Le jeune Canadien Denis Shapovalov s'est bien battu face à Alexander Zverev, samedi, mais a finalement dû s'avouer vaincu. L'Allemand a maintenant rendez-vous avec Roger Federer en finale.

Shapovalov stoppé par Zverev

Le jeune Canadien Denis Shapovalov a connu une semaine inoubliable et ce n'est pas une honorable défaite contre un des plus beaux espoirs du tennis qui va atténuer les merveilleux moments qu'il a vécus à Montréal.
Incapable de répéter la magie l'ayant mené à quatre spectaculaires victoires sur le court central du Stade Uniprix, Shapovalov a finalement plié l'échine 6-4 et 7-5 devant Alexander Zverev dans la deuxième demi-finale de Coupe Rogers, samedi soir. L'Allemand de 20 ans, qui a rendez-vous avec Roger Federer en finale à 16h dimanche, a vaincu le Canadien de 18 ans en 1h42 au terme d'un jeu captivant.
Shapovalov a d'abord laissé filer deux balles de match avant de devoir sauver trois balles de bris. Le duel s'est terminé sur un coup hors limites du Canadien, qui a commis 43 erreurs directes contre seulement 17 coups gagnants.
«Oui, j'ai eu beaucoup de plaisir. Comme les médias l'ont mentionné, ce fut une semaine de rêve. Je ne m'y attendais pas. J'ai sauvé quatre balles de match en première ronde et, ensuite, j'ai commencé à jouer de façon plus relâchée. Puis, j'ai battu l'une de mes idoles . Ce fut vraiment une semaine de rêve.»
Après sa défaite, dans un geste démontrant que le jeune homme a de la classe, Shapovalov s'est emparé du micro et s'est adressé aux spectateurs, en français, pour les remercier de leur soutien. Le public n'a jamais cessé de l'appuyer au fil d'une semaine où il a passé 9h20 sur le court avant d'affronter Zverev,
Shapovalov n'a toutefois nullement invoqué un manque d'énergie pour expliquer son élimination. «Je me sentais bien. J'ai fini relativement tôt hier [vendredi] et aujourd'hui, on jouait à 20h. J'ai eu amplement de temps pour récupérer. J'ai dormi, j'ai subi des traitements deux fois. Je me sentais bien. Ce n'était pas une question d'énergie. "Sascha" a été tout simplement meilleur que moi dans les moments cruciaux.
«La défaite est un peu décevante parce que je croyais que j'avais une chance», a ajouté Shapovalov. «Mais comme je l'ai mentionné, "Sascha" a été trop bon dans les moments cruciaux. Et je ne pense pas avoir bien joué lors de ces occasions. J'ai concédé beaucoup de bris avec des doubles fautes. Je ne lui permettais même pas de jouer les points.
«Il faut lui donner le crédit», a renchéri Shapovalov. «Il joue avec beaucoup de confiance et m'a mis beaucoup de pression. Mais j'ai eu la semaine de ma vie et c'est plaisant de voir que mon jeu peut égaler le sien et que je peux être compétitif contre un joueur comme lui.»
«Le début d'une très longue histoire»
Zverev s'est montré très élogieux à l'endroit de Shapovalov, sur le court et lors de sa rencontre avec les journalistes, tout en suggérant de se montrer patient à son endroit. «La foule et toute la ville de Montréal l'ont appuyé du début à la fin. C'est une merveilleuse histoire. Je pense que c'est le début d'une très longue histoire et j'espère qu'il continuera de faire ce qu'il fait.
«Mais d'un autre côté, il ne faut pas s'attendre à le voir gagner les prochains Internationaux des États-Unis. Il a encore besoin de temps. Il vient de jouer le meilleur tennis de sa vie. Pour évoluer à ce niveau de façon constante, ça pourrait lui prendre deux ou trois ans», a avisé Zverev, qui pense qu'une nouvelle rivalité vient de voir le jour.
Dimanche, à 16h, Zverev croisera le fer avec Federer. «Il est le favori», a déclaré l'Allemand. «Il joue du tennis extraordinaire et il a gagné à peu près tous les grands tournois auxquels il a participé. Je joue bien, mais je sais que je devrai être bien meilleur au service que je l'ai été aujourd'hui.»
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L'occasion de rejoindre Lendl
Roger Federer, lui, aura l'occasion de bonifier un palmarès déjà très riche en exploits de tous genres. Dans un premier temps, il pourra ajouter la ville de Montréal à son tableau de chasse. Dimanche, il visera aussi un sixième titre en 2017, à son huitième tournoi, un an après avoir craint pour sa carrière. Enfin, il sera à la recherche d'un 94e triomphe à vie, ce qui lui permettrait de rejoindre le Tchèque Ivan Lendl au deuxième rang dans l'histoire du tennis masculin.
Federer peut rêver à tous ces scénarios grâce à une victoire de 6-3, 7-6 (5) contre le Néerlandais Robin Haase en demi-finale du simple masculin de la Coupe Rogers, samedi après-midi sur le court central du Stade Uniprix.
«J'ai atteint des niveaux que je n'ai jamais pensé que j'allais atteindre. Lendl, c'était une des grandes légendes dans le tennis. Il a des records incroyables, surtout en constance. D'être aussi près de l'égaliser, c'est forcément très cool», a dit le Suisse après la rencontre.
Haase coriace
Après un lent départ, Haase a été plus coriace en deuxième manche, lors de laquelle il a inscrit huit de ses neuf as, incluant deux de suite pour boucler le 11e jeu en sa faveur.
Au bris d'égalité, qui a procuré quelques-uns des meilleurs moments du match, Federer s'est bâti des avances de 3-0 et 4-1 avant de résister à la tentative de remontée de son rival.
Le duel s'est conclu après 1h14, lorsque Haase a expédié un coup droit loin au-delà de la ligne de fond.
«Je n'ai pas lâché avant la fin, a analysé Haase. J'ai créé des chances au bris d'égalité. C'était serré. Roger a fait une erreur et malheureusement, j'en ai aussi fait deux ou trois. Si j'avais fait un ou deux points de plus, les choses auraient pu devenir plus intéressantes.»
Federer en sera à sa deuxième participation à une finale de la Coupe Rogers à Montréal. En 2007, il s'était incliné face au Serbe Novak Djokovic.