L'ancien de la NBA et entraîneur adjoint de l'équipe de l'université d'Auburn, Chuck Person, fait partie des dix personnes interpellées par la justice américaine.

Scandale de corruption en basket universitaire

La justice américaine a inculpé et interpellé 10 personnes dans le cadre d'un scandale de corruption dans le basketball universitaire, notamment un cadre dirigeant de l'équipementier Adidas ainsi qu'une ancienne étoile de NBA, Chuck Person.
Le directeur marketing d'Adidas en charge du basketball, Jim Gatto, aurait notamment contribué au versement de plusieurs centaines de milliers de dollars à des joueurs-vedette des écoles secondaires afin qu'ils s'engagent avec une université, selon les documents publiés mardi par les services du procureur fédéral de Manhattan, Joon H. Kim.
Les noms du joueur et des universités n'apparaissent pas dans les documents, mais l'université de Louisville (Kentucky), qui possède l'un des meilleurs programmes de basket universitaire du pays, a confirmé mardi qu'elle était bien concernée par l'enquête.
C'est un nouveau coup dur pour Louisville, qui a déjà été mêlée à un scandale concernant ses méthodes de recrutement des joueurs des écoles secondaires, s'assurant, entre autres, les services de prostituées pour faire la différence.
Lors de sa conférence de presse, le procureur Kim a refusé de donner des noms d'universités ou de citer le nom d'Adidas. Il a indiqué qu'à ce stade de l'enquête, aucun élément ne permettait de dire que les autorités des universités étaient au courant de ce manège.
Lire les documents des inculpations, c'est faire un voyage dans «les bas-fonds du basket universitaire», a déclaré le procureur fédéral.
«Nous avons appris aujourd'hui que des agents fédéraux avaient interpellé un employé d'Adidas», a commenté une porte-parole d'Adidas aux États-Unis. «Nous ne sommes au courant d'aucune infraction et allons coopérer avec les autorités pour en savoir davantage.»
Entraîneurs impliqués
Le sport universitaire est théoriquement amateur aux États-Unis et soumis à des règles très strictes, qui entraînent suspensions et radiations en cas d'infraction.
Mais les deux sports majeurs universitaires, le football et le basketball, génèrent des milliards de dollars par an pour les facultés, l'organisation qui gère le sport universitaire aux États-Unis (NCAA), ainsi que les entraîneurs, sans que les joueurs ne reçoivent un centime de cette manne colossale.
Selon une étude du site Business Insider publiée en 2016, 24 universités américaines ont dégagé plus de 100 millions $ de revenus annuels tirés de leurs divers programmes sportifs.
Les inculpations annoncées mardi concernent également des entraîneurs qui officient au sein de certaines équipes. Ils sont accusés de s'être entendus avec des agents pour inciter certains joueurs à s'engager avec ces intermédiaires, une fois devenus professionnels.
Parmi eux figure notamment Chuck Person, entraîneur adjoint de l'équipe de l'université d'Auburn. Durant les années 80 et 90, cet ailier a joué plus de 900 matches dans la NBA.
Outre Auburn, des programmes très réputés sont mis en cause comme Oklahoma State, Arizona State et USC.
Pour le procureur Kim, ces techniciens ont abusé de la confiance de jeunes gens qui «croyaient que les entraîneurs agissaient dans leurs intérêts». Ils «ont ignoré les feux rouges pour ne voir que le vert de l'argent liquide qui leur arrivait», a-t-il ajouté.
Inculpés de multiples chefs d'accusation, les prévenus risquent tous plusieurs dizaines d'années de prison. «Ces allégations, si elles sont avérées, dépeignent une entorse extraordinaire et écoeurante à [la] confiance» que placent les joueurs et leurs familles dans l'encadrement sportif, a commenté le président de la NCAA, Mark Emmert.
«La fraude, la tromperie et la corruption [...] contaminent tout ce qui est bon et pur autour», et «il n'y a pas de place [pour ces comportements] dans le sport universitaire», a fait valoir le procureur Kim. «Nous espérons que ces inculpations et ces interpellations contribueront à garder [ce] sport propre et honnête.»