Un nouveau règlement concernant le niveau de testostérone chez les athlètes féminines pourrait forcer la Sud-Africaine Caster Semenya à renoncer au 800 m, discipline dans laquelle elle est double championne olympique.

Semenya pourrait avoir à changer de spécialité

MONACO — De nouvelles règles touchant les athlètes féminines avec de hauts niveaux naturels de testostérone pourraient obliger la double championne olympique du 800 m Caster Semenya à renoncer aux courses de demi-fond.

À compter du 1er novembre 2018, la Fédération internationale d’athlétisme ne permettra plus aux femmes montrant des niveaux de testostérones au-dessus d’un seuil spécifique de participer aux courses internationales de 400 m jusqu’au mille. Pour justifier sa décision, elle s’appuie sur une étude relevant que l’avantage pour ces athlètes est prépondérant sur ces distances qui sont aux frontières de la vitesse et de la résistance.

Six mois avant d’être admissibles à ces courses, elles devront donc faire baisser leur taux de testostérone sous les 5 nanomole/l de sang, contre 10 précédemment — par l’utilisation d’hormones contraceptives, notamment —, et devront le maintenir par la suite. Semenya serait ainsi obligée de prendre quotidiennement des médicaments ou de ne participer qu’à des épreuves de 5000 m ou plus. La Sud-Africaine de 27 ans ne pourrait donc défendre son titre mondial sur 800 m l’an prochain.

En 2011, l’IAAF avait instauré de nouvelles règles pour obliger les athlètes atteintes d’hyperandrogénisme à abaisser artificiellement leur niveau de testostérone. Elles avaient été contestées devant le Tribunal arbitral du sport et renversées en 2016.

Sur Twitter mercredi, Semenya n’a pas commenté la décision de l’IAAF, mais a plutôt mis en ligne une image avec une déclaration : «Qu’il est bon de garder le silence quand quelqu’un s’attend à vous faire enrager».

Des recherches menées sur une dizaine d’années ont démontré que 7,1 athlètes d’élite sur 1000 présentaient des taux élevés de testostérone, soit 140 fois plus élevés que la population féminine. Un taux de testostérone anormalement élevé favorise l’accroissement de la masse et de la puissance musculaire et facilitent la circulation de l’hémoglobine.