Adam Lamhamedi conserve de merveilleux souvenirs de sa participation aux Jeux olympiques de PyeongChang même s’il a rencontré quelques obstacles, comme c’est souvent le lot pour les petites délégations.

Shaun White, le prince et moi

Adam Lamhamedi a jasé avec Shaun White et le prince Albert de Monaco, à PyeongChang. Juste ça.

«Aux Jeux olympiques, pendant deux semaines, la plupart des grandes vedettes, les super stars du sport, deviennent des gens normaux, égaux aux autres athlètes», raconte le skieur alpin de Charlesbourg, rentré à Québec lundi soir.

Son aventure coréenne n’a toutefois pas été qu’une balade tranquille sur le tapis rouge du sport international, à grignoter des petits fours. Représentant du Maroc, pays d’origine de son père, Lamhamedi et son frère Samuel, présent à titre de technicien et de substitut, ont dû négocier avec les problèmes d’une délégation dysfonctionnelle.

Sur place, certains membres de la délégation ont remis son identité marocaine en question. D’autres, ou peut-être les mêmes, profitaient davantage du voyage pour se la couler douce et assister aux diverses compétitions que pour servir les deux seuls athlètes représentant le Maroc à ces Jeux d’hiver, un fondeur et lui.

Des obstacles que d’autres athlètes de petites délégations ont aussi rencontrés, a-t-il réalisé, en se comparant avec la fondeuse Mathilde Petitjean, une Française s’entraînant au Mont-Sainte-Anne qui représente le Togo.

Heureux d’avoir vécu ces deuxièmes JO, Lamhamedi se dit aussi soulagé que cet exigeant périple de quatre ans soit terminé. Quoique dès mardi après-midi, il retombait vite sur terre et devait se plier à l’examen de mi-session de son cours de gestion des organismes et du développement durable, à l’Université Laval. N’ayez crainte, il avait étudié là-bas.

Le skieur de 22 ans conserve néanmoins de merveilleux souvenirs de sa quinzaine coréenne. Beaucoup plus que sa 53e position sur 110 participants en slalom géant ou de ne pas avoir complété la première manche de l’épreuve de slalom, comme le grand Marcel Hirscher et plus de la moitié des concurrents.

Accueil incroyable

Il gardera toujours en mémoire la victoire en bosses de Mikaël Kingsbury, à laquelle il a assisté, et encore plus la dernière journée de patinage de vitesse courte piste avec la troisième médaille de Kim Boutin et celle du relais masculin.

«Un de mes plus beaux moments restera l’incroyable accueil reçu par les athlètes canadiens à l’aéroport, lundi, à Québec comme à Toronto. Médaille ou pas médaille, c’était le retour des héros au pays. C’était très beau!» explique celui qui, contrairement à ses condisciples dont plusieurs amis, a dû faire la file aux douanes au lieu de bénéficier du raccourci olympique. Mais il ne s’en plaint pas. D’en être témoin d’un peu plus loin l’a presque autant comblé.

Shaun White, il l’a rencontré à la cérémonie d’ouverture. Le Maroc n’était pas loin devant les États-Unis dans le défilé des athlètes et la légende vivante de la planche à neige, maintenant triple champion olympique en demi-lune, voulait avoir une épinglette du Maroc pour sa collection personnelle.

Quant au prince Albert, il l’avait déjà croisé aux JO de la jeunesse à Innsbruck, en 2012, puis à nouveau aux vrais JO, à Sotchi, en 2014. À PyeongChang, l’ancien olympien en bobsleigh était venu encourager le géantiste monégasque Olivier Jenot. Et il se souvenait bel et bien d’un jeune skieur canado-marocain!

Maintenant, Lamhamedi a hâte à la semaine de relâche, dans quelques jours. Puis ce sera les finales universitaires à Stoneham, mi-mars. Il ne dit pas non à d’autres Jeux olympiques, en 2022, mais se concentre davantage sur l’Universiade de l’an prochain et peut-être une première participation en Coupe du monde, aussi à l’hiver 2019.