Les Panthers de la Floride en arrachent monétairement, une situation qui alimente les rumeurs de déménagement.

Rumeurs de déménagement: frileux, les Panthers?

Les amateurs de hockey de Québec ne devraient pas se faire trop d'idées en pensant que les Panthers pourraient délaisser le soleil de la Floride pour la neige de la capitale, estime un journaliste suivant les moindres pas de la formation de la Ligue nationale de hockey.
Les Panthers à Québec? La mairesse de Broward County a laissé entendre jeudi que la formation pourrait bien déserter le BB&T Center. «Nous paierons de toute façon si les Panthers partent. C'est pourquoi nous avons fait appel à un consultant, pour avoir l'option de les laisser partir», a écrit la mairesse Barbara Shereif jeudi sur Twitter.
Pour le journaliste d'expérience Harvey Fialkov, les Panthers sont bien loin d'un déménagement. «Il y a une possibilité que les Panthers partent un jour, mais ce n'est pas imminent, pas du tout! Ça pourrait être seulement à long terme», dit-il en entrevue au Soleil.
Les Panthers ont un nouveau propriétaire depuis l'an dernier, Vinny Viola. Un homme d'affaires aux poches profondes n'ayant pas peur de dépenser pour améliorer l'équipe.
Mais surtout, il a sacrifié sa vie à Manhattan pour la refaire à Sunrise, domicile des Panthers. «Ils ont déménagé leurs bureaux et la plupart de leurs employés ici. Ils ont déménagé toute leur vie dans le sud de la Floride. Ça semble logique qu'ils veulent demeurer ici. Tous les New Yorkais veulent un jour vivre dans le sud de la Floride!» lance Harvey Fialkov.
Au lendemain de l'acquisition de l'équipe, Vinny Viola a plaidé que son but était de maintenir le club sous le soleil floridien. Le journaliste du Sun Sentinel Harvey Fialkov va plus loin. Vinny Viola a l'intention un jour de léguer l'équipe à son fils Travis Viola, qui agit déjà comme assistant du directeur général Dale Tallon.
Et pas question de donner cet héritage à Québec. «Je ne pense pas honnêtement qu'il songe un jour à amener l'équipe à Québec. Je pense qu'il veut la léguer en Floride», soutient Harvey Fialkov.
D'où viennent alors ces rumeurs de déménagement? Les Panthers en arrachent, autant sur la glace que dans les livres comptables. «lls ont perdu 40 millions $ l'an dernier. Et ce n'est pas juste concernant l'équipe de hockey. C'est pour tout, les concerts, tout. Ils ne veulent plus perdre 40 millions $ par année, alors ils veulent équilibrer tout ça», explique Harvey Fialkov.
Depuis des mois, le combat se joue davantage dans l'arène publique que sur la glace. Des commissaires du Broward County soutiennent ouvertement le lobbyisme des Panthers, qui veulent renégocier leur loyer de 80 millions $ pour le bail du BB&T Center. D'autres ne veulent rien savoir d'une réduction de loyer.
La bataille des plages
Au coeur de la bataille : les plages de Sunrise. Les Panthers estiment avoir droit à une partie de la taxe touristique pour éponger leur part de la dette de l'aréna, mais bien des élus préfèrent voir cet argent servir à revitaliser les plages des environs. «Les plages, c'est très important pour les gens qui vivent ici. Vous devez faire un jeu d'équilibre, le hockey versus les plages», résume Harvey Fialkov. «Et je pense que les plages vont gagner!»
Les Panthers n'auront donc pas nécessairement gain de cause, même si leur loyer est bel et bien trop cher, estime le journaliste floridien. «Ce n'est pas un bon bail pour les Panthers. Le bail est plus avantageux dans d'autres villes, comme Phoenix.»
Les félins floridiens ne lâcheront donc pas le morceau. Mais ils ont aussi d'autres options au menu, comme celle de négocier la venue d'un casino à proximité afin d'augmenter leurs revenus. «Les propriétaires misent vraiment sur leur casino. Ça les aiderait beaucoup pour les revenus», soutient Harvey Fialkov.
Le club de hockey serait donc loin de la catastrophe ou du désespoir, et un déménagement n'est pas envisageable à court ou moyen terme, conclut Harvey Fialkov.
De bonnes foules... la fin de semaine
Les citoyens de Québec ont longtemps rêvé des Coyotes de Phoenix, une formation sous tutelle pendant des années et aux assistances désastreuses. Sauf que le club a été sauvé en 2013 malgré sa piètre valeur. Et les Panthers font mieux que les Coyotes de Phoenix, assure le journaliste les suivant quotidiennement, Harvey Fialkov. «Quand le Canadien ou les Blackhawks viennent jouer, ou encore les Red Wings, Flyers ou Penguins, ils vendent presque tous les billets», soutient le scribe du Sun Sentinel. «Ce sont les matchs du mardi soir contre les Sénateurs d'Ottawa ou les matchs du jeudi contre les Islanders qui n'attirent pas vraiment de monde. C'est ça qui les tue. Les matchs au milieu de la semaine contre les équipes non sexy.» Dans les cinq dernières années, les Panthers ont attiré entre 15 000 et 17 000 personnes par match selon ESPN. Des chiffres certes ordinaires, mais moins catastrophiques que les foules annuelles moyennes de 12 000 enregistrées par les Coyotes. Les Panthers ont toutefois connu une moyenne décevante la saison dernière (14 177). Le club de hockey a fini à l'avant-dernier rang du classement général avec seulement 66 points.