Mikaela Shiffrin a été couronnée «reine de la neige 2018» quelques instants après avoir remporté le slalom de Zagreb, en Croatie, mercredi.

Shiffrin seule dans sa ligue

ZAGREB — Mikaela Shiffrin... et les autres. L’Américaine a nourri sa quête de records en survolant mercredi le slalom de Zagreb, sa 38e victoire en Coupe du monde de ski alpin, la 28e dans sa discipline de prédilection et déjà la 7e de la saison.

Shiffrin, qui n’aura que 23 ans en mars, n’est certes pas encore en mesure de surpasser dans les statistiques les grandes championnes de l’histoire, mais elle est en avance sur les temps, comme elle l’est sur ses adversaires. En attendant, la triple championne du monde de slalom (déjà un premier record) a remporté le slalom de Zagreb — autre record — pour la troisième fois après 2013 et 2015. Même la «reine de la neige», la Croate Janica Kostelic, n’avait pu s’imposer à domicile en deux tentatives (2005 et 2006).

Shiffrin, qui avait mordu la poussière en 2017 en bas de la piste rouge de la montagne Sljeme, était ravie «d’avoir inversé la tendance à Zagreb. J’ai réalisé une très bonne première manche, c’était plus difficile sur le second parcours, où j’étais plus en contrôle.»

La lauréate du slalom parallèle d’Oslo, lundi, n’a rien laissé au hasard pour maîtriser la piste croate et ces complexes phases de «plat». «Avec la neige qui collait, ce n’était pas facile d’assurer la transition. J’avais demandé des conseils à mes collègues du ski de fond pour pouvoir relancer avec le pas du patineur», a souri la championne, espiègle à l’occasion.

En ayant étendu son domaine à la vitesse — elle a remporté en début décembre la seconde descente de Lake Louise, en Alberta —, Shiffrin est désormais sur la piste du record dames et messieurs confondus de points marqués en une saison : les 2414 de la Slovène Tina Maze. Cet «Everest» est dans l’objectif, dès cette saison. La prodige a déjà marqué 1081 points, alors que seulement 16 des 38 épreuves au programme ont été disputées. Sa dauphine allemande Viktoria Rebensburg en compte plus de deux fois moins.

Elle est «de loin la plus performante dans le rapport physique/technique. Elle l’est aussi dans la stratégie, habile à lever le pied ou à accélérer quand il faut. Et puis son matériel est au top également», résume un entraîneur.

Loin derrière Shiffrin, les valeurs sont bien établies, au point que le podium de Zagreb est identique à celui de Lienz, avec la Suissesse Wendy Holdener, deuxième, et l’expérimentée Suédoise Frida Hansdotter, troisième. Les deux à plus d’une seconde et demie.

Malade, Petra Vlhova a néanmoins terminé au pied du podium en Croatie. En attendant le retour de sa compatriote Veronika Velez-Zuzolova, la Slovaque est la dernière à avoir battu Shiffrin entre les piquets serrés, en mars 2017 lors des finales à Aspen, au Colorado, et en novembre à Levi, en Finlande.

Mielzynski dans le top 10

La Canadienne Erin Mielzynski a pris la septième place. Douzième à l’issue de la première manche, elle a réussi le meilleur temps de la deuxième (59,73) pour terminer à 2,96 secondes de Shiffrin. «C’est vraiment bien de se retrouver de nouveau dans le top 10, a dit l’Ontarienne de 27 ans. «C’est un soulagement. J’ai apporté beaucoup de changements à mon ski et ça a été difficile de trouver mon rythme, de me laisser aller. C’est aussi bon de savoir que bien que j’aie encore des choses à améliorer, j’ai pu bien faire.»

Sa compatriote Romi Remme, 18e après une manche, a réussi un excellent chrono de 59,95 secondes dans la deuxième pour grimper au 11e échelon. Mielzynski et elle répondent maintenant toutes deux aux critères de sélection en vue des Jeux olympiques de PyeongChang.

«C’est fabuleux de se qualifier pour les Jeux dès maintenant», a indiqué Mielzynski. «Je peux aborder les prochaines semaines sans ce poids sur mes épaules. Je peux maintenant me concentrer sur la prochaine étape.»

Laurence St-Germain (Saint-Ferréol-les-Neiges), seule autre Canadienne inscrite, ne s’est pas qualifiée pour la deuxième descente de la journée.  Avec AP