Auteur de 12 sacs cette saison, l’ailier défensif des Jaguars de Jacksonville Yannick Ngakoue est une étoile montante bénéficiant de la présence du coordonnateur défensif Tood Wash, qui a implanté un système similaire à celui des Seahawks de Seattle.

Seattle, le modèle à suivre

JACKSONVILLE — Les Seahawks de Seattle ne se sont pas qualifiés pour les séries, mais on peut dire d’une certaine manière que la défensive de l’équipe, elle, sera sur le terrain en fin de semaine.

En effet, le schéma de jeu qui a permis aux Seahawks de connaître du succès et d’atteindre deux Super Bowl de suite (XLVIII et XLIX) a depuis ce temps été copié un peu partout à travers la NFL. C’est d’ailleurs grâce à une défense calquée sur celle de Seattle que les Falcons d’Atlanta sont parvenus à remporter le championnat de l’Association nationale la saison dernière. Et on peut en dire autant des Jaguars de Jacksonville, qui sont parvenus à se qualifier pour les éliminatoires cette saison grâce à leur défensive. Les Chargers de Los Angeles et les 49ers de San Francisco, deux équipes qui ont connu du succès en fin de saison, font également partie des «copieurs».

Rien de surprenant dans tout ça, dans une ligue où les recettes à succès sont souvent dupliquées par les autres formations. De plus, certains anciens assistants du patron des Seahawks, Pete Carroll, étant devenus à leur tour entraîneurs-chefs ailleurs, la formule ne pouvait pas demeurer l’apanage d’une seule équipe pendant très longtemps...

«Même si mes anciens adjoints ont appliqué leur propre version du système, il y a beaucoup de similarités», a reconnu Carroll.

Ainsi, les Jags ont réussi à masquer leurs faiblesses en attaque, portés vers les séries par leur défensive qui a terminé au deuxième rang de la NFL au chapitre des verges allouées, des points accordés et des sacs. Les Chargers se sont classés au troisième rang pour les points accordés, n’accordant plus de 21 points que seulement deux fois dans leurs 11 dernières rencontres. Les Falcons (8e pour les points accordés) et les Seahawks (13e malgré plusieurs blessures) ont également bien fait cette année à ce chapitre. Quant aux 49ers, ils n’ont accordé en moyenne que 19,9 points lors de cinq dernières rencontres; toutes des victoires, dont trois obtenues contre des équipes s’étant qualifiées pour les éliminatoires.

«L’arbre généalogique» de Pete Carroll

Les hommes derrière ces succès, le coordonnateur défensif des Chargers Gus Bradley, celui de la défensive des Falcons, Marquand Manuel, son homologue des 49ers Robert Saleh, l’entraîneur-chef d’Atlanta, Dan Quinn et le patron de la défense des Jaguars, Todd Wash, proviennent tous de «l’arbre généalogique» de Carroll. D’ailleurs, à l’exception de Quinn, ils faisaient tous partie du même personnel d’entraîneurs en 2012. 

«Ça fait plaisir à voir», dit Carroll. Je suis content de voir que les gars ont obtenu une chance ailleurs et qu’ils ont connu de beaux succès.» S’il n’hésite pas à donner crédit à ses anciens acolytes, les membres de la défensive de Seattle, la «Legion of Boom», ne semblent pas partager ce point de vue.

«Il n’y a qu’une seule défensive des Seahawks», lance le secondeur Bobby Wagner. Il a peut-être raison. Après tout, les Seahawks ont été la seule équipe parmi ce groupe à avoir remporté les grands honneurs.

En 2013, Seattle a mené la Ligue pour les points accordés (14,4 par rencontre) et les verges allouées (273,6), en plus de provoquer un sommet de 39 revirements, en route vers une victoire convaincante de 43-8 au XLVIIIe SB contre les Broncos de Denver, qui avaient inscrit un total de 606 points en saison régulière.

Lors de cette même année, à quelques milliers de kilomètres de là, Bradley et Wash ont commencé à construire les fondations de l’actuelle défensive des Jaguars. 

Stopper la course d’abord

Deux ans plus tard, Quinn quittait son mentor Carroll pour installer un système similaire à Atlanta, avec l’aide de Manuel. À ce moment, Kyle Shanahan, même s’il était le coordonnateur à l’attaque des Falcons, a pris des notes et a amené Saleh avec lui à San Francisco pour tenter de construire une défensive à partir du même moule. Après avoir échoué comme entraîneur-chef à Jacksonville, Bradley s’est quant à lui refait une bonne réputation chez les Chargers.

«Le point de départ de ce système est de contrer la course», affirme Shanahan. «Grâce à des joueurs qui couvrent beaucoup de terrain, il est difficile de s’implanter et de frapper avec de longs jeux contre une telle défense.»

La base du système défensif de la «Legion of Boom» consiste à placer huit joueurs — sur 11 — tout près de la ligne de mêlée afin de dissuader les équipes à courir. En appliquant de la pression sur le quart adverse, ces huit joueurs permettent ainsi au demi de sûreté resté derrière et aux deux demis de coin d’attaquer les receveurs qu’ils doivent couvrir de manière agressive, créant au passage de nombreux revirements. Afin d’empêcher les gros jeux, le système doit surtout reposer sur des secondeurs, petits et rapides, qui peuvent se lancer vers l’avant pour stopper le jeu au sol ou revenir à l’arrière rapidement en couverture de passe. 

La clé : la vitesse

Le grand point commun de toutes les équipes utilisant cette approche est qu’elles peuvent compter sur des joueurs rapides, souvent des vedettes à leur position. Seattle peut notamment compter sur Wagner, le demi de coin Richard Sherman et les demis de sûreté Earl Thomas et Kam Chancellor.

Les Chargers, eux, lancent dans les pattes des passeurs adverses des marchands de vitesse comme les secondeurs Melvin Ingram et Denzel Perryman, le joueur de ligne Joey Bosa et le demi de coin Casey Hayward. Los Angeles a d’ailleurs récolté 43 sacs, le cinquième plus haut total du circuit. 

Les Jaguars, deuxièmes avec 55 sacs, misent sur les vétérans joueurs de ligne Calais Campbell et Malik Jackson, sans oublier l’ailier défensif Yannick Ngakoue, une étoile montante ayant récolté 12 sacs cette saison. Les secondeurs Myles Jack et Telvin Smith comptent parmi les athlètes les plus rapides à cette position. 

Au bout du compte, même si les Seahawks seront absents du tournoi de fin de saison pour la première fois depuis 2011, leurs clones d’Atlanta et de Jacksonville seront tous deux en action cette fin de semaine, une certaine forme de consécration pour le schéma défensif qui a connu le plus de succès ces dernières années.

Le quart des 49ers, Jimmy Garoppolo, a résumé assez simplement la chose : «Le schéma de Seattle, c’en est un très bon.»

Reste à voir s’il permettra à Jacksonville de vaincre Buffalo, dimanche (13h), et aux Falcons de venir à bout des Rams de Los Angeles (samedi, 20h15).