Mikaela Shiffrin a maintenant gagné au moins une épreuve dans chacune des cinq disciplines du circuit.

Shiffrin gagne le super-G à Lake Louise, Grenier 5e

LAKE LOUISE — L’Américaine Mikaela Shiffrin a gagné une première épreuve de super-G en Coupe du monde, dimanche, tandis que la Canadienne Valérie Grenier a terminé à des poussières d’un premier podium en carrière, se contentant finalement du cinquième rang.

Shiffrin s’est imposée en 1 minute 19,41 secondes sur la piste de Lake Louise, devançant la Norvégienne Ragnhild Mowinckel par 0,77 seconde. L’Allemande Viktoria Rebensburg a complété le podium, à 0,83 seconde de Shiffrin.

Reconnu pour son brio dans les épreuves techniques, Shiffrin tente depuis un certain temps d’améliorer ses performances lors des épreuves de vitesse. Double championne du globe de cristal de la saison de la Coupe du monde, Shiffrin avait remporté une course de descente à Lake Louise l’an dernier. Elle a maintenant gagné au moins une épreuve dans chacune des cinq disciplines du circuit.

«C’est un de mes objectifs depuis que je suis sur le circuit - depuis que je suis toute petite, en fait - d’arriver à un point où je pourrais gagner n’importe quelle course», a dit Shiffrin, qui est âgée de 23 ans.

«C’est un moment incroyable d’avoir pu skier ici comme je le souhaitais, d’avoir été aussi agressive.»

Grenier, de St-Isidore, en Ontario, a terminé à 0,88 seconde de Shiffrin et à 0,05 seconde du podium. Elle a obtenu le meilleur résultat par une Canadienne à Lake Louise depuis la quatrième position de Larisa Yurkiw en descente en 2014.

«Ça fait tellement d’années que je viens ici et j’espérais vraiment obtenir un bon résultat un jour, a raconté Grenier. J’avais déjà réussi une 16e position ici. Cinquième, c’est incroyable. Quand j’ai croisé la ligne d’arrivée, je n’y croyais pas.

«J’avais l’impression de bien skier, que ça coulait bien. Il y a eu des portes que j’ai eu de la difficulté à rejoindre et c’était un signe que j’allais vite.»

Grenier était la 32e skieuse à s’élancer. La foule partisane s’est faite bruyante pendant sa descente, alors que les temps intermédiaires laissaient croire qu’un podium était possible.

«Ça me donne tellement de confiance, a dit Grenier. Ça me prouve que si je skie bien, la vitesse est là.»

Marie-Michèle Gagnon 20e 

Marie-Michèle Gagnon, de Lac-Etchemin, a pris le 20e rang en 1:21,17. Roni Remme, de Collingwood, en Ontario, a terminé en 36e position avec un chrono de 1:22,04.

Gagnon a participé aux épreuves de vitesse ce week-end pour une première fois depuis une chute à l’entraînement l’an dernier à Lake Louise qui avait mis fin à sa saison. La skieuse âgée de 29 ans était très heureuse pour sa coéquipière.

«C’est bon pour toute l’équipe. Ça va donner confiance à tout le monde, a dit Gagnon. Je suis tellement fière d’elle. Nous avons toutes les deux eu des ennuis lors des épreuves de descente, mais nous savions que tout était possible aujourd’hui.»

Shiffrin a fait l’accolade à Grenier alors que la Canadienne quittait la zone des skieuses au bas de la pente.

«Elle m’a dit que j’avais super bien skié et c’est vraiment spécial pour moi, a dit Grenier, qui est aussi âgée de 23 ans. Je ne m’attendais pas à ça.»

La Coupe du monde féminine de ski alpin se poursuivra le week-end prochain à Saint-Moritz, en Suisse, avec la présentation d’un slalom, d’un super-G et d’un slalom en parallèle.

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HIRSCHER PRIS EN SANDWICH ENTRE DEUX SURPRISES

PARIS — Pour la première fois depuis un an, Marcel Hirscher a été dominé en géant dimanche à Beaver Creek, par l’Allemand Stefan Luitz, qui remporte sa première victoire en Coupe du monde en revenant tout juste d’une longue blessure.

Le podium est complété par l’inattendu Suisse Thomas Tumler qui a dominé la seconde manche pour s’offrir une folle «remontada» de 18 places.

L’intraitable Marcel Hirscher (59 victoires en Coupe du monde, sept gros globes consécutifs) avait remporté neuf des dix derniers géants en Coupe du monde.

Presqu’un an après la victoire du Français Alexis Pinturault à Val d’Isère, l’Autrichien s’est fait surprendre dès le premier géant de la saison, la course d’ouverture de Sölden fin octobre ayant été reprogrammée fin décembre à cause de la météo.

Cette année de domination, Stefan Luitz l’a vécue loin des pistes, à cause d’une rupture d’un ligament croisé du genou gauche à Alta Badia le 17 décembre 2017 qui lui a fait manquer les Jeux de PyeongChang en février.

L’Allemand (26 ans) est revenu brièvement au slalom de Levi mi-novembre, sorti en première manche, avant de faire mouche dimanche pour sa reprise en géant, sa spécialité, lui qui avait déjà goûté six fois au podium, mais jamais à la victoire.

«C’est incroyable, cela fait tellement de bien, j’ai pourtant fait deux grosses erreurs dans le final, mais cela a suffi. Je me suis concentré sur mon ski, pas sur les autres», a déclaré Luitz à la télévision allemande.

Jamais mieux que 8e 

Hirscher, beau joueur, a félicité son vainqueur : «Après tout ce qu’il a traversé, c’est une victoire qui fait plaisir à beaucoup de monde, Stefan est un guerrier».

Une belle surprise sous le glacial soleil du Colorado, près de - 20°C, mais pas la plus folle.

Le Suisse Thomas Tumler, honnête skieur international de 29 ans, n’avait connu qu’un seul top 10 dans sa carrière (8e en super-G en 2016), et n’avait plus atteint la seconde manche d’un géant depuis quatre ans.

Avec son dossard 48 (les meilleurs skieurs ont les plus petits dossards) il a d’abord su se hisser en deuxième manche parmi les 30 premiers, une belle performance (la piste se dégrade de passage en passage). Puis ça a été un récital : avec le meilleur temps du second tracé, il est passé de la 21e à la 3e place, montrant après chaque géantiste qui échouait face à son chrono une mine mi-amusée, mi-gênée à la caméra.