La gymnaste américaine Simone Biles, qui a notamment remporté l’or à quatre reprises aux Jeux olympiques de Rio en 2016, a dit faire partie des athlètes qui ont été abusées sexuellement par l’ancien médecin de l’équipe de gymnastique.

Simone Biles aurait été abusée par l’ancien médecin de son équipe

LOS ANGELES — L’Américaine Simone Biles, quadruple championne olympique de gymnastique, est venue lundi ajouter son nom à la longue liste des athlètes abusées sexuellement par Larry Nassar, l’ancien médecin de l’équipe américaine.

Simone Biles vient en effet de révéler sur son compte Twitter avoir elle aussi été victime du Dr Larry Nassar.

Le praticien, condamné début décembre à 60 ans de prison pour détention de matériel pédopornographique, sera jugé en janvier dans le volet principal de l’affaire, qui concerne des accusations d’agressions sexuelles sur plus d’une centaine d’athlètes.

«La plupart d’entre vous me connaissent comme une jeune femme heureuse, souriante et pleine de vitalité», a écrit Simone Biles, 20 ans, dans un communiqué qu’elle a publié sur son compte Twitter. «Mais récemment, je me suis sentie un peu brisée et plus j’essayais de faire taire la voix dans ma tête, plus elle résonnait. Je n’ai plus peur désormais de raconter mon histoire».

«Moi aussi, je suis l’une des nombreuses personnes à avoir été abusées sexuellement par Larry Nassar», a ajouté celle qui a été sacrée aux Jeux olympiques de Rio au concours général individuel et par équipes, au saut de cheval, et au sol et qui compte également dix titres mondiaux.

«Inacceptable, dégoûtant et abusif»

Après s’être accordée depuis son triomphe à Rio 15 mois sabbatiques, Simone Biles est revenue à l’entraînement en novembre dernier, dans la perspective de disputer les Mondiaux 2018, fin octobre et début novembre à Doha, et celle plus lointaine de défendre son titre au concours général aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.

«Il est incroyablement difficile de revivre ces expériences et cela me brise encore plus le cœur de penser que, dans mon rêve de concourir à Tokyo 2020, je devrai sans cesse retourner dans le même centre de formation où j’ai été maltraitée», explique-t-elle.

«Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles j’ai hésité à partager mon histoire, mais je sais maintenant que ce n’est pas de ma faute», poursuit encore la gymnaste. «Il n’est pas normal de recevoir un tel traitement de la part d’un médecin de confiance».

«Ce comportement est complètement inacceptable, dégoûtant et abusif, surtout venant de quelqu’un à qui l’on m’a dit de faire confiance», a poursuivi Simone Biles.

«Depuis trop longtemps, je me suis demandé si j’étais trop naïve, si c’était de ma faute. Je connais maintenant la réponse à ces questions. Non, ce n’était pas de ma faute. Non, je ne vais pas et ne devrai pas porter la culpabilité qui appartient à Larry Nassar, à la Fédération américaine et à d’autres».

Massages, prétextes aux attouchements

Larry Nassar, médecin emblématique de la sélection américaine de gymnastique, a été condamné début décembre dernier à 60 ans de prison pour détention de matériel pédopornographique.

Ces peines s’additionneront aux sentences attendues en janvier devant deux autres cours de l’État du Michigan dans le volet principal de l’affaire qui concerne des accusations d’agressions sexuelles sur 125 athlètes. Lawrence Nassar a plaidé coupable pour dix chefs d’inculpation et risque la prison à perpétuité.

L’ostéopathe avait intégré l’encadrement médical d’USA Gymnastics en 1986, avant d’être nommé coordinateur médical national dix ans plus tard, jusqu’en 2015.

En 1997, il avait en parallèle rejoint la clinique sportive de l’Université du Michigan (MSU).

Ses victimes avaient moins de 15 ans lors des agressions qui se sont déroulées de 1998 à 2015. Le médecin se livrait à des attouchements sur les jeunes filles en prétextant des massages pour soigner des blessures au dos ou aux hanches.

Outre Simone Biles, Aly Raisman, McKayla Maroney et Gabby Douglas, toutes trois également médaillées d’or olympiques, figurent sur la longue liste des victimes du Dr. Nassar. Elles avaient décidé de s’exprimer publiquement après la cascade mondiale de révélations d’abus sexuels déclenchée par l’affaire Weinstein.