Des 10 équipes inscrites au championnat de 2019, seules Mercedes, quintuple championne en titre, et Haas ont opté pour le statu quo avec leur duo de pilotes.

Saison 2019 de F1: chaude lutte derrière les écuries de pointe

MONTRÉAL — Les amateurs de Formule 1 auront peut-être besoin d’un peu de temps pour se familiariser avec le nouveau peloton de pilotes qui se retrouvera sur la grille de départ du Grand Prix d’Australie de Formule 1, à la suite d’un hiver mouvementé.

Des 10 équipes inscrites au championnat de 2019, seules Mercedes, quintuple championne en titre, et Haas ont opté pour le statu quo avec leur duo de pilotes.

Ferrari a «échangé» son vétéran Kimi Raikkonen à Sauber — désormais Alfa Romeo — en retour du jeune prodige Charles Leclerc, alors que Red Bull a remplacé bien malgré elle Daniel Ricciardo par l’espoir Pierre Gasly.

La lutte promet d’être vive derrière les trois équipes de pointe, et de nombreux observateurs s’interrogent sur la capacité de Ricciardo de donner l’avantage à sa nouvelle équipe, Renault, sur ses principales rivales des dernières saisons : Haas et Force India — maintenant SportPesa Racing Point, qui appartient au père du pilote québécois Lance Stroll, le milliardaire Lawrence Stroll.

Stroll ne pourra certes pas faire pire que l’an dernier, alors qu’il roulait en queue de peloton derrière le volant de la misérable Williams. Le directeur technique de Racing Point, Andy Green, a cependant laissé entendre pendant les essais hivernaux qu’il s’agira d’une saison de transition pour l’équipe installée à Silverstone, puisque la voiture était déjà pratiquement complétée lorsque Lawrence Stroll et son consortium ont pris possession de Force India en août dernier.

«Auparavant, nous devions attendre indéfiniment du côté de la production, jusqu’à ce qu’un nouveau package aéro en vaille la peine, a expliqué Green à Auto Motor und Sport.

«Maintenant, si nous trouvons quelques dixièmes en soufflerie, les modifications seront mises en place immédiatement. Tout à coup, nous obtenons toutes nos pièces en temps et en heure. C’est une toute nouvelle façon de travailler pour nous. C’est presque un choc. Nous sommes en train de devenir une équipe normale. En 2020, nous voulons vraiment faire un grand pas en avant. C’est pourquoi nous avons déjà commencé à travailler sur la prochaine voiture», a-t-il ajouté.


« Il va falloir qu’on travaille sur notre constance cette saison, mais selon moi il ne fait aucun doute qu’on va pouvoir se battre pour des podiums. »
Lance Stroll

En ce sens, lors du dévoilement de la voiture SportPesa Racing Point en février à Toronto, Stroll et son coéquipier Sergio Perez n’ont pas caché leur excitation à l’idée d’amorcer une nouvelle ère.

«Il va d’abord falloir voir où nous nous trouverons par rapport aux autres, puis bâtir là-dessus jusqu’au Grand Prix d’Espagne, où traditionnellement toutes les équipes apportent leurs premières innovations techniques, a expliqué Stroll à La Presse canadienne. Il va falloir qu’on travaille sur notre constance cette saison, mais selon moi il ne fait aucun doute qu’on va pouvoir se battre pour des podiums.»

L’imprévisibilité en milieu de peloton est rehaussée par la présence de trois recrues en Lando Norris (McLaren), Alexander Albon (Toro Rosso) et George Russell (Williams), qui ont tous fait leurs marques dans des séries inférieures. Il faudra aussi avoir à l’œil le retour des pilotes qui ont une certaine expérience en F1, tels que Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo), Daniil Kvyat (Toro Rosso) et Robert Kubica (Williams) — titularisé par l’équipe britannique huit ans après son grave accident en rallye.

D’ailleurs, s’il n’y a qu’une certitude sur laquelle miser cette saison, c’est que Williams croupira de nouveau en fond de grille.

Dix jours seulement avant le Grand Prix d’Australie, le directeur technique Paddy Lowe a annoncé qu’il «a pris congé de l’entreprise pour des motifs personnels». Lowe n’est pas le premier membre de la direction à quitter le navire, puisque le responsable de l’aérodynamique Dirk de Beer, le concepteur en chef Ed Wood et le directeur de la performance, Rob Smedley, ont tous claqué la porte depuis l’année passée.

De plus, Williams a raté les deux premières journées des essais hivernaux le mois dernier à Barcelone, et elle a enregistré systématiquement les pires chronos des séances d’essais, à plus de deux secondes des écuries de pointe — telles que Mercedes et Ferrari.