«Si tu m’avais dit que je compterais 48 buts, j’aurais dit que tu étais fou!» a admis Samuel Asselin lui-même, vendredi matin, à quelques heures du premier match de la série huitième de finale entre les Mooseheads de Halifax (49-15-2-2) et les Remparts de Québec (27-28-7-6).

Samuel Asselin s'est surpris lui-même cette saison

HALIFAX — Que celui ou celle qui avait prévu en début de saison que Samuel Asselin serait champion buteur de la LHJMQ se lève. Et s’achète un 6/49!

«Si tu m’avais dit que je compterais 48 buts, j’aurais dit que tu étais fou!» a admis Asselin lui-même, vendredi matin, à quelques heures du premier match de la série huitième de finale entre les Mooseheads de Halifax (49-15-2-2) et les Remparts de Québec (27-28-7-6).

Mais après l’avoir dirigé tout l’hiver, l’entraîneur-chef des Mooseheads, Éric Veilleux, certifie que son petit centre de 20 ans poursuivra son parcours dans les rangs professionnels, l’an prochain.

«Je suis à 100 % sûr qu’il va jouer dans la Ligue américaine. J’en suis persuadé! Le club qui va le signer va être très content. Je suis surpris» que personne ne l’ait encore embauché, affirme Veilleux, qui revient de deux saisons comme entraîneur-chef dans la LAH.

Avant cette saison, Asselin n’avait jamais marqué plus de 17 buts durant un calendrier régulier, c’était il y a deux ans.

L’an dernier, c’est 13 buts qu’il avait récoltés au fil d’une campagne partagée entre les Cataractes de Shawinigan, avec qui il avait atteint la finale de la Coupe du Président en 2016, et le Titan d’Acadie-Bathurst, avec qui il a gagné la Coupe du Président et la Coupe Memorial, en 2018. Cette année, les Mooseheads sont l’équipe hôtesse de la Coupe Memorial.

Des tirs bedaine

Si l’attaquant de L’Assomption n’a «aucune idée» de la cause de son explosion offensive, il pointe du côté de la confiance. «J’ai toujours eu des chances de marquer, mais je lançais dans le logo du gilet du gardien, sur la barre horizontale, les poteaux. J’avais mes chances, mais je manquais souvent», dit-il.

Mais l’an dernier, il a inscrit 11 points en séries avec Bathurst, puis encore cinq buts dans les quatre matchs du Titan à la Coupe Memorial. «J’ai ensuite participé à un camp pro [Blue Jackets de Columbus]. Puis je suis arrivé à Halifax, où Bathurst m’a échangé après un match en saison, et j’avais confiance. J’ai 20 ans, de l’expérience, ma tête est là et les entraîneurs m’ont fait confiance toute l’année», énumère Asselin.

Après quatre ans à coacher aux États-Unis, Veilleux reconnaît que malgré tous les bons mots de ses adjoints lors de l’acquisition d’Asselin en septembre, il ne le connaissait pas et l’a d’instinct placé au sein du troisième trio des Mooseheads.

«Un moment donné, on l’a mis sur la deuxième unité du jeu de puissance et il a commencé à marquer. Puis il a continué, il a continué, il a continué. Avec les blessés, il s’est retrouvé sur la première unité. Et il a continué à marquer, mais aussi à bien faire les autres choses», souligne celui qui estime que l’expérience d’Asselin dans les matchs-clés «n’a pas de prix».

Trop penser au 50e but

Pourvu qu’il continue à se concentrer sur ce qui se passe au présent et non ce qui pourrait arriver dans le futur. Comme un contrat pro, sujet dont ses agents ne lui parlent plus.

«C’est comme à la fin de l’année, quand j’approchais de mon 50e but. Je n’avais jamais pensé avoir ça! Je me disais : “Je le veux, je le veux.” Mais ça n’arrivait pas justement parce que j’y pensais trop.» Asselin n’a pas marqué à ses quatre derniers matchs, enfilant un seul but à ses sept plus récentes sorties.

«Je n’ai aucune idée quelle équipe est intéressée et je n’ai pas le goût de savoir. Qu’ils me sortent un papier et je vais le signer! Mais en ce moment, je me concentre à aider les Mooseheads à gagner et je profite de ma dernière ride dans le junior. Les recruteurs disent souvent que je suis trop petit, que je patine d’une drôle de façon, mais je fais la job pareil!» conclut-il avec aplomb.

L’épanouissement d’Asselin rappelle celle d’Alex Barré-Boulet, champion buteur et pointeur dans la LHJMQ l’an dernier avec 53 buts et 116 points, à 20 ans. Le natif de Montmagny a ensuite été embauché à titre de joueur autonome par le Lightning de Tampa Bay et il connaît une campagne de 30 buts et 58 points en 64 rencontres dans la LAH. Les deux mesurent 5’ 10”.

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PATRICK ROY ET ÉRIC VEILLEUX SONT LIÉS

HALIFAX — Ne soyez pas surpris si jamais Patrick Roy et Éric Veilleux se lancent dans un jeu médiatique durant cette série. Et prenez-le avec un grain de sel. Car l’entraîneur-chef des Remparts et son vis-à-vis des Mooseheads se ressemblent : deux orgueilleux qui ont eu du succès par le passé et qui se connaissent surtout très bien.

À l’été 2016, Roy, en sa qualité d’entraîneur-chef du Colorado dans la LNH, avait chaudement recommandé Veilleux pour le poste avec le club-école de la LAH, à San Antonio. «Je voulais avoir un gars avec qui je savais que je pourrais bien m’entendre au sein du club ferme et qu’on aurait une philosophie semblable. Je sentais que ç’aurait fait un bon mixte, mais ça ne s’est malheureusement pas concrétisé», explique Roy, qui a remis sa démission à l’Avalanche quelques semaines plus tard.

«Avant d’accepter, j’avais parlé à Pat et on était sur la même longueur d’ondes quant à la façon de diriger une équipe. Alors je me suis dit que c’était un bon endroit pour moi. Mais quand il est parti, ma vision est devenue différente de celle de la nouvelle direction», élabore pour sa part Veilleux, qui a maintenu une fiche de 62-73 avec le Rampage et raté les séries à ses deux années à la barre.

Roy et Veilleux sont de retour cette année à la tête d’une formation junior, où ils ont davantage les coudées franches. Plus question de récompenser les joueurs qui ne travaillent pas, résume Veilleux, regrettant que le rang de repêchage et le salaire influencent trop souvent l’utilisation des joueurs dans les rangs professionnels affiliés.

Sans être des amis proches, les deux hommes se respectent encore beaucoup et ne manquent pas d’aller souper ensemble après un match entre leurs équipes en saison régulière. Ils ont de plus amorcé leur carrière d’entraîneur-chef dans la LHJMQ à tout juste un mois d’intervalle, à l’automne 2005. Olivier Bossé