En dépit de l’incertitude qui règne présentement au sein de Ski de fond Canada, Louis Bouchard a déclaré qu’il préférait demeurer sur le terrain, auprès des athlètes de la relève.

Ski de fond Canada: Bouchard ne convoite pas le poste de Lemyre

MONTRÉAL — L’entraîneur de l’équipe canadienne de ski de fond Louis Bouchard a assuré jeudi qu’il ne convoite pas le poste de directeur de la haute performance, qui est disponible depuis le départ soudain de Pierre-Nicolas Lemyre plus tôt ce mois-ci.

Lemyre a annoncé le 5 avril qu’il quittait son poste à temps partiel pour accepter vraisemblablement un poste de professeur à l’Université de Calgary. Ski de fond Canada espérait que Lemyre contribue à sa relance, à la suite de l’annonce de la retraite des fondeurs Alex Harvey et Len Valjas, notamment.

En dépit de l’incertitude qui règne présentement au sein de Ski de fond Canada, Bouchard, qui a supervisé l’ascension fulgurante de Harvey pendant une quinzaine d’années, a déclaré qu’il préférait demeurer sur le terrain, auprès des athlètes de la relève.

«Je préfère le poste que j’occupe actuellement — ce n’est pas un poste [celui de Lemyre] qui m’intéresse. Je suis bien comme entraîneur», a-t-il confié en entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Tout juste rentré de vacances, le principal intéressé a indiqué qu’il n’avait été informé que tout récemment du départ de Lemyre. Il a ajouté qu’il ignorait, pour le moment, les échéanciers afin de trouver son successeur.

«Je ne suis pas trop au courant, même si je savais qu’il y avait des négociations pour qu’il accepte un poste permanent, a-t-il expliqué. Ça ne m’étonne cependant pas, parce que je savais qu’il avait aussi d’autres options qui s’offraient à lui. Je ne lui en ai pas encore parlé, donc je ne sais pas trop. [...] Cependant, je serais bien surpris qu’on me demande de prendre part au processus d’embauche du prochain directeur.»

Bouchard optimiste

Bouchard s’est néanmoins dit optimiste pour l’avenir du ski de fond canadien, bien que la prochaine saison risque de présenter son lot de défis. D’ailleurs, il estime qu’il faudra surveiller au cours des prochaines saisons plusieurs espoirs, dont l’Ontarien Graham Ritchie, de Thunder Bay, Antoine Briand, de Sept-Îles, et Antoine Cyr, de Gatineau.

«Il va y avoir un vent de fraîcheur. Alex [Harvey] est parti, mais le Centre national d’entraînement Pierre-Harvey dispose d’un noyau de jeunes de moins de 21 ans très, très, très prometteur, auquel se grefferont d’autres jeunes de 17 ou 18 ans. C’est ça qui sera le fun», a expliqué Bouchard.

«Évidemment, notre façon de travailler sera très différente des 10 dernières années, a-t-il admis. Nous ne nous présenterons pas aux événements - Coupe du monde, Mondiaux, Tour de Ski, etc. — en nous demandant si nous allons gagner aujourd’hui, comme c’était le cas avec Alex. Nous accompagnerons un groupe de jeunes qui pointent dans le top 50, avec l’objectif de les amener dans le top 30. Ce sera ça notre défi.»

La structure fonctionne

Par ailleurs, Bouchard a indiqué qu’il avait pris un peu de temps pendant ses vacances afin de réfléchir à l’aventure qu’il venait de vivre avec Harvey. Au-delà des résultats inespérés sur la scène internationale, Bouchard a mentionné qu’il ne retenait pas un résultat, ni une anecdote en particulier, mais plutôt un constat.

«Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec Alex, à l’âge de 16 ans; il avait le choix entre le vélo ou le ski de fond, a raconté Bouchard. Dans sa tête, c’était clair qu’il ferait du ski de fond. J’ai compris beaucoup plus tard pourquoi il avait pris cette décision : la structure d’encadrement du ski de fond était beaucoup plus robuste que celle du vélo.

«La carrière d’Alex, ce que ça me dit, c’est que la structure que nous avons créée pour les jeunes fondeurs au Québec est solide. C’est-à-dire que dès le moment où ils posent le pied dedans, la structure est prête, dès le départ. C’est ça qui est important», a-t-il mentionné.