Caster Semenya, triple championne du monde, est l’une des athlètes féminines atteintes d’hyperandrogénie, une condition qui cause de hauts niveaux naturels de testostérone. L’IAAF prétend que cela leur donne un avantage sur les autres femmes, la testostérone aidant au développement musculaire et au transport de l’oxygène dans le sang.

Semenya ne pourra participer aux Mondiaux d’athlétisme

LAUSANNE — La Sud-Africaine Caster Semenya ne pourra pas participer aux Championnats du monde d’athlétisme de Doha en septembre, puisque la Cour suprême suisse a annulé mardi la suspension du règlement sur les athlètes hyperandrogènes.

Le Tribunal fédéral suisse avait temporairement suspendu le règlement de la Fédération internationale (IAAF) sur les athlètes hyperandrogènes le 3 juin dernier, permettant à Semenya d’espérer y participer. Cette décision vient donc mettre un terme à ses espoirs de participer au 800 m.

«Je suis très déçue qu’on m’empêche de défendre mon titre mondial difficilement acquis, a-t-elle commenté dans un communiqué. Mais cela ne me dissuadera pas de continuer mon combat pour les droits de toutes les athlètes féminines concernées.»

Semenya avait contesté la décision du Tribunal arbitral du Sport (TAS) de maintenir les règlements limitant le niveau de testostérone présent dans le corps de certaines athlètes, le 29 mai dernier.

Les avocats de la double championne olympique du 800 m avaient alors indiqué qu’ils avaient lancé une procédure devant le Tribunal fédéral suisse.

Niveau de testostérone

En vertu des nouveaux règlements de l’IAAF, maintenus par le TAS — ses bureaux se trouvent en Suisse —, Semenya ne peut participer aux épreuves internationales de 400 m à 1500 m, sauf si elle abaisse médicalement son niveau naturel de testostérone. Elle a déclaré après que le TAS eut rendu sa décision qu’elle n’accepterait aucun traitement, et elle a réitéré dans le communiqué émis à l’époque qu’elle contesterait la décision, car «l’IAAF ne me médicamentera pas et ne m’empêchera pas d’être qui je suis».

La procédure juridique de Semenya avait été annoncée par ses avocats en Afrique du Sud. Ils ont précisé que sa cause misait «essentiellement sur les principes des droits de la personne». L’appel a été interjeté auprès du Tribunal fédéral suisse, le plus haut tribunal du pays.

La Sud-Africaine de 28 ans, qui est aussi triple championne du monde, est l’une des athlètes féminines atteintes d’hyperandrogénie, une condition qui cause de hauts niveaux naturels de testostérone. L’IAAF prétend que cela leur donne un avantage sur les autres femmes, la testostérone aidant au développement musculaire et au transport de l’oxygène dans le sang.

L’IAAF exige de Semenya et des autres athlètes avec la même condition médicale de prendre des médicaments entraînant la suppression des hormones, ou encore de subir une intervention chirurgicale, afin de pouvoir participer aux compétitions. Ces demandes ont été jugées non éthiques par l’Association médicale mondiale, qui représente les médecins à travers le monde.