Les Remparts se sont effondrés en troisième période, accordant 6 buts sur 9 lancers, en route vers une défaite de 8-3 face à Charlottetown.

Saison terminée pour les Remparts

La plus importante période de la saison des Remparts s’est transformée en désastre, mardi soir.

Quatre buts des Islanders de Charlottetown dans les cinq premières minutes du troisième engagement ont donné le coup de grâce à la saison des Diables rouges, éliminés pour une troisième saison consécutive en première ronde. Les Islanders ont finalement remporté le match 8-3, au Centre Vidéotron.

Ils poursuivront leur route en deuxième ronde des séries éliminatoires de la LHJMQ, contre les Mooseheads d’Halifax. Contrairement aux Remparts, qui voient leurs espoirs d’un long parcours au printemps prendre fin hâtivement.

En sortant du vestiaire après son discours d’après-match, Philippe Boucher a poussé un long soupir. Une fois assis à son bureau, il a fixé le vide pendant quelques instants.

«Je suis émotif un peu, j’ai gardé ça court», a commenté Boucher en parlant de son discours dans le vestiaire. «On leur dit de garder la tête haute. Je suis fier d’eux autres. Cette année, on a tout mérité. Malheureusement, on n’a pas mérité de gagner la septième game

À la vitesse de l’éclair

Dans les profondeurs du Centre Vidéotron, les ambiances étaient à l’opposée, après la dernière sirène. Côté Islanders, les cris retentissaient. Côté Remparts, un silence de mort. Tout ça à cause de quatre minutes, pour lesquelles les perdants étaient à court d’explications.

«Je peux juste dire qu’en ce moment, je n’ai pas de réponse pantoute», a lancé le gardien Antoine Samuel, victime de six buts. «Et que j’en n’aurai probablement pas dans deux semaines ou dans deux mois. C’est vraiment plate ce qui est arrivé en troisième.»

«Si t’es capable de me les expliquer, je vais t’écouter», a répondu Boucher à un journaliste, parlant des minutes fatales. «[Dans les deux premières périodes], on était confiants, on jouait bien, on avait nos chances, on faisait bien les choses. Tout allait bien.»

Car oui, les Remparts étaient plus que jamais dans le coup après 40 minutes, alors qu’une impasse de 2-2 régnait. Les deux premiers buts des visiteurs, ceux de Pascal Aquin — son premier de quatre — et de Daniel Hardie, avaient en outre été le résultat de déviations chanceuses. Et les locaux avaient chaque fois répliqué en vitesse, grâce à Andrew Coxhead et à Philipp Kurashev. 

Comme l’a indiqué l’entraîneur-chef des gagnants, rien ne laissait présager pareille débandade en troisième. «Avant cette période, la série était à égalité pour les buts, presque à égalité pour les tirs. Finalement, le barrage a cédé pour nous», s’est réjoui Jim Hulton.

Aquin (0:28), Cameron Askew (3:27), Sullivan Sparkes (3:46) et Aquin de nouveau (4:20) ont fait vibrer les cordages derrière Samuel au début du troisième vingt. Dans ces cas-ci, de très jolis buts, où la défensive des Remparts a paru pétrifiée.

«Ce sont des choses qui arrivent dans un match 7. C’est dur à expliquer, c’est dur à avaler, mais il faut l’accepter», a affirmé le capitaine Matthew Boucher, les yeux rougis par l’émotion.

Olivier Garneau a marqué le troisième but des Diables rouges; Taylor Egan et Aquin, celui-là dans un filet désert, ont inscrit les derniers filets des gagnants.

Les Remparts devaient se débrouiller sans Jesse Sutton, blessé à une jambe. Combinée à l’absence prolongée de Mikaël Robidoux et à l’état de santé précaire de Philipp Kurashev, cette blessure a peut-être coûté cher à l’équipe de Québec. «J’aurais aimé affronter les Islanders en santé», a souligné Boucher père.

+

LA BONNE VIEILLE ROUTINE

Les joueurs des Remparts étaient excités dans les heures précédant le match ultime de mardi, selon Philippe Boucher. Lorsque les émotions ont des chances de prendre le dessus, s’accrocher à une routine bien établie revêt une grande importance, a expliqué l’entraîneur-chef.

«On a toujours un petit meeting en début de saison sur l’importance de se créer une routine. J’en ai un à la maison [Matthew Boucher] qui a une routine, Olivier Garneau a une routine. Mais souvent, les plus jeunes n’en ont pas. Tu ne veux pas voir un changement d’attitude majeur [avant une rencontre ultime]. Ça reste un match de hockey», a affirmé Boucher, deux heures avant la rencontre, assurant du même souffle qu’il aimait l’attitude de sa troupe à l’aube du plus important rendez-vous de la saison, qu’ils ont finalement perdu.

+

FIN DE PARCOURS DANS LES PLEURS

Comme ses coéquipiers Antoine Samuel et Andrew Picco, la défaite des Remparts mardi marque la fin pour le capitaine Matthew Boucher dans la LHJMQ.

Trois joueurs des Remparts ont terminé leur parcours junior dans les pleurs, mardi soir. Matthew Boucher, Antoine Samuel et Andrew Picco ont vu le ciel leur tomber sur la tête en quelques minutes. Et une page se tourner plus abruptement que prévu.

Le capitaine Boucher et le gardien Samuel se sont d’ailleurs fait une longue accolade sur la glace, tout de suite après la sirène annonçant la défaite de 8-3 des Remparts. Signe que le moment était important. Et douloureux.

«C’est difficile, honnêtement», a laissé tomber Boucher. «J’ai passé les trois plus belles années de ma carrière de hockey ici, à Québec. Je ne peux pas remercier assez mes coéquipiers et les partisans qui m’ont supporté. Mais ça fait partie de la vie. C’est une étape qui se termine. Et j’ai hâte de voir ce qui s’en vient», a ajouté le petit attaquant, jamais repêché dans la LNH.

C’est aussi la fin d’une longue relation entraîneur-joueur entre papa et fiston. Matthew, doit-on le rappeler, est le fils du Remparts en chef. «On n’en a pas parlé souvent, mais quand tu es le fils du coach, tu t’ouvres à la critique», a commenté Philippe Boucher. «Il a bien fait ça. C’était notre capitaine, c’était mérité et c’était incontesté dans la chambre. Il peut être fier de sa carrière, parce que c’était un choix de septième ronde, dont le coach midget AAA disait qu’il n’allait jamais jouer junior. Il a fait mentir plusieurs personnes.»

«Quatre ans mouvementés»

De son côté, Samuel n’a pu retenir ses larmes devant les journalistes. Il a craqué en parlant de son collègue Dereck Baribeau, le gardien numéro un des Remparts en début de saison, devenu numéro 2 à l’arrivée de Samuel depuis Baie-Comeau. «Il a été fantastique depuis que je suis arrivé ici. Il m’a vraiment bien accueilli. Il méritait de jouer, c’est un bon gars. Je suis content qu’il ait pu jouer un peu.»

Il aurait préféré meilleur scénario, toutefois : Samuel a été retiré après le sixième des huit buts des Islanders, mardi. Baribeau a joué une dizaine de minutes en troisième, puis le premier est revenu dans la rencontre pour les quatre dernières minutes du match.

Un beau geste de l’entraîneur-chef, qui soulignait ainsi la fin du parcours junior du gardien de 20 ans. «Ça montre bien qui est Philippe Boucher. C’est un gars humain», a commenté le principal intéressé, toujours très articulé.

Samuel a parlé de son séjour chez les juniors comme d’un «quatre ans mouvementés» pas toujours facile. «Mais j’ai rencontré du monde incroyable, j’ai eu des opportunités incroyables, j’ai vécu des beaux moments», a-t-il indiqué, parlant de son court passage à Québec comme du plus beau. À l’instar de Boucher, Samuel n’appartient à aucune équipe de la LNH.

L’entraîneur-chef a souligné l’apport de ces trois finissants pendant son discours d’après-match, dans le vestiaire. Et il l’a fait de nouveau au cours de son point de presse. «On a trois 20 ans qui ont eu de belles carrières junior. Il ne faut pas qu’ils se souviennent juste de ce dernier match. […] Je pense qu’ils laissent un bel héritage à nos jeunes», a conclu Philippe Boucher.