Samuel Blais, l'étoile pee-wee tranquille

NDLR: En marge du 7e match de la finale de la Coupe Stanley, retour en arrière. Car il y a longtemps que le talent de Samuel Blais des Blues de St.Louis fait tourner les regards. En février 2008, son équipe a joué au Colisée au Tournoi international de hockey pee-wee. Le Soleil y était.

Il y a 12 mois, Samuel Blais dominait outrageusement le circuit atome. Relayés par YouTube et les forums de discussion, ses exploits sur patins impressionnaient tellement que les grands médias de Québec ont fait du hockeyeur de 10 ans leur étoile du jour. La tornade populaire a atteint son paroxysme au tournoi de Lévis, quand ses parents ont émis un communiqué pour demander de laisser leur fils tranquille.

L'eau a coulé sous la Zamboni depuis. S'il continue de marquer des buts à la pochetée, le petit numéro 19 a troqué son gilet des Alliés de Montmagny-l'Islet atome BB pour celui de l'Express de la Rive-Sud Est pee-wee AA. Il a maintenant 11 ans, mais sa saison 2006-2007, il ne l'a pas oubliée. 

«Au début, c'était correct, mais après, c'est devenu plus dur», raconte le jeune Blais, timidement, à sa sortie du vestiaire. Sa tuque de l'Express bien enfoncée sur ses grands yeux d'enfant, il avoue que toute cette attention lui a semblé un peu exagérée. Et soyez sûrs qu'elle ne lui manque pas.


« Au début, c'était correct, mais après, c'est devenu plus dur »
Samuel Blais, à propos de l'attention dont il a été l'objet alors qu'il jouait atome

Son équipe vient de débuter le Tournoi international pee-wee de Québec avec une victoire de 2-0 aux dépens des Sélects de la Suisse Est. Il n'a pas marqué, n'a obtenu aucune aide, mais son sourire dit tout. «Ça me stressait un peu», confie-t-il au sujet de ses premiers coups de patins dans l'amphithéâtre de 15 000 sièges, où il a toutes les chances de revenir l'an prochain.

De son calibre

Quant au niveau de jeu des pee-wee, «c'est plus dur que dans l'atome», avoue d'emblée celui qui mène son club au chapitre des compteurs avec 10 buts et 15 passes en 20 rencontres de saison. Rien à voir avec ses quelque 150 points enregistrés l'hiver dernier, diront plusieurs. Non, bien sûr. Mais comme l'explique son entraîneur, «c'est de comparer des poires avec des oranges».

«Maintenant, il joue avec des joueurs de son calibre. Dans le AA, ils sont tous bons, expose simplement Guy Bélanger. Et c'est sa première année dans le pee-wee, c'est une année d'adaptation.» Bélanger affirme que le petit gabarit de Blais rend la chose «plus tough sur le bord des bandes», alors que plusieurs de ses adversaires âgés de 12 ans le dépassent d'une tête. «Mais comme il est très fort mentalement, il s'en sort bien.»


« Il faut juste le laisser vivre sa jeunesse, il faut le laisser jouer au hockey. »
Guy Bélanger, entraîneur de l'Express de la Rive-Sud Est pee-wee AA

À l'époque pilote des Commandeurs de Pointe-Lévy dans le pee-wee CC, l'entraîneur dit avoir observé l'engouement pour Blais d'un oeil incrédule. «Ce n'était pas normal pour un jeune de cet âge-là», soutient Bélanger, qui n'a toutefois pas abordé la question avec son nouveau joueur de centre en début de campagne. «Il faut juste le laisser vivre sa jeunesse, il faut le laisser jouer au hockey», résume le coach .

C'est exactement ce qu'il fera jeudi matin, encore une fois sur la glace du Colisée, pour le deuxième match de son équipe aux Pee-wee. L'Express de la Rive-Sud Est affrontera alors les Voltigeurs de Drummondville. Aucune caméra ni micro ne sera braqué sur Samuel Blais. Et il ne s'en portera que mieux.

Le Soleil, 16 février 2008