Sébastien Bouchard célèbre sa victoire contre Cédric Spera. Le Belge a mis le genou au sol au sixième et dernier round, forçant l'arbitre à arrêter le combat.

Sébastien Bouchard 2.0 victorieux

Avant de rentrer au vestiaire, Sébastien Bouchard a fait le tour du Colisée. Il a célébré sa victoire dans les estrades, pris des photos avec ses partisans, embrassé sa blonde. Il a même noté le nom d'une dame qui aimerait le commanditer! Sa carrière prend un nouvel élan.
Un élan qui a envoyé Cédric Spera au tapis au début du sixième et dernier round de leur affrontement. Le Belge de 25 ans, qui avait mis fin au rêve de retour de Stéphane Ouellet en septembre, a remis le genou au sol pour une deuxième fois à 1 min 43, forçant l'arbitre à arrêter le combat.
«Entre le cinquième et le sixième round, les gars dans le coin m'ont dit que ça allait bien, mais que je devais maintenant frapper en même temps que lui. C'est ce que j'ai fait... et voilà! C'était tellement un beau moment d'équipe!» s'est exclamé l'auteur d'une neuvième victoire en dix duels professionnels. Spera est dorénavant 11-3.
Il s'agissait d'un troisième triomphe par mise hors de combat au profit de Bouchard, mais d'un premier depuis ses deux premières sorties chez les pros, en 2011.
Toujours dirigé par François Duguay au club Empire de Sainte-Foy, il évolue aussi sous la houlette d'un nouvel entraîneur, Maxime Simard. Le pugiliste de Québec natif de Baie-Saint-Paul a ainsi «complètement changé de philosophie». Il est d'ailleurs entré en scène au son de la chanson Wind of Change (vent de changement), de Scorpions.
Cogner sans forcer
Cogner sans forcer, garder le sourire. «Quand j'allais trop à la guerre, je me menottais moi-même.» L'homme aux gants roses a cette fois évité de se hâter, attendant le moment propice. Même si son adversaire portait lui aussi des gants roses, moment unique dans l'histoire de la boxe.
«Avant, Boutch partait en maudit fou et il perdait ses jambes. On lui a dit de prendre son temps, de choisir son coup de poing», a constaté Duguay, qui a besogné dans trois des sept duels d'hier soir, à titre d'entraîneur ou d'homme de coin.
«Je suis persuadé qu'à son prochain combat, il sera plus fort. Aujourd'hui, on a vu le dixième de ce qu'il est capable de donner», a renchéri le coach Simard. Celui-ci veut garder Bouchard plus actif et vise quatre combats en 2015.
Tout le monde sera de retour dans le gymnase le 5 janvier, pour éviter une trop longue période d'inactivité comme les sept mois précédant le rendez-vous avec Spera. Pesé à 153,6 livres jeudi, Bouchard avait gonflé jusqu'à 182 livres durant cette pause involontaire. Devant en chemin refuser quelques offres de dernière minute, dont une contre Joachim Alcine.
Bouchard émet le souhait de trouver une place sur la carte du 14 mars mettant en vedette Jean Pascal et Sergey Kovalev, au Centre Bell de Montréal.
N'empêche que demain, il rentre au boulot. Le vrai. Bouchard décharge des céréales dans le port de Québec, pour Bunge Canada, les silos. Et tant qu'il n'aura pas de contrat avec un promoteur, il en restera ainsi.