Shane Kuss, entraîneur des Ravens de Semiahmoo, a réécrit plusieurs records dans la Ligue junior de la Colombie-Britannique. Sa saison 1996-1997 de 50 buts et 140 points demeure dans les annales.

Shane Kuss: petit joueur, grand souvenir [VIDÉO]

Shane Kuss fait partie des meilleurs qui sont passés en 60 années au Tournoi pee-wee de Québec. L’attaquant de 5’ 6” n’a toutefois jamais percé à cause de son petit gabarit, mais aussi de certaines autres «erreurs»

«Il est trop humble pour le dire, mais il a dû marquer 90 % des buts de son équipe pendant le tournoi», lance Matt Erhart, l’adjoint de Kuss derrière le banc des Ravens de Semiahmoo. La formation AAA vient de White Rock, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, près de Surrey.

Les Ravens ont arraché une deuxième victoire de 4-3 mardi, en prolongation, contre New Hampshire. Ce qui porte leur fiche globale cette saison à 44-3-3, eux qui sont invaincus en matchs de ligue (19-0-1). Ils comptent sur l’excellent Jordan Gavin, auteur de deux autres buts mardi, dont celui en prolongation.

Mais en 1988, c’est son coach Kuss qui faisait la loi sur la glace québécoise, dans l’uniforme des petits Canucks de Vancouver.

«Même 30 ans après, ça reste l’un des meilleurs souvenirs de toute ma carrière. De jouer au Colisée en demi-finale contre les North Stars devant 14 000 spectateurs, c’était pas mal incroyable pour un garçon de 12 ans!» s’est-il rappelé, à la porte des vestiaires du Centre Vidéotron. «C’est un honneur de revenir et de pouvoir partager avec mes jeunes joueurs l’expérience que j’ai vécue ici. Dès le début, je leur ai dit que ce serait le plus gros tournoi auquel ils participeront.»

Originaire de Vancouver, Kuss a ensuite fait la pluie et le beau temps dans la Ligue junior de la Colombie-Britannique (BCJHL), réécrivant plusieurs records du circuit. Sa saison 1996-1997 de 50 buts et 140 points demeure dans les annales.

Le petit avant des Eagles de Surrey évoluait alors dans le même trio que Rodney Bowers et un jeune venu de l’Alaska du nom de... Scott Gomez. Kuss, Gomez et Bowers ont cumulé chacun 140, 124 et 113 points, Gomez étant le seul des trois à ne pas marquer 50 buts, s’arrêtant à 48.

Il sera aussi le seul à atteindre les grandes ligues. Trois ans plus tard, recrue par excellence de la LNH, où il disputera 1079 matchs et gagnera une Coupe Stanley.

Au camp des Canucks

À presque 5’ 11”, Gomez avait l’air grand à côté de Kuss, 5’ 6” et 165 lb. Ce qui n’a pas empêché ce dernier de décrocher une invitation au camp des vrais Canucks de Vancouver, en 2000.

«Je me suis retrouvé aux côtés de Todd Bertuzzi, de Donald Brashear... Je leur arrivais au nombril!» rigole-t-il aujourd’hui. «Juste de patiner avec Trevor Linden, Markus Naslund, les frères Sedin, c’était l’expérience d’une vie! Et j’ai tenu mon bout, j’ai bien fait durant le camp.»

Tellement que les Canucks lui ont offert un contrat pour les matchs présaison. Mais son agent a plutôt privilégié une offre des nouveaux Blue Jackets de Columbus, qui lui réservaient un poste au sein de leur club-école de la Ligue de la Côte Est.

«Je me suis obstiné avec mon agent, je voulais rester avec Vancouver. Puis je me suis finalement rendu à Dayton, en Ohio, pour me faire dire que malgré mes huit points en quatre matchs, les Blue Jackets me libéraient pour faire de la place à quatre joueurs repêchés», explique Kuss.

Refuser l’offre des Canucks a été la première erreur, dit-il. La deuxième a été d’abandonner sa carrière trop tôt à cause de sa blonde de l’époque.

«J’avais tout dans la paume de la main, mais j’ai pris une mauvaise décision et je suis rentré à la maison. En même temps, cela a fait de moi qui je suis aujourd’hui. Je veux aider les jeunes à apprendre de ces erreurs et à suivre les bons chemins», poursuit celui qui a aussi joué pro en Suède.

Il s’est vite redirigé vers le métier d’entraîneur et compte Brent Seabrook et Milan Lucic parmi ses anciens élèves. Et que dire à ses petits joueurs?

«Le hockey change, ça se joue avec rythme et vitesse. Les Brendan Gallagher de ce monde, même Theoren Fleury dans le temps, ils ont beaucoup de cœur et ne reculent pas, peu importe la grosseur du gars en face. Il y a de la place pour les petits joueurs qui ont du cœur», assure Kuss, qui a trouvé sa propre place.