Ensemble depuis 10 ans, Mylaine Coutu et Kevin Bizier ont deux enfants, Alec et Leyla, et un troisième est en route.

«S'il le knocke, j'accouche!»

ENVOYÉ SPÉCIAL À SHEFFIELD / Si elle va peut-être enfiler la ceinture du champion du monde autour de sa taille ronde samedi soir, Mylaine Coutu a bien failli se faire passer la bague au doigt en même temps. Simple question de géographie.
«Kevin m'a déjà dit : "Si on se marie, c'est parce que j'ai un combat de championnat du monde à Las Vegas.'' J'ai manqué mon coup», laisse-t-elle tomber, faussement déçue. Mais mariés ou pas, elle et Kevin Bizier forment une équipe soudée.
Arrivée de Québec vendredi pour voir son amoureux attenter au titre mondial de Kell Brook, en Angleterre, Coutu aura vu les 28 combats professionnels de Bizier. «Gagne, gagne pas, je sais qu'il va donner une belle performance. Et s'il gagne, tant mieux! Et s'il le knocke, j'accouche!» s'esclaffe celle qui est enceinte de 26 semaines.
Ils se connaissent depuis plus de la moitié de leur vie, il a 31 ans et elle 29. Onze ans qu'ils sortent ensemble; sont parents de deux enfants, bientôt trois.
«Il était dans la même année que ma grande soeur, mais je l'ai rattrapé quand il a doublé», raconte-t-elle. «On est devenus amis. Il copiait sur moi en morale!» révèle-t-elle de leurs années à la polyvalente Roger-Comtois de Loretteville, les deux venant du secteur Saint-Émile.
Concentré sur la boxe, l'ado Kevin n'avait jamais de blonde. «Je l'ai matché avec une amie pour aller au bal des finissants parce qu'il était tout seul», se rappelle-t-elle. Drôle à dire, mais il aura fallu qu'elle fasse un voyage dans l'Ouest canadien pour se rapprocher de lui. «Quand je suis revenue, j'avais rêvé à lui. Alors je l'ai appelé parce que je trouvais ça drôle, on s'est vu et c'est depuis ce temps-là qu'on sort ensemble, depuis que j'ai 19 ans.»
Grande sportive
Grande sportive, Coutu a fait de la danse, du basket, de la planche à neige et du soccer jusqu'au niveau AAA. Elle est maintenant directrice du Monde des Frimousses, garderie privée de Beauport, et gère pas mal la maisonnée toute seule, surtout durant les longues périodes de préparation aux combats.
«J'ai toujours su que Kevin allait avoir sa chance en championnat du monde», assure-t-elle. «Il a le talent pour et a toujours été discipliné. Il n'a jamais bu, jamais sorti vraiment non plus. J'ai travaillé quatre ans dans les bars et il ne venait pas.»
Les deux derniers mois ont été ardus dans la nouvelle demeure de Stoneham. La plus vieille, Leyla, trois ans, répète que «papa est le plus fort, papa est un champion». Alec, 18 mois, le réalise aussi de plus en plus.
L'ennui n'en est que double quand papa s'entraîne six jours sur sept à Montréal. Mais «Kevin se concentre sur la boxe, moi, j'ai tout le reste. Et c'est correct de même. Il fait beaucoup de sacrifices, les enfants et moi aussi».
Car même s'il devient champion du monde, samedi soir, Mylaine sait que son Kevin ne changera pas. Il va rester le gars simple, sympathique et respectueux qu'elle a toujours connu. L'argent et la gloire ne l'abîmeront pas.
«Les groupies qui prennent des photos avec Kevin, je me dis que c'est parce qu'il est beau et qu'il est bon. Ça vient avec la popularité. J'ai confiance en lui et il a confiance en moi, on est une équipe. Comme j'ai déjà dit, il y a juste moi qui l'ai couché», conclut-elle avec une analogie de boxe bien choisie.