Nommée SF90 pour souligner le 90e anniversaire du constructeur italien en 2019, la nouvelle voiture arbore le rouge Ferrari classique, avec des touches de noir et à peine de blanc. Elle dispose des dernières technologies de pointe.

SF90: la nouvelle arme de Ferrari pour rivaliser avec Mercedes

MARANELLO, Italie — Ferrari a dévoilé sa nouvelle voiture en vue de la saison 2019 de Formule 1, une monoplace qui, espère-t-on, pourra enfin mettre fin à une longue disette sans championnat.

Le directeur de l’équipe, Mattia Binotto, et les pilotes Sebastian Vettel et Charles Leclerc étaient présents sur scène pour la présentation de la voiture, nommée SF90 pour souligner le 90e anniversaire du constructeur italien en 2019. Le président de Ferrari, John Elkann, et le chef de la direction, Louis Camilleri, se sont joints à eux.

«La voiture dispose des dernières technologies de pointe, elle reflète les nouvelles réglementations de la saison et elle est le fruit de l’énorme travail et du talent de chacun au sein de la Scuderia», a affirmé Camilleri.

La nouvelle voiture arbore le rouge Ferrari classique, avec des touches de noir et à peine de blanc.

«Je suis vraiment excité et j’ai hâte de l’essayer, a mentionné Vettel. J’attends avec impatience cette année. Je pense que l’équipe est sur la bonne voie et j’espère que nous pourrons continuer à nous améliorer.»

Vettel a remporté les deux premières courses de la saison 2018 et s’est assuré la position de tête de trois des quatre premières, mais les performances de l’écurie ont décliné au cours de l’année, permettant à Mercedes de remporter un cinquième titre des pilotes consécutif grâce à Lewis Hamilton.

Ferrari n’a pas remporté de titre depuis sa conquête du titre des constructeurs en 2008, tandis que Kimi Raikkonen a remporté le titre des pilotes en 2007.

«La saison dernière a été notre meilleure des 10 dernières années, mais nous n’avons pas atteint nos objectifs, a reconnu Camilleri. Un tel échec n’est jamais facile à avaler, mais je vous assure que nous envisageons l’avenir avec détermination.»

Vettel en sera à sa cinquième saison avec Ferrari et il s’agira de la première de Leclerc, qui remplace Raikkonen.

«Je suis extrêmement excité d’entreprendre cette nouvelle aventure, a confié Leclerc. C’est un rêve depuis que je suis enfant. C’est une journée chargée d’émotions pour moi.»

Binotto a également été promu au poste de directeur technique, succédant à Maurizio Arrivabene.

La saison débutera le 17 mars avec la présentation du Grand Prix d’Australie à Melbourne.

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LES CIGARETTES DE RETOUR EN F1 PAR LA PETITE PORTE

PARIS — Philip Morris avec Ferrari, British American Tobacco avec McLaren : après plus de 10 ans d’absence en Formule 1, les cigarettiers, qui ont fait les grandes heures de la catégorie reine du sport automobile entre les années 1970 et 2000, reprennent leur place.

C’est le groupe Philip Morris International (PMI), commanditaire historique de Ferrari via sa marque Marlboro, qui a habilement lancé le mouvement en octobre.

Depuis le Grand Prix du Japon, les monoplaces, les pilotes et les membres de la Scuderia arborent le logo de Mission Winnow, «un programme de contenus autour de la science, de l’innovation et de la technologie comme leviers d’amélioration et de transformation pour PMI et ses partenaires», précise Philip Morris. C’est aussi le cas de Ducati en MotoGP cette saison.

British American Tobacco (BAT) a pris l’aspiration en annonçant cette semaine un partenariat avec McLaren, qui verra les monoplaces et les pilotes de l’écurie britannique arborer le logo A Better Tomorro», «une plateforme globale pour accélérer le programme de transformation» de BAT.

Sont mis en valeur ici les «produits à risque potentiellement réduits» (de type cigarette électronique) développés par le groupe.

À défaut de publicité pour le tabac, interdite dans de nombreux pays au milieu des années 2000, les cigarettiers font désormais en F1 la promotion de projets parallèles à leur activité principale et de produits moins controversés.

Publicité 

«Mission Winnow a pour but d’illustrer notre engagement à nous améliorer constamment. Cette initiative ouvre une fenêtre sur le nouveau Philip Morris et sur nos partenaires, ainsi que sur notre engagement et notre motivation communs à évoluer pour le mieux», plaide Tommaso di Giovanni, directeur de la communication du groupe.

Rechercher Mission Winnow sur Google renvoie toutefois très rapidement à Philip Morris et la «foire aux questions» du site missionwinnow.com répond à des interrogations du type : «Je ne comprends pas comment cela est possible. La publicité pour le tabac n’est-elle pas interdite dans le sport?» ou encore «Si ça n’est pas de publicité, qu’est-ce? Dans quel but?»

Du côté de BAT, «ça n’a rien à voir avec ce que nous faisions avant 2006», affirme une porte-parole du groupe qui fut un acteur majeur de la F1 entre 1999 et 2005 avec l’équipe BAR. «Il ne s’agit pas de promouvoir des produits liés au tabac.»

A l’heure où les écuries privées peinent à boucler leurs budgets faute de commanditaires, l’apport financier des cigarettiers, qui ont fait grandir la catégorie dans les années 1990 et au début des années 2000, a de quoi séduire.

Mais leur retour ne fait pas l’unanimité. En Australie, qui accueille le premier Grand Prix de la saison le 17 mars à Melbourne, les autorités sanitaires examinent le logo Mission Winnow, qui n’est pas sans rappeler celui de Marlboro, pour déterminer s’il s’agit de publicité déguisée.

Une autre enquête a par ailleurs été ouverte par l’autorité des médias, ce logo ayant été vu à la télévision lors du GP du Japon.

Enquêtes 

«La signalisation utilisée sur les uniformes des membres de la Scuderia Ferrari et sur le site internet sont conformes aux lois applicables à nos activités en Australie et dans l’État de Victoria», où se situe Melbourne, assure Di Giovanni.

«Nous travaillons actuellement avec les organisateurs du Grand Prix australien pour comprendre et répondre aux préoccupations des autorités.»

La Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui édicte les règles du Championnat, reste prudente, mais ferme sur le sujet.

«Nous n’avons pas connaissance des détails de cet accord ou des modalités de ce partenariat et il est difficile d’en évaluer la nature à ce stade, dit-elle. Néanmoins, depuis 2006, la FIA s’est fermement opposée à toute publicité ou commandite pour les cigarettes ou les produits du tabac dans le cadre de ses championnats et cette approche n’a pas changé.»