Le Slovaque Peter Sagan s’est emparé du maillot jaune en remportant dimanche la deuxième étape du Tour de France présentée entre Mouilleron-Saint-Germain et La Roche-sur-Yon.

Sagan gagne et change de maillot au Tour de France

LA ROCHE-SUR-YON — Champion du monde et maillot jaune : Peter Sagan a gagné le sprint agité de la deuxième étape et a pris la tête du Tour de France, dimanche, à La Roche-sur-Yon, à la veille du contre-la-montre par équipes.

La tension, toujours forte en début de Tour, a provoqué une série de chutes. La plus importante, à 1800 mètres de la ligne, a sectionné le peloton et anéanti les chances du Colombien Fernando Gaviria de rééditer son succès de Fontenay-le-Comte et garder le maillot jaune.

C’est un sprint en petit comité, une quinzaine de coureurs, que Sagan a enlevé pour signer sa neuvième victoire d’étape dans le Tour. Mais le Slovaque s’est imposé de justesse face à l’Italien Sonny Colbrelli dans cette arrivée jugée en faux-plat montant.

«J’ai eu de la chance que Colbrelli ne me saute pas sur la ligne», a reconnu le champion du monde, qui avait été exclu du Tour l’an passé pour sprint dangereux. La «rock-star» du peloton avait été disculpé quelques mois plus tard par la fédération internationale.

Arnaud Démare a pris la troisième place de cette étape de 182,5 kilomètres devant l’Allemand André Greipel. «Je lance tôt», a expliqué le Français. «Je n’avais pas trop le choix, j’étais devant et je ne voulais pas me faire déborder».

L’échappée de Chavanel

Cette très chaude journée, par une température supérieure à 30 degrés, a été animée par la très longue échappée de Sylvain Chavanel, qui s’est offert une journée d’applaudissements pour ce qu’il avait annoncé être sa dernière participation.

Parti avec le Néo-Zélandais Dion Smith et l’Autrichien Michael Gogl dès les premiers kilomètres, Chavanel s’est retrouvé seul au 35e kilomètre. Gogl s’est relevé et Smith l’a imité. Mais le doyen du peloton français (39 ans) a continué pour un festival aux allures de jubilé.

Chavanel a ouvert la route dans le bocage, entre deux haies serrées de spectateurs, d’autant que son équipe Direct Énergie, dirigée par Jean-René Bernaudeau qui fêtait dimanche son 62e anniversaire, évolue à domicile en Vendée. Le Poitevin a compté un peu plus de quatre minutes d’avance sur le peloton conduit par l’équipe de Gaviria.

L’aventure s’est prolongée jusqu’à 14 kilomètres de l’arrivée. «Je me suis fait plaisir», a souri celui qui détient désormais seul le record des participations (18). Depuis 2001, le Français n’a pas raté une seule édition!

Le peloton a vécu au rythme des chutes. L’Espagnol Luis Leon Sanchez, quatre fois vainqueur d’étape par le passé, a dû jeter l’éponge à 40 kilomètres. Il avait été précédé dans la liste des abandons par l’Éthiopien Tsgabry Grmay, malade (douleurs abdominales).

À l’approche de La Roche-sur-Yon, le Britannique Adam Yates, quatrième du Tour en 2016, et le Suisse Silvan Dillier, un coéquipier de Romain Bardet précieux pour le contre-la-montre par équipes à venir, se sont aussi retrouvés à terre.

Dillier souffre de contusions diverses et plaies superficielles. «Le premier bilan est encourageant», a commenté son directeur sportif Julien Jurdie, très inquiet dans un premier temps.

«Silvan est une pièce essentielle dans le dispositif pour que l’on puisse faire un top 10.»

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LES MAILLOTS DANS UN MUSÉE

À 28 ans, Peter Sagan n’en finit pas de collectionner les maillots distinctifs. Trois fois champion du monde (2015, 2016, 2017), il possède une ribambelle de maillots verts du Tour de France dont il a gagné à cinq reprises le classement par points. Sur les autres courses (Californie, Suisse, etc), le Slovaque repart le plus souvent avec, dans sa valise, d’autres maillots du même type. «Je mettrai dans un musée tout ce que je gagne», a déclaré le nouveau maillot jaune du Tour à La Roche-sur-Yon. «Je veux garder un maillot distinctif par année à mon domicile. Les autres, je veux bien les distribuer et les mettre dans un musée.»  

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DES TONNES DE SOUVENIRS DE LA GRANDE GUERRE

La deuxième étape du Tour de France avait une connotation particulièrement martiale. Elle s’élançait de Mouilleron-Saint-Germain, anciennement Mouilleron-en-Pareds, la ville natale de Georges Clemenceau, le «Tigre» et «Père la Victoire» de la Grande Guerre. Pour l’occasion, son arrière petit-fils Éric Clemenceau était invité et a suivi la course dans l’un des voitures de l’organisation. Mais elle célébrait un autre militaire natif de Mouilleron-en-Pareds, le maréchal Jean de Lattre de Tassigny, représentant français à Berlin lors de la signature de la capitulation allemande à Berlin le 8 mai 1945, aux côtés de l’Américain Dwight Eisenhower, du Russe Gueorgui Joukov et du Britannique Bernard Montgomery.

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TONY PARKER PRÉSENT LE 16 JUILLET

Tony Parker, qui a récemment signé un contrat avec les Hornets de Charlotte après avoir passé 17 saisons avec les Spurs de San Antonio, sera présent sur les routes du Tour de France lors de la première journée de repos le lundi 16 juillet. Il participera à une séance d’entraînement à Albertville avec les coureurs de l’équipe Katusha, les Allemands Marcel Kittel et Tony Martin, ou encore le Russe Ilnur Zakarin.  

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UN TRACTEUR POUR QUICK STEP

L’équipe Quick Step dispose dans ses rangs d’un «tracteur» pour rouler en tête de peloton. Il s’appelle Tim Declercq et joue le rôle qu’avait Julien Vermote, parti chez les Sud-Africains de Dimension Data, l’an passé. Plus grand de 15 centimètres et plus large d’épaule de 30 cm, il a l’affectif surnom du «tracteur» dans son équipe et fera de très nombreuses heures en tête du peloton sans protection face au vent.