fond. D’autres étaient plutôt de la Loppet du Mont-Saint-Anne justement parce que les performances du champion du monde en titre sur 50 km les ont incités, ces dernières années, à adopter le sport. 

Ayant grandi à deux pas de la piste qu’il a parcourue en compagnie de centaines de skieurs amateurs, samedi, Harvey était bien placé pour remarquer tout le chemin parcouru par son sport depuis 10 ans. «Je pense que ça témoigne de l’engouement pour le ski de fond. Les gens veulent de plus en plus être en bonne santé et il découvre ce sport-là», a-t-il expliqué après avoir complété sa course de 48 km en un peu plus de deux heures. 

«Si j’avais vécu ça étant jeune, ça m’aurait peut-être confirmé que j’étais dans le bon sport plus tôt dans ma vie. Moi, il a vraiment fallu que j’aille faire des courses en Europe pour me rendre compte que le ski de fond pouvait aussi être un sport populaire.»

Alex Harvey

Plus de 700 participants

Annoncée il y a à peine cinq semaines, la Loppet, nouvel événement de ski de fond amateur de Gestev, a attiré pas moins de 689 participants sur ses parcours de 10, 25 et 48 km, samedi. Sans compter une cinquantaine d’enfants que l’on ne comptait pas officiellement parmi les inscrits.

«C’est vraiment extraordinaire. On ne l’a pas vu venir. C’est arrivé du champ gauche. On visait 400 ou 500 inscriptions, mais déjà au-dessus de 250, on aurait été content», a relaté Chantal Lachance, vice-présidente chez Gestev. 

Disposant de 500 puces électroniques et dossards, l’organisation a dû faire des pieds et des mains, vendredi soir, lorsqu’il est devenu clair que le nombre de participants serait plus élevé. 

Même en utilisant un système de chronométrage différent au 10 km afin de pouvoir admettre davantage de participants, on a tout de même dû refuser des gens, samedi matin. «C’est difficile de se retourner de bord rapidement parce qu’il y a un côté organisationnel et de sécurité à gérer», a expliqué la V-P de Gestev. 

«Le succès d’aujourd’hui nous confirme que l’on avait vu juste, il y a plusieurs années, lorsque l’on a fait la première Coupe du monde à Québec.»

Le «phénomène Alex»

Pour Pierre Harvey, qui a précédé son fils comme première coqueluche du ski de fond québécois, le succès de foule de samedi est définitivement lié au «phénomène Alex». 

«Je ne pensais jamais qu’il y aurait autant de coureurs ici aujourd’hui. Ça fait plaisir. On voit de plus en plus de jeunes qui aiment ça. J’espère juste que ça va durer», a admis le patriarche après avoir terminé son 48 km en moins de 3h, une petite victoire personnelle. 

Pierre Harvey

La retraite annoncée d’Alex Harvey n’inquiète cependant pas Chantal Lachance. «Je pense que le ski de fond est là pour rester. Alex est un fan fini de son sport et il nous dit qu’il sera toujours là pour en faire la promotion.»

On parle donc déjà, chez Gestev, d’un rendez-vous pour la deuxième édition de la Loppet, l’an prochain. «C’est certain que l’on n’a pas lancé ça pour une seule édition. On a dans l’esprit de faire grandir l’événement et tous ceux à qui l’on parle aujourd’hui, autant les participants que les commanditaires, nous disent qu’ils veulent revenir l’an prochain.»