Denis Shapovalov a franchi le premier tour à Paris, mardi. En deuxième ronde, l'Ontarien affrontera l'Allemand Maximilian Marterer.

Shapovalov passe son premier test à Roland-Garros

PARIS — Après sa victoire au premier tour du tournoi de Roland-Garros, mardi, Denis Shapovalov s’est amené au point de presse, il s’est penché vers le micro et il a simplement lancé : «Quoi de neuf?»

La jeune sensation canadienne de 19 ans a ensuite souri à belles dents. C’était une journée de première pour Shapovalov, qui semble aussi décontractée sur le terrain qu’à l’extérieur de celui-ci, accumulant les victoires importantes et les bons mots de ses adversaires au même rythme.

Le premier match de Shapovalov (25e mondial et 24e tête de série à Paris) en tant que tête de série d’un tournoi majeur s’est conclu par une victoire de 7-5, 6-4 et 6-2 contre l’Australien John Millman (59e), notamment en raison d’un avantage marqué au chapitre des coups gagnants (32-9).

Il y a un an, non seulement Shapovalov n’était pas une tête de série, mais il ne faisait même pas partie du tableau principal après avoir perdu son premier match des qualifications.

«C’est difficile de grimper les échelons comme je l’ai fait. Je ne m’attendais pas à ça. Je tente simplement de rester concentré. Je l’ai dit souvent, peu importe la semaine ou le résultat, j’essaie toujours de revenir sur le terrain et être meilleur. J’ai encore beaucoup à apprendre.»

Notamment sur la terre battue, où il a davantage confiance. «La terre battue et moi, c’était : “Je t’aime, moi non plus”», a-t-il reconnu. 

Lorsqu’il a été questionné à savoir ce qu’il devait améliorer, Shapovalov a dit qu’il y avait tant d’aspects de son jeu qu’il voudrait travailler qu’il aurait besoin de quelques heures pour les énumérer. Malgré tout, il a dressé une courte liste : être meilleur sur les retours, le jeu au filet, le pourcentage de premier service; tirer avantage des changements de momentum et d’être plus fort mentalement.

«Pour moi, c’est positif de voir où je suis rendu aujourd’hui et j’ai l’impression qu’il y a encore tant de place à amélioration. C’est motivant pour moi. Je veux continuer d’aller de l’avant et de m’améliorer.»

Shapovalov a montré des signes de son grand potentiel en remportant le tournoi de Wimbledon chez les juniors, en 2016. Ensuite, en tant que qualifié aux derniers Internationaux des États-Unis, il est devenu le plus jeune joueur à atteindre la ronde des 16 depuis Michael Chang, en 1989. En octobre, il a percé le top 50 du classement de l’ATP, devenant le plus jeune joueur à réussir l’exploit depuis Rafael Nadal, en 2004.

Deux retards effacés

Contre Millman, Shapovalov a connu un lent départ dans des conditions climatiques très humides. L’Australien de 28 ans menait 5-3 et il servait pour le premier set, détenant même une balle de manche, mais il a raté son revers. Quelques instants plus tard, une autre faute directe a ouvert la porte à Shapovalov, qui l’a brisé avant de gagner les trois parties suivantes.

En deuxième manche, Millman menait 3-1, mais Shapovalov a encore une fois effacé ce retard. «Lorsqu’il est en confiance en jouant la balle, c’est très impressionnant. Denis a élevé son jeu d’un cran et il a réalisé plusieurs bons coups. Il a joué du meilleur tennis quand ça comptait et c’est ce que les bons joueurs font. Il n’y a pas de limite à ce qu’il peut accomplir.»

Shapovalov a assuré qu’il n’était pas inquiet pendant qu’il tirait de l’arrière. «Je savais que si je perdais la première manche, ce serait un long match. Je vais tout donner jusqu’à ce que le dernier point soit joué. Je suis resté très calme.»

Au deuxième tour, Shapovalov livrera bataille à l’Allemand Maximilian Marterer (70e mondial), qui a facilement battu l’Américain Ryan Harrison 6-1, 6-3 et 7-5, mardi.  Avec AFP

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LA SUPERHÉROÏNE SERENA

Mardi, Serena Williams a effectué une retour remarqué à Roland-Garros en portant une combinaison noire très ajustée et, surtout, en l'emportant en deux sets contre la Tchèque Kristyna Pliskova.

Serena Williams a effectué une rentrée remarquée en Grand Chelem avec une victoire... et une combinaison noire avec ceinture rose.

«J’ai toujours voulu être une superhéroïne et c’est un peu une manière d’en devenir une. J’ai vraiment l’impression d’être une superhéroïne quand je la porte», a affirmé l’Américaine aux 23 titres du Grand Chelem après son succès de 7-6 (7) et 6-4 contre la Tchèque Kristyna Pliskova (70e mondiale).

Une super-héroïne, voire «une princesse guerrière» ou «une reine du Wakanda», en référence à la bande dessinée Black Panther adaptée à l’écran et sortie en salles cette année. Cette tenue près du corps permet aussi «une meilleure circulation sanguine», a dit Williams, qui avait connu des complications médicales après avoir donné naissance à sa fille Olympia, en septembre, notamment des problèmes de caillots de sang.

«J’en ai eu beaucoup au cours des 12 derniers mois. La combinaison a effectivement une fonctionnalité. J’ai beaucoup porté de pantalon en jouant, parce que cela favorise une meilleure circulation sanguine. C’est une combinaison amusante qui me permet de jouer sans aucun problème.»

L’Américaine de 36 ans a signé son premier succès en Grand Chelem depuis la finale remportée à Melbourne, en 2017. À Paris, il s’agit de sa première victoire depuis la finale perdue en 2016 face à Garbiñe Muguruza. «Roland-Garros m’a tellement manqué, la compétition aussi», a dit l’ancienne no 1 mondiale, aujourd’hui 451e, qui bénéficie d’un classement protégé pour participer à Roland-Garros. «Deux ans sans jouer ici c’est long. Ce n’était pas simple, mais je me suis entraînée dur pour être prête.»

Si l’ancienne reine de la WTA n’a pas donné l’impression d’avoir perdu en puissance, elle a semblé rencontrer quelques difficultés dans ses déplacements. Elle a d’ailleurs tout fait pour s’épargner de longs échanges, en tentant de finir les points en deux ou trois coups. La marche s’annonce plus haute au deuxième tour face à l’Australienne Ashleigh Barty (17e), qui n’a concédé que quatre jeux à la Russe Natalia Vikhlyantseva (6-3, 6-1).  AFP