Serena Williams vise à 24e titre du Grand Chelem à l'Open d'Australie.

Serena fait encore peur

MELBOURNE — Maman et femme d’affaires de 38 ans, Serena Williams n’en a pas tout à fait fini avec le tennis : à les Internationaux d’Australie, elle vise un 24e titre du Grand Chelem pour égaler le record de Margaret Court, là-même où elle a remporté son 23e il y a déjà 3 ans.

Depuis, elle a échoué quatre fois en finale à Wimbledon (2018, 2019) et à l’US Open (2018, 2019), mais elle arrive à Melbourne le moral gonflé à bloc après avoir remporté le tournoi d’Auckland, son premier trophée depuis les Internationaux  d’Australie 2017.

«Cela faisait longtemps. Je pense que vous pouvez lire le soulagement sur mon visage», a souligné à Auckland l’Américaine qui visera un 8e titre à Melbourne après ceux de 2003, 2005, 2007, 2009, 2010, 2015, 2017.

La cadette des soeurs Williams a laissé des jeunettes lui passer devant au classement WTA : aujourd’hui 9e mondiale, elle joue moins de tournois que lors de ses plus grandes années, lorsqu’elle dominait le tennis féminin de son jeu surpuissant.

Elle n’a ainsi plus été N.1 mondiale depuis le 15 mai 2017 et a même plongé au 491e rang lorsqu’elle est revenue à la compétition après un congé maternité pour donner naissance à sa fille Olympia en septembre 2017.

Mais ses adversaires en sont persuadées, la business woman qui dirige sa propre marque de vêtements reste en mesure de gagner un Majeur.

«Elle est tellement puissante, avec un jeu toujours aussi incroyable... je suis sûre qu’elle est encore capable de gagner», a assuré deux jours avant le début des hostilités australiennes la N.2 mondiale Karolina Pliskova (27 ans).

Serena-Tyson

«Elle a tellement d’expérience que je suis persuadée que cette fois elle peut l’emporter», a ajouté la Tchèque en rappelant que l’Américaine continuait de s’entraîner «énormément».

On l’a ainsi vue il y a quelques jours sur les réseaux sociaux s’entraîner physiquement aux côtés de l’ancienne terreur des rings de boxe Mike Tyson.

Ni sa réputation ni sa fortune ne sont plus à faire, et les plus grandes pages de son histoire sportive ont été écrites. Mais sa volonté d’ajouter encore un glorieux chapitre provoque l’admiration sur le circuit.

«Je suis vraiment impressionnée qu’elle continue à jouer à un tel niveau tout en ayant eu un enfant et avec un âge un peu plus avancé que les autres joueuses», a reconnu samedi Simona Halep (28 ans).

«Elle est impressionnante et je suis persuadée qu’elle peut faire encore mieux» que de simplement atteindre les finales des tournois du Grand Chelem a ajouté la Roumaine, 4e mondiale qui ne pourra pas l’affronter à Melbourne avant la finale, tout comme Pliskova.

Un sentiment largement partagé par l’Australienne Samantha Stosur : «Je n’ai aucun doute sur le fait que gagner à Auckland la semaine passée est un grand pas pour elle vers le gain d’un nouveau Grand Chelem», a commenté Stosur qui considère sans l’ombre d’un doute Serena comme l’une des favorites de l’édition 2020 des Internationaux d’Australie.

De par son âge, 35 ans, Stosur subit depuis de longues années la loi Williams. Mais c’est chez elle aussi un sentiment d’admiration qui ressort, plus que de frustration.

«Elle représente l’apogée de la longévité comme championne de ce sport ! Ce qu’elle a fait tout au long de sa carrière est vraiment remarquable», a jugé l’Australienne, ancienne 4e mondiale actuellement 97e, au sujet de celle qui a épousé le cofondateur du site d’actualités sociales Reddit Alexis Ohanian.