Les jumeaux Vincent et Jonathan Breton-Robert participent samedi à leur premier match éliminatoire universitaire ensemble.

Sherbrooke verra double

Les jumeaux Breton-Robert disputent samedi un premier match éliminatoire universitaire ensemble, dans l’uniforme du Rouge et Or. De quoi voir double pour Sherbrooke!

«Vas-tu avoir de la misère à dormir? Je ne sais pas pour toi, mais moi, non», a lancé Jonathan à son frère avec désinvolture, après le court entraînement de vendredi après-midi. Dernière séance de révision sur le terrain, intérieur cette fois-ci, avant la demi-finale de conférence présentée samedi dès 13h, au stade (extérieur) de l’Université Laval.

Pas impossible que Vincent s’avère un tantinet plus nerveux. Le porteur de ballon recrue livrera non seulement son premier match éliminatoire universitaire en carrière, mais il se produira en plus pour la première fois sur le terrain du PEPS.

Devant parents, famille et belles-familles, une vingtaine d’admirateurs venus la plupart de Saint-Anselme, dans Bellechasse. Une quinzaine de membres de leur fan club possèdent déjà leur abonnement de saison.

«Ça va être un bon rassemblement! C’est vraiment l’fun de jouer ensemble», indique Vincent, qui s’est joint au Rouge et Or un an après Jonathan.

Ce dernier, receveur de passes partant de deuxième année, a fait sa niche comme cible favorite du quart-arrière Hugo Richard cette saison avec 47 ballons captés, un sommet au Québec, pour 510 verges et un touché. Ce qui lui a valu d’être parmi les étoiles de la conférence Québec.

Flamboyant

Jonathan s’avoue plus détendu, à l’approche de sa deuxième virée éliminatoire à l’UL. «Tous les matchs sont importants et celui de samedi constitue une étape vers l’atteinte de notre but», répond-il, comme un mantra bien appris.

L’an dernier, Jonathan Breton-Robert était sorti de l’ombre en novembre. Il avait brillé de tous ses feux avec 27 attrapés, 341 verges de gains et deux majeurs, en route vers une première conquête de la Coupe Vanier

Le receveur alors recrue s’était entre autres fait beaucoup de nouveaux amis à Québec avec une performance du tonnerre en finale québécoise contre Montréal. Une récolte de 161 verges aériennes, un touché, un jeu truqué pour un autre majeur et un attrapé spectaculaire dont on lui parle encore.

«Disons que je l’ai regardé souvent par après, mais je ne rêve pas à refaire ce jeu-là. Si j’ai la chance, je vais le refaire, mais je préfère de loin gagner un match que de faire un superbe catch et perdre!» assure-t-il.

Sachant de première main que Sherbrooke aligne une unité défensive «intense, qui se donne toujours au maximum», Jonathan pourrait se permettre quelques conseils à frérot sur le terrain, au besoin. «Mais pas plus parce que c’est mon frère», tient-il à préciser.

Polyvalent

Vincent, lui, en sera à sa deuxième rencontre officielle après celle de la semaine dernière, à Concordia. Où le numéro 27 a couru 11 fois avec le ballon, capté deux passes, retourné cinq bottés de dégagement et deux bottés d’envoi pour des gains combinés de 146 verges dans le même match.

Si le retour au jeu du vétéran porteur Vincent Alarie-Tardif le relègue au rôle de demi offensif réserviste, sa polyvalence lui permettra sans doute de voir encore du terrain contre Sherbrooke.

«Quand tu viens à Laval, tu sais que tu dois attendre ton tour. Je ne me voyais même pas jouer cette année! Alors je suis déjà très content et tout ce temps de jeu est en banque», indique celui qui a joué son premier match officiel en près de deux ans.

Avant le Rouge et Or, les jumeaux Breton-Robert se sont alignés pour les Faucons du Cégep de Lévis-Lauzon durant trois saisons collégiales.

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Vincent Desjardins aussi discret que connaisseur

«Si on arrête la course, on a de bonnes chances! Ça laisse le match entre les mains de leur quart-arrière, qui n’est pas exceptionnel.»

Un gars discret. Ne parle pas pour ne rien dire. Pas du genre à défier l’adversaire pour le plaisir. Mais Vincent Desjardins connaît son football. Le plaqueur étoile du Rouge et Or sait que le rôle de la ligne défensive sera primordial pour vaincre le Vert & Or de Sherbrooke, samedi (13h), en demi-finale du football universitaire québécois.

Vincent Desjardins, qui connaît son football, sait que le rôle de la ligne défensive sera primordial pour vaincre le Vert & Or de Sherbrooke.

Le portrait de l’attaque sherbrookoise n’est pas le plus reluisant. Le Vert & Or arrive 25e sur 27 équipes au Canada au chapitre des points marqués (17,4 par match) et 26e pour les verges amassées (292,8). À peine mieux par la course (24e, 104,6 v.) que par la passe (25e, 188,1 v.).

Le pivot de deuxième année Alex Jacob-Michaud n’a convaincu personne cette saison avec cinq passes de touché et huit interceptions, même si sa plus récente prestation de 20 en 37 pour 302 verges et deux majeurs contre McGill, malgré trois interceptions, fournit une lueur d’espoir.

Comme la recrue Xavier Owens se remet d’une commotion cérébrale subie il y a deux semaines contre McGill, tout indique que le Vert & Or misera sur Jacob-Michaud pour enfin inscrire un premier touché offensif aux dépens du Rouge et Or en plus de deux ans.

«Leur succès va passer par le fait de contrôler notre front défensif et établir leur attaque au sol, puisqu’ils ont un quart-arrière avec peu d’expérience», analyse Desjardins, qui forme un solide trio entre les ailiers défensifs Mathieu Betts et Edward Godin. Le quatuor sera complété par Marc-Antoine Claveau, plaqueur de deuxième année, la recrue Samuel Maranda-Bizeau étant toujours blessée.

«C’est toujours un défi d’affronter Sherbrooke, assure Desjardins. On s’était rendus en prolongation, il y a deux ans. En plus, c’est un match de séries. En plus, ils ont eu une semaine de plus pour se préparer. Alors je ne peux pas croire qu’ils ne donneront pas leur meilleur effort. Ils vont être prêts, je suis sûr.»

L’effet Washburn

Avec seulement 77 points accordés en huit rencontres régulières, un sommet au Canada cette saison, la défensive du Rouge et Or semble bien en selle. Surtout depuis la mi-calendrier avec 29 points, dont deux jeux blancs, et seulement 218 verges allouées à l’adversaire au cours des quatre derniers matchs.

Pour mieux comprendre, précisons que ses 305 verges accordées en moyenne par rencontre régulière en 2017 valent au Rouge et Or le deuxième rang canadien à ce chapitre, derrière les 288 de Western.

«On a une belle chimie», laisse entendre Desjardins. «Glen martèle les mêmes correctifs et ça finit par entrer», ajoute-t-il en souriant, en référence à son entraîneur-chef Glen Constantin, qui est aussi son coach de position.

Le 92 évoque ensuite la possibilité d’un effet Washburn qui perdure. La visite de l’ami de Constantin et grand spécialiste de la ligne défensive Jim Washburn au camp d’entraînement, en août, aurait laissé des traces indélébiles. Washburn a coaché durant 40 ans : NFL ces 20 dernières années, NCAA, NFL Europe et Arena Football League.

«Ça nous a portés durant toute la saison. Il est très demandant, exigeant, mais c’est un bon coach», confirme Desjardins.

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Les Américains demandent plus d’énergie

L’expérience américaine chez le Vert & Or de Sherbrooke n’a pas été couronnée de succès, cette année. Les receveurs Jermer Braswell et Tyree Harris sont déjà rentrés aux États-Unis. Si l’entraîneur-chef du Rouge et Or se garde bien de commenter les problèmes des autres, Glen Constantin affirme néanmoins l’importance d’être en mesure de bien encadrer les joueurs recrutés à l’extérieur du Québec. «Quand ça sort des standards, ça prend plus d’énergie. Autant de la part de l’université pour les encadrer qu’au sein de l’équipe même. Ça prend de bons vétérans et un vestiaire assez solide pour accepter un gars que tu amènes de l’extérieur pour prendre la place d’un autre qui est là depuis deux ou trois ans.»

Si Harris, originaire de Detroit, n’a pas réussi à se mettre en valeur, Braswell, de Palm Beach en Floride, a été le receveur le plus productif chez le Vert & Or en saison régulière avec 19 attrapés pour 289 verges et trois touchés. Ils étaient auparavant coéquipiers à l’Université Austin Peay, au Tennessee.