Kylie Masse, Rachel Nicol, Katerine Savard et Penny Oleksiak ont remporté la médaille d'argent au relais 4 x 100 m aux Championnats du monde de natation à Windsor, dimanche.

Semaine de feu pour Katerine Savard

Soulevée par une équipe canadienne inspirée, la nageuse Katerine Savard s'est payé deux médailles et quatre records canadiens aux Championnats du monde en bassin de 25 mètres, qui ont pris fin dimanche, à Windsor, en Ontario.
Accueillant pour la première fois les Mondiaux en bassin de 25 mètres, le Canada a vécu une semaine historique, récoltant huit médailles et pulvérisant pas moins de 17 records nationaux. Le palmarès confirme la montée du Canada parmi les puissances mondiales en natation, surtout chez les femmes. Les médailles ont presque toutes été gagnées uniquement par des nageuses. Les hommes n'ont eu leur mot à dire que sur une troisième place au relais mixte 4 x 50 m libre.
La Québécoise Katerine Savard a généreusement contribué à la cause canadienne. L'athlète de Pont-Rouge a battu des records nationaux aux 50 et 100 m papillon, en plus d'aider les filles à établir de nouvelles marques locales aux relais 4 x 200 m libre (bon pour l'or) et 4 x 100 m. 
«Je pense qu'en général, c'est une de mes meilleures compétitions à vie», a-t-elle dit, jointe quelques minutes après être montée sur la deuxième marche du podium au relais 4 x 100 m, dimanche soir. 
Fière de ses deux médailles gagnées en équipe, la nageuse de 23 ans était surtout heureuse de ses performances individuelles. Elle a terminé quatrième en finale du 100 m papillon, un sommet personnel. «C'est ma meilleure position individuelle à vie. Je suis super contente!» a-t-elle lancé avec enthousiasme, riant avec sa compatriote Penny Oleksiak au bout du fil. Savard s'est aussi classée dans le top 10 aux 50 et 200 m papillon, prenant les sixième et septième rangs. 
La fin pour Lacroix
Pendant que la relève s'éclatait dans la piscine, la doyenne de l'équipe, Audrey Lacroix, complétait avec émotion son dernier tour de piste. Elle a plongé pour une dernière fois, samedi, terminant 21e au 100 m papillon. Plus tôt dans la semaine, elle avait fait mieux au 200 m, avec une 11e position. 
La semaine de Lacroix aura été marquée par une sortie publique pour le moins surprenante. Elle a déclaré avoir eu des relations très tendues avec certaines de ses comparses lors de son entraînement en prévision des Jeux de Rio, à Toronto. Elle a réitéré au Soleil, dimanche, s'être sentie mise à l'écart «par certaines personnes», sans nommer les nageuses en question. «J'avais l'impression qu'on s'acharnait un peu sur moi», a-t-elle poursuivi, évitant de parler d'intimidation comme elle l'a fait plus tôt cette semaine. «Je veux aussi dire que certains athlètes m'ont supportée. Ce n'est pas tout le monde qui agissait comme ça.»
Malgré la tempête, qui lui a valu des discussions avec Natation Canada, elle ne regrette pas d'avoir dénoncé l'attitude de ses collègues. «Je pense que je suis contente de l'avoir fait parce que je termine [ma carrière]. Si je ne terminais pas, ça aurait été peut-être difficile à vivre pour la suite», a-t-elle philosophé.
Reste que toute cette affaire a eu des répercussions sur la façon dont elle a vécu ses derniers moments. «J'avais un poids sur la conscience et le coeur gros en nageant mercredi [dernier]», a-t-elle confié.
Maintenant que tout est terminé, Audrey Lacroix, 33 ans, a dit quitter le milieu la tête haute après une longue carrière marquée notamment par trois participations olympiques. «Je m'en vais la conscience tranquille. Je suis sereine avec ça.»