Le joueur de troisième coussin Michael Baca a commis deux erreurs de jugement dans le match, dont ici sur un puissant roulant frappé à sa droite en première manche.

Sixième manche coûteuse pour les Capitales

Une manche, la sixième. Assez pour gâcher la soirée des Capitales, mercredi, à Québec. Ils y ont encaissé les quatre premiers points d’une défaite de 9-4, vu leur lanceur Vladimir Garcia se dégonfler et perdu leur gérant Patrick Scalabrini dans une expulsion explosive.

Les Capitales (13-23) s’inclinaient seulement une deuxième fois en cinq matchs cette saison contre les Miners de Sussex (21-12), pourtant détenteurs du premier rang et champions en titre de la Ligue Can-Am.

Après cinq victoires de suite, les Capitales étaient presque mûrs pour en perdre une, surtout à Québec, eux qui montrent un piètre dossier de 4-14 dans leur Stade Canac.

Mais ce qui alimentait les discussions des 2204 spectateurs une fois de retour dans leur voiture, c’est l’expulsion de Scalabrini. Et le vaudeville qui s’en est suivi.

Pat contre Pat

Après un premier round musclé la veille, mais sans expulsion, le gérant Patrick Scalabrini et l’arbitre Patrick Allard se sont affrontés de nouveau. Passé du marbre au troisième coussin selon la rotation préétablie pour la série de trois matchs, Allard a effectué un appel hésitant sur la glissade d’un coureur au troisième.

N’en fallait pas plus pour rallumer le feu de la colère de Scalabrini. Au terme d’un monologue énergique du gérant, qui était déjà sur le chemin du retour de l’abri, Allard l’a expulsé. Le duo avait des comptes à régler. 

Ils se sont alors engagés dans une rigolote engueulade-poursuite jusqu’au champ gauche, le coach aux trousses de l’officiel fuyant. «C’est de loin l’expulsion où j’ai marché le plus longtemps après l’arbitre dans ma carrière!» a constaté un Scalabrini détendu, dans son bureau après le revers.

Une fois dans l’abri, Scalabrini a propulsé sur le terrain chaise, bâton et presque une béquille offerte par Karl Gélinas, mais il s’est retenu.

«Son but a été atteint. Il voulait faire parler de lui et il a réussi. Deux soirs de suite en plus! Un exploit pour un arbitre au troisième but, où il ne se passe quasiment rien. Il s’appelle Patrick Allard, A-L-L-A-R-D. Retenez ce nom!» a ironisé Scalabrini, qui ne croirait pas être suspendu ou mis à l’amende pour avoir tiré des objets sur le terrain.

Garcia s’essouffle

Cette sixième manche a surtout permis aux Miners de briser une égalité de 0-0 en inscrivant quatre points, dont trois aux dépens de Garcia (1-2, 4,02). Cela a sonné la fin de la soirée de travail du gros Cubain, après 5,1 manches pour neuf coups sûrs.

Les visiteurs avaient abandonné cinq coureurs sur les sentiers dans les cinq premières manches, dont deux en position de marquer dès la première.

«Garcia a bien fait ça, il a montré des couilles pour s’en sortir. Il a été un peu malchanceux et a frappé un mur en sixième manche. En attaque, on n’a pas su saisir les occasions», a expliqué l’instructeur-chef, dont la bande a claqué 12 coups sûrs contre 17.

Bonhomme de 6’ 2’’ et 270 lb, Garcia n’en était qu’à sa troisième sortie officielle depuis la fin de la Série des Caraïbes, en janvier. Sa méforme n’aide pas son endurance, mais le patron est sûr de le voir allonger ses prestations dans les prochaines semaines.

Le gérant donnait aussi beaucoup de crédit à l’artilleur de départ de Sussex Frank Duncan (3-2, 3,19), qui a lancé 7,2 solides manches. Duncan avait réalisé un match sans point ni coup sûr le 13 juin, contre Jersey.

L’arrêt-court Yordan Manduley a réalisé de belles pièces de jeu en défensive en plus de cogner trois coups sûrs. Rian Kiniry a produit deux des quatre points des perdants à l’aide d’un circuit qui faisait aussi marquer Manduley.

Jeudi, le dernier match de la série contre les Miners opposera sur la butte Dustin Molleken (1-0, 1,42), pour Québec, à David Palladino (1-1, 6,92), pour Sussex.

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LES CUBAINS IRONT AUX ÉTATS-UNIS

Les trois joueurs cubains des Capitales ont pris un mois de plus que prévu avant de rallier l’équipe. Mais leur participation aux matchs présentés aux États-Unis, donc à Rockland, New Jersey ou Sussex, n’était même pas encore assurée. Jusqu’à jeudi matin, alors que Stayler Hernandez, Yordan Manduley et Vladimir Garcia ont rendez-vous au consulat des États-Unis à Québec, voisin du Château Frontenac, pour obtenir leur visa d’entrée chez l’Oncle Sam. Un visa, une entrée. Les gens des Capitales, le responsable des opérations baseball Charles Demers en tête, devront donc effectuer et payer les démarches encore à deux autres reprises cet été, devant chaque fois attendre que les joueurs soient de retour au Canada pour faire une nouvelle demande. Comme à quelque chose malheur est bon, les Cubains rateront un voyage au sud de la frontière pendant les Jeux panaméricains, pour lesquels ils doivent quitter pour trois semaines, du 18 juillet au 8 août. 

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PARADIS-GIROUX PRÊT POUR SON DEUXIÈME DÉPART

Dany Paradis-Giroux pourrait obtenir son deuxième départ dans les rangs professionnels samedi, à Québec, face aux Japonais de l’île Shikoku. Le lanceur recrue québécois a brillé lors de sa première tentative, le 21 juin, à Ottawa, allouant un seul point sur trois coups sûrs en six manches de travail. «Je n’ai pas de nouvelle, mais je suis prêt. J’attends que les coachs me fassent signe. J’étais très content de ma performance, mais surtout de la victoire pour l’équipe qui mettait alors fin à une séquence de six défaites. Et depuis, on est sur une série de victoires», se réjouissait l’artilleur de 26 ans, avant le match de mercredi. Pour lequel il était disponible en relève, question de se garder actif depuis sa sortie de 70 lancers de vendredi dernier. Le gérant Patrick Scalabrini et l’instructeur des lanceurs Karl Gélinas statueront jeudi qui de Paradis-Giroux (1-0, 3,52) ou de Nate Antone (0-0, 3,09) obtiendra la balle samedi. Paradis-Giroux a toujours été partant, sauf chez les pros.