L'Australien Simon Gerrans est le seul cycliste à avoir remporté les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal la même année.

Simon Gerrans s'amène au Québec sans illusions

Même s’il a remporté les deux étapes québécoises du UCI World Tour en 2014, le cycliste australien Simon Gerrans n’a pas l’ambition de répéter l’exploit lors des prochains Grands Prix de Québec et de Montréal à quelques mois d’une retraite bien méritée.

«Je sais dans quelle condition j’étais en 2014 quand j’ai gagné les deux courses et je ne suis plus dans cet état. Cette fois, je viens aider mon coéquipier Greg Van Avermaet», a expliqué le cycliste de 38 ans de l’équipe BMC en conférence téléphonique, vendredi.

Si le Belge Van Avermaet a remporté le Grand Prix de Montréal et a terminé premier au classement de l’UCI World Tour l’an dernier, Gerrans demeure tout de même le seul cycliste à avoir remporté le Grand Prix de Québec et le Grand Prix de Montréal la même année depuis la création de ces courses.

«Moi, je crois que si Greg veut gagner les deux, il le peut lui aussi. Je n’ai pas couru avec lui depuis la Classique de Saint-Sébastien, juste après le Tour de France, mais je sais qu’il aime bien courir au Canada», poursuit Gerrans.

L’Australien indique qu’il souhaitait revenir au Québec avant de tirer un trait sur sa carrière cycliste professionnelle. «Ce ne seront pas mes dernières courses, car j’ai aussi prévu en faire une en Italie en octobre. Après 15 ans de carrière et à 38 ans, je crois que c’est le bon moment d’arrêter, car je n’ai pas la même passion qu’il y a quelques années», résume celui qui est connu pour sa puissance explosive.

Adaptés à son style

Gerrans avoue que les blessures subies tout au long de sa carrière ont également joué un rôle dans sa décision même s’il a été épargné jusqu’à maintenant en 2017 et en 2018. «J’ai été chanceux cette année et l’an passé, mais 2013, 2014, 2015 et 2016 ont été vraiment difficiles sur ce plan»,signale celui qui s’est fracturé la clavicule à quelques reprises de même que le radius lors de chutes en course.

Au Québec, l’Australien retrouvera des circuits adaptés à son style «puncheur» qui apprécie les montées courtes. «Ce sont deux courses qui me conviennent parfaitement avec de petites côtes. J’aime bien les distances et le fait que ça se déroule au mois de septembre.

«Québec, avec ses sprints longs, est meilleur pour les “puncheurs”. Le positionnement y est très important et ça favorise les coureurs explosifs alors que la course de Montréal est plus favorable aux grimpeurs.»

Beaux souvenirs

Parmi ses plus beaux souvenirs de Québec et de Montréal, Gerrans cite bien sûr son doublé de 2014, mais aussi sa première victoire en 2012 alors qu’il courait pour l’équipe Orica-GreenEDGE et qu’il avait devancé Van Avermaet. De sa carrière, il se rappelle aussi ses belles victoires et ses étapes remportées au Tour de France, au Giro et à la Vuelta.

«Dire que quand je suis arrivé en Europe, mon objectif était de gagner une course. Ensuite, je voulais passer dans une plus grande équipe chez les amateurs, puis passer chez les pros.»

Malgré tout, Gerrans a l’intention de laisser la compétition cycliste derrière lui après sa retraite et ne souhaite pas pour l’instant devenir entraîneur ou jouer un autre rôle dans le sport qu’il pratique depuis 21 ans. «Pour l’instant, je veux prendre une pause du sport. Je veux faire l’expérience de vivre à l’extérieur du sport. Je n’écarte pas totalement la possibilité de revenir au cyclisme éventuellement, mais je vais me donner le temps.»

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Le Belge Tim Wellens sera l'un des cyclistes à surveiller lors des Grands Prix cyclistes, à Québec le 7 septembre et à Montréal deux jours plus tard.

UN GRAND PRIX DE MONTRÉAL PLUS DIFFICILE

Foi de Marcel Leblanc, vice-président exécutif des Grands Prix cyclistes de Montréal et de Québec, l’épreuve montréalaise devrait être encore plus difficile cette année pour les participants.

«Nous avons modifié le parcours de Montréal pour que, plutôt que de descendre Côte-des-Neiges après la descente de la côte de la rampe de l’Université de Montréal, les cyclistes tournent à droite vers la montée du Plateau Mont-Royal», a expliqué Leblanc en conférence téléphonique. Ça permet d’ajouter une montée au circuit et ça devrait changer la dynamique de la course. Il y a des coureurs qui nous ont demandé pourquoi on ajoutait cet élément de difficulté parce que le parcours de Montréal était déjà assez difficile selon eux», lance le v.-p. en riant.

Pour cette neuvième épreuve, Leblanc promet un «superbe peloton» avec les Belges Greg Van Avermaet et Tim Wellens ainsi que le Portugais Rui Costa, champion du monde sur route en 2013. «Il y aura aussi plusieurs Canadiens, avec l’équipe nationale, mais aussi avec d’autres équipes. Par exemple, dans l’équipe américaine Rallye Cycling, cinq coureurs sur sept viennent du Canada. Il y a aussi l’équipe Astana, dont fait partie Hugo Houle, de Sainte-Perpétue, qui a connu un superbe mois d’août.»

Le Grand Prix de Québec prendra place le vendredi 7 septembre et celui de Montréal, le dimanche 9 septembre. Entre les deux épreuves, le critérium national, une course de développement, aura lieu dans la métropole le 8 septembre dans les catégories senior et maîtres tant pour les hommes que les femmes.