Sébastien Bouchard n'a pas perdu de temps, passant le K.-O. à 39 secondes du deuxième round au Hongrois Giuseppe Lauri.

Sébastien Bouchard passe du découragement à l'extase

Il a été sur le qui-vive toute la soirée, ne sachant pas à quel moment il grimperait dans le ring. Lorsque son tour est venu, à 22h30, Sébastien Bouchard n'a pas perdu de temps, passant le K.-O. à 39 secondes du deuxième round au Hongrois Giuseppe Lauri.
«Je suis passé par toute la gamme des émotions, le combat a été déplacé de 4e à 10e, tout était mélangé. Mais là, je suis aux anges», disait le boxeur de Baie-Saint-Paul, qui rentre au boulot, lundi matin.
Entouré d'amateurs, il a fallu l'attirer dans un coin pour qu'il nous parle de sa 11e victoire. «Je me suis préparé six fois. Ils m'ont même dit,: tu y vas si le prochain passe le K.-O. avant deux rondes. Sinon, ce sera [Custio] Clayton. On était découragé de se battre après [Lucian] Bute, sachant qu'il y avait du monde de partout pour me voir, ça ne me tentait pas de passer après le show...»
Bouchard s'est pointé sur le carré rouge plus calme qu'à l'habitude, n'ayant pas eu le temps de s'en faire. Il n'affichait aucune animosité envers son rival, entendait tout ce que ses entraîneurs lui disaient.
«J'ai regardé Giuseppe, c'était comme si j'allais faire du sparring, ç'a super bien été. Il s'agit de l'une de mes victoires les plus convaincantes par le fait que personne n'était capable de l'arrêter. Tout le monde de la boxe dit que je ne suis pas un cogneur, et de gagner de cette manière, ça va peut-être poliment fermer la boîte de bien des gens», résumait le débardeur de 28 ans qui a réussi à mettre en pratique la stratégie établie ces derniers mois pour envoyer son adversaire au tapis trois fois.
Ouvrir des portes
Selon lui, cette victoire pourrait lui ouvrir des portes. Déjà, son entraîneur indiquait que son prochain combat «devrait avoir lieu le 30 janvier, au Centre Bell», en marge du combat Pascal/Kovalev.
«Nous n'avons pas de promoteur, mais Sébastien est le boxeur québécois avec les plus belles opportunités, car il ne s'est jamais battu ailleurs qu'au Centre Bell, au Colisée Pepsi et au Centre Vidéotron, on ne peut pas se plaindre. Le résultat de ce soir va ouvrir des yeux», estimait François Duguay.
À la fin du premier round, il lui a suggéré de raccourcir son jab, d'en donner deux plus courts, «que ça allait rentrer plus facilement, ce qui a été le cas, car bang, Sébastien l'a pincé.» Au bout du compte, ce fut une bonne soirée pour eux.
«Si nous avions fait la carte, c'est la place où on aurait voulu qu'il se batte. Devant le monde. On a vécu des montagnes russes à savoir si on allait se battre ou non, mais le moment choisi était excellent, on ne peut pas demander mieux.»
<p>David Maltais</p>
Une page d'histoire
 
Mine de rien, c'est David Maltais, un garçon d'Alma déménagé à Vaudreuil, qui a inscrit son nom dans le livre d'histoire du Centre Vidéotron en y remportant le tout premier combat face à Lucnor Diserne. «C'était une belle chance de me faire voir, j'ai bien fait de venir. Ç'a été une bonne guerre pour inaugurer le Centre Vidéotron», disait celui qui n'a su que la semaine dernière si son adversaire était gaucher ou droitier... Pour ce qui est de Diserne, il était motivé à l'idée de poursuivre son aventure dans le ring. «Selon moi, j'étais en avance après trois rounds, mais j'ai connu une baisse de régime au dernier. Je pensais l'avoir emporté, mais c'est la boxe... Fernand m'a dit que ça avait bien été, on va travailler à corriger les petites erreurs», disait celui à qui Fernand Marcotte prédit un avenir dans la boxe, «mais ça dépend de lui».
Devant des gradins vides
La déception était palpable dans le clan de Lucnor Diserne après sa défaite en ouverture de gala. Mais ça n'avait rien à voir avec la décision majoritaire à la faveur de David Maltais. «Ma blonde est insultée, elle n'a pas pu rentrer pour voir le combat», disait Fernand Marcotte, après coup. À 18h30, Diserne - que les promoteurs ont aussi appelé Desere et Deserne, cette semaine - et Maltais ont entrepris leur combat devant des gradins vides, puisque les portes du Centre Vidéotron ouvraient en même temps. Les premiers spectateurs sont apparus vers la fin du deuxième round. «Elle venait voir Lucnor, pas les autres. Je ne sais même pas si elle va rester... Je connais plusieurs personnes qui étaient là pour lui, c'est dommage», ajoutait l'ancien champion canadien.