Le Russe Alexander Bolshunov est déjà assuré du globe de cristal pour le classement général et du petit globe de cristal pour la distance après sa victoire de dimanche à Oslo.

Ski de fond: le coronavirus vient rebrasser les cartes à la Coupe du monde à Québec

Les craintes liées à la maladie à coronavirus COVID-19 auront un effet jusque sur le classement final des sprinters en Coupe du monde de ski de fond. Le retrait des Norvégiens des trois dernières étapes de la Coupe du monde et l’interdiction d’entrée aux États-Unis de l’Italien Federico Pellegrino, qui ratera donc l’épreuve de Minneapolis, changeront la donne pour l’obtention du petit globe de cristal qui redevient maintenant accessible à plusieurs fondeurs.

Le Russe Alexander Bolshunov est déjà assuré du globe de cristal pour le classement général et du petit globe de cristal pour la distance après sa victoire de dimanche à Oslo. Par contre, il reste encore 350 points à aller chercher au sprint d’ici la fin de la saison : 50 pour chacun des deux sprints de Québec, 50 pour le sprint de Minneapolis et 200 points pour le vainqueur général de ces trois sprints.

Petit globe accessible

Présentement, trois Norvégiens, Johannes Høsflot Klæbo, Erik Varnes et Pål Golberg, mènent le classement avec respectivement 550, 405 et 386 points, mais leur saison est déjà terminée sur le circuit de la Coupe du monde à la suite de la décision de leur équipe de déclarer forfait. De plus, le quatrième au classement, l’Italien Federico Pellegrino avec ses 385 points, s’est vu interdire l’entrée aux États-Unis, donc il ratera l’épreuve de Minneapolis et plusieurs précieux points.

Le rêve du petit globe de cristal devient donc de nouveau mathématiquement possible pour les Français Lucas Chanavat, cinquième avec 373 points, Richard Jouve (onzième avec 213 points) et Renaud Jay (treizième avec 150 points) de même que pour les Russes Bolshunov (sixième avec 330 points) et Gleb Retivykh (septième avec 325 points) et les Suédois Johan Häggström (neuvième avec 268 points) et Teodor Peterson (dixième avec 186 points).

«C’est clair que pour la course, ça vient rebrasser un peu les cartes, ça vient rouvrir le jeu pour le sprint alors que les jeux semblaient être déjà faits. Plusieurs fondeurs reviennent dans la course», a commenté Marianne Pelchat, productrice déléguée chez Gestev, responsable de la compétition de Québec.

Règles mal comprises

Plusieurs sources indiquent que la Fédération norvégienne de ski avait mal compris les nouvelles règles et croyait que Klæbo avait officiellement remporté le petit globe de cristal au sprint, croyant qu’il restait 150 points en jeu alors qu’il en restait plutôt 350. La Fédération internationale de ski a en effet créé un mini-tour des sprinters pour terminer la saison avant la finale de la Coupe du monde, qui ne rapporte d’ailleurs aucun point supplémentaire cette année, et la Fédération norvégienne aurait oublié de tenir compte des 200 points décernés au vainqueur du mini-tour en sprint.

Malgré tout, Klæbo a fait contre mauvaise mauvaise fortune bon cœur suite à la décision de sa fédération qui risque de le priver du titre. «C’est incroyablement triste de ne pas pouvoir concourir aux États-Unis, qui sont finalement inclus dans le programme de la Coupe du monde. J’avais espéré sécuriser mon petit globe de cristal à Minneapolis. Mais il est question ici de choses beaucoup plus importantes. Les sports et les titres deviennent assez insignifiants dans ce contexte. Je pense que la Fédération norvégienne de ski a pris une décision sage», a déclaré le fondeur de 23 ans au journal suédois Aftonbladet.

Chez les femmes, la Norvégienne Therese Johaug est déjà assuré du globe de cristal remis à la gagnante du classement général, mais les fondeuses norvégiennes sont moins présentes dans les positions élevées du classement des sprinters, dominé par les Suédoises Linn Svahn et Jonna Sundling avec respectivement 509 et 486 points, la Slovène Anamarija Lampic avec 472 points et la Russe Natalya Nepryayeva avec 358 points. Les espoirs des Norvégiennes Maiken Caspersen Fall (cinquième avec 351 points) et Astrid Uhrenholdt Jacobsen (neuvième avec 232 points) sont cependant définitivement annihilés avec le forfait de leur équipe.

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LES NORVÉGIENS DÉCLARENT FORFAIT

La maladie à coronavirus continue de causer des ennuis à l’organisation de l’étape de la Coupe du monde de ski de fond qui aura lieu à Québec en fin de semaine. Tard mardi soir, c’est la puissante équipe norvégienne qui a déclaré forfait pour le reste des épreuves de la saison en raison des craintes liées à la COVID-19. Les 25 athlètes norvégiens, dont le meneur actuel au sprint Johannes Høsflot Klæbo, seront donc absents aux épreuves de Québec, Minneapolis et Canmore qui concluent la saison 2019-2020.

La Thaïlande, dont la délégation ne comptait qu’un seul athlète, Mark Chanloung, qui est né et réside en Italie, avait été le premier pays à se retirer de l’épreuve de Québec. L’Italie avait ensuite annoncé lundi qu’un seul de ses cinq athlètes, Federico Pellegrino, quatrième au classement de la Coupe du monde en sprint, serait à Québec alors que Francesco de Fabiani, qui avait pourtant participé aux épreuves d’Oslo et Drammen il y a quelques jours, et les jeunes Simone Daprà, Davide Graz et Anna Comarella seraient absents.

Déjà en cours

Pour Marianne Pelchat, productrice déléguée chez Gestev, responsable de l’événement, la décision de la délégation norvégienne est décevante, mais pas catastrophique. La tenue de la course n’est d’ailleurs toujours pas remise en question même si l’organisation des championnats du monde de patinage artistique prévus à Montréal la semaine prochaine a annoncé l’annulation de la compétition mercredi.

«Vous savez, on a tendance à parler de l’événement au futur, mais c’est vraiment au présent que ça se déroule. La plupart des athlètes sont déjà arrivés, certains sont là depuis lundi et il en reste environ 25 % qui arriveront cet après-midi et ce soir», a déclaré Mme Pelchat mercredi.

«C’est sûr que l’absence de la Norvège est une déception, car on parle d’une équipe à part qui compte 25 athlètes, d’une équipe vedette. Cependant, on respecte leur décision et il y a encore 110 athlètes représentant 13 pays qui seront sur place, notamment les équipes russe, allemande et suisse. Le Russe Alexander Bolshunov est meneur au classement général de la Coupe du monde et il sera là et il est réputé comme un coureur qui se donne toujours à fond», a-t-elle poursuivi, ajoutant que c’était la première fois en cinq ans que son organisation devait composer avec une situation pareille.

«On espère qu’on n’aura pas d’autre mauvaise surprise. L’un des impacts du coronavirus est que ça a amené le sujet de conversation sur autre chose que les performances sportives. Ça a aussi augmenté notre charge de travail depuis 10 jours, car il a fallu mettre en place différentes mesures de sécurité. Par exemple, les cérémonies de remise des médailles se dérouleront sans accolade et sans poignée de main sauf si les athlètes portent des gants», conclut Marianne Pelchat. 

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DES ATHLÈTES DOIVENT PLIER BAGAGE

Selon le journal suédois Aftonbladet, les skieuses Heidi Weng et Ragnhild Haga, de même que le skieur Oskar Svensson, étaient déjà arrivés au Canada quand ils ont appris, mardi soir, que la Fédération norvégienne de ski de fond retirait ses athlètes des épreuves nord-américaines de la Coupe du monde. 

«Ragnhild et Heidi sont déjà au Canada et s’entraînent, mais la décision est que nous retirons tous les coureurs des compétitions, donc ils ne sont pas autorisés à participer à la course», a déclaré Espen Bjervig, directeur général du ski de fond à la Fédération norvégienne de ski, au journal suédois Aftonbladet. Le journal s’est également entretenu avec Oskar Svensson, qui disait lui aussi être déjà rendu au Québec et venait de terminer une séance d’entraînement. «Oui, c’est un peu spécial pour elles», a-t-il déclaré à propos de la situation de ses deux compatriotes. 

Du côté de l’organisation de la Coupe du monde de ski de fond de Québec, on mentionne qu’une des fondeuses norvégiennes mentionnées dans l’article d’Aftonbladet aurait été retirée de la liste des inscrits de la Norvège samedi, donc avant que le pays annule la présence de ses coureurs en Amérique, et qu’aucun fondeur norvégien n’aurait atterri aux Aéroports Trudeau et Jean-Lesage.