Serena Williams a battu l’Allemande Julia Goerges en demi-finale du tournoi de Wimbledon et s’approche d’un 24e titre en simple à un tournoi du Grand Chelem, ce qui lui permettrait d’égaler le record de l’Australienne Margaret Court.

Serena Williams visera un autre titre à Wimbledon

LONDRES — Dix mois après son accouchement compliqué, Serena Williams est en passe de récupérer sa couronne de reine de Wimbledon. Il ne lui reste plus qu’un match à gagner, samedi en finale, face à la renaissante Allemande Angelique Kerber, l’une des rares à l’avoir gênée ces dernières années.

Sur la balle de match, un lob trop long de l’Allemande Julia Goerges, Serena Williams a serré le poing contre sa poitrine, le sourire aux lèvres, avant d’effectuer une pirouette sous les applaudissements nourris du public du court central.

Après cette leçon de tennis (6-2, 6-4), le rêve de «Maman Serena» de revenir au plus haut niveau est plus proche que jamais. Il y a dix mois c’était pourtant loin d’être garanti. La Floridienne de 36 ans donnait naissance à son premier enfant, une petite fille prénommée Alexis Olympia, non sans connaître des complications.

«Tout a mal tourné», avait-elle dit en janvier au magazine Vogue, en s’exposant sur la couverture avec son bébé. Découverte de caillots de sang dans les poumons — alors qu’elle avait été hospitalisée pour une embolie pulmonaire en 2011 — cicatrice de césarienne rouverte à cause de fortes quintes de toux, hématome à l’abdomen... La grande vedette du tennis féminin avait dû rester alitée durant six semaines.

La convalescence fut plus compliquée que prévue et le retour, retardé de janvier à mars, s’était révélé lui aussi complexe et peu fructueux à Indian Wells et Miami (fiche de 2-2).

Elle s’est accrochée, même si son parcours encourageant à Roland-Garros a été freiné par une blessure aux pectoraux alors qu’elle devait affronter Maria Sharapova en huitièmes de finale. 

C’est du passé maintenant qu’elle est en passe de s’emparer pour la huitième fois du Venus Rosewater Dish, le plateau en argent remis à la lauréate à Londres. Samedi matin (9h), elle peut par la même occasion rejoindre le cercle restreint des mères redevenues championnes.

Égaler le record de Court

L’Australienne Margaret Court, la détentrice du record absolu de titres majeurs (24), qu’elle égalera en cas de succès, avait réussi cette prouesse. En 1973, l’année de ses 31 ans, elle s’était des titres en Australie, à Roland-Garros et Flushing Meadows après avoir donné naissance à son premier enfant.

La Belge Kim Clijsters avait pour sa part 26 ans lorsqu’elle souleva pour la deuxième fois le trophée à New York après son congé maternité.

À bientôt 37 ans (le 26 septembre), Serena Williams repousserait encore plus loin les limites. Jeudi, elle n’a pas eu à trop forcer son talent pour écarter Goerges, qui disputait, à 29 ans, sa première demi-finale en Grand Chelem. L’Allemande s’est bagarrée du début à la fin, mais a trop souvent été débordée par la puissance de l’Américaine.

Elle a seulement retardé l’échéance, en brisant l’ancienne no 1 mondiale (aujourd’hui 181e), lorsque celle-ci a servi pour le match à 5-3. Mais des fautes directes et une bonne défense de la Floridienne ont mis un terme à l’ultime soubresaut de l’Allemande.

«Elle relève son jeu lors de plusieurs moments importants d’un match. On a vu qu’elle s’est améliorée lors de chacun de ses matchs ici», a constaté Goerges.

Retrouvailles

Se dresse maintenant devant Serena un dernier obstacle, Kerber, qui s’est frayée un chemin vers la finale en surfant sur les fautes directes (36) de la Lettonne Jelena Ostapenko, sacrée à Roland-Garros en 2017. Le duel s’est terminé en deux manches de 6-3.

Le duel de samedi scellera leurs retrouvailles deux ans après la finale, gagnée sur le gazon londonien par l’Américaine.

Mais cette année-là, l’intrépide «Angie», 30 ans, l’avait détrônée de la première place mondiale en remportant les Internationaux des États-Unis. En 2016, l’Allemande d’origine polonaise s’était aussi offert le titre en Australie en battant Serena en finale.

«C’est remarquable de la revoir, a affirmé Kerber, qui a perdu six de ses huit matchs en carrière face à Williams. Je sais qu’elle vous pousse toujours à vos limites.»

En neuf finales à Londres, Williams, qui retrouvera le top 20 en cas de titre, ne s’est inclinée que deux fois, en 2004 face à Maria Sharapova et en 2008 devant sa soeur aînée Venus. Oui, Kerber sera possiblement poussée à ses limites.  Avec AP