Selon Patrick Roy, le hockey a besoin de rivalité comme celle entre ses Remparts et l’Océanic.

Roy se méfie du jeu de puissance de l’Océanic

Avant même de grimper à bord de l’autocar menant l’équipe à Rimouski, jeudi en début de soirée, l’entraîneur-chef Patrick Roy avait déjà fait connaître le mot d’ordre pour la série aller-retour de la bataille du Saint-Laurent entre les Remparts de Québec et l’Océanic : «Avec leur jeu de puissance qui roule à 40 %, il ne faut pas être dans la boîte», disait-il en parlant du banc des punitions.

La semaine des rivalités dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec amène les Remparts à se frotter à l’offensive la plus productive du circuit avec 67 buts en 15 matchs. L’attaque massive de l’Océanic montre un taux de réussite de 39,3 %, également le plus élevé des 18 formations.

«Rimouski ne connaît pas le début de saison qu’il espérait, mais ils ont un très bon club. Il faudra neutraliser leur avantage numérique, bien que ce n’est pas facile», précisait Roy à propos de la force de frappe adverse menée par Dmitry Zavgorodniy (26 points) et Alexis Lafrenière (25), les deux meilleurs compteurs de la LHJMQ à ce jour.

Comme il le fait à chaque match disputé sur la route depuis le début de la saison, Roy effectue son retour à Rimouski. Plongé dans la promotion et l’excitation du premier match de la saison, en septembre, il n’avait pas eu le temps de s’étendre sur la rivalité entre les deux formations.

«Je n’ai pas senti qu’elle avait beaucoup changé depuis mon départ. Il faut dire que j’ai une relation de respect avec Serge [Beausoleil]. Il avait dirigé notre club midget AAA et Fred [son fils], j’ai toujours trouvé qu’il était un très bon entraîneur. C’est le fun d’affronter Rimouski, ça donne toujours des matchs intéressants. Le hockey a besoin de ça, surtout dans le junior.»

L’ancien gardien de la LNH a connu sa part de matchs enlevants pendant sa carrière. Même chose depuis qu’il prend place derrière le banc, autant à Québec qu’à Denver. À ce titre, il a beaucoup apprécié le spectacle offert, mercredi, dans la défaite de 6-5 des siens contre le Drakkar de Baie-Comeau en tirs de barrage.

«Si j’avais été spectateur, j’aurais trippé. Il y avait de l’excitation, des buts, ça donnait le goût de rester jusqu’à la fin», soulignait Roy, qui apprécie la résilience de sa troupe depuis le début de la campagne.

Le patron impressionné

Car les experts ne prédisaient pas un départ canon aux Remparts, qui auront disputé neuf de leurs 17 premiers matchs contre des puissances de la LHJMQ au terme de la présente séquence contre Baie-Comeau, Rimouski (deux fois) et Rouyn-Noranda.

«Je suis impressionné par ce qu’on veut accomplir. On aurait pu se décourager deux fois en première période contre Baie-Comeau, mais on est resté calme. Après la première, j’ai dit aux gars : je ne suis pas bon en mathématiques, mais si on gagne les deux prochaines périodes, on ne peut pas perdre en temps régulier...», illustrait Roy en parlant de la défaite en tirs de barrage ayant permis aux siens d’amasser un point au classement.

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NOTES : Thomas Caron a fait le voyage avec l’équipe à Rimouski et complétera encore un trio avec Philipp Kurashev et Aleksei Sergeev… Kurashev et Andrew Coxhead ont été beaucoup utilisés, mercredi contre le Drakkar, passant 27 des 65 minutes sur la patinoire… Anthony Morrone sera devant le filet pour les deux matchs contre Rimouski… L’ailier Olivier Mathieu pourrait effectuer un retour au jeu, dimanche à Québec, pour la deuxième manche de la bataille du Saint-Laurent.

L’entraîneur-chef de l'Océanic, Serge Beausoleil

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«Toujours quelque chose de spécial»

Le sport contient son lot de clichés, mais l’entraîneur-chef Serge Beausoleil ne voit rien de mal à dire les choses comme elles sont. Ainsi, même si tous les matchs sont importants, les deux à l’horaire contre les Remparts, en fin de semaine, ont un cachet particulier. La preuve : environ 4000 spectateurs sont attendus au Colisée Financière Sun Life pour la première visite des rivaux de la capitale, vendredi (19h30).

«On ne le cachera pas, il n’y a rien de lourd et redondant à dire que les matchs contre les Remparts ont toujours quelque chose de spécial. Les amateurs, les joueurs et les entraîneurs le savent», admet le pilote de l’Océanic. Son club a remporté le premier duel saisonnier en tout début de saison, où Patrick Roy effectuait officiellement son retour derrière le banc des Remparts. Depuis le jour 1, Rimouski montre une récolte de 17 points en 15 matchs, tandis que Québec n’est qu’à trois points derrière avec 14 en 14 parties.

«Le début de saison des Remparts ne me surprend aucunement, je le suis plus par celui des Saguenéens. Je connais Patrick depuis longtemps, il est bien appuyé par Martin [Laperrière] et Benoit [Desrosiers]. Pat a montré ses couleurs dès le départ en sacrifiant un peu d’attaque pour aligner trois défenseurs de 20 ans, les Remparts ont une muraille difficile à percer.»

Selon lui, l’effet Roy se fait sentir partout dans la Ligue. «On m’a questionné sur son retour en début de saison, il a le souci du détail. Il est un homme de hockey très respecté, il est encore meilleur qu’il ne l’était lors de son premier séjour. Mais cela dit, une fois derrière le banc, on essaie chacun de l’emporter.»

Il ne savait pas encore, jeudi, si Olivier Garneau allait être de retour pour affronter son ancienne équipe. «Son cas est encore incertain, il va patiner vendredi matin.»

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L’association de l’Est relevée en «caltor»

Patrick Roy est satisfait de la fiche de 6-6-1-1 des Remparts, jusqu’à présent, ce qui les place au huitième échelon de la relevée association de l’Est de la LHJMQ. Il trouve même que son club mérite mieux. «Contre Baie-Comeau, ça aurait dû être une victoire, même chose contre Boisbriand, samedi. On joue du bon hockey, mais on évolue dans une conférence très difficile», constatait le Diable rouge en chef.

Dans une réflexion à voix haute, il estimait que son club était désavantagé de se retrouver dans le groupe comptant les formations des Maritimes. «Sans rien enlever à Bathurst et Saint-Jean, on joue 20 fois contre Rimouski, Baie-Comeau et Chicoutimi. Comme dirait l’un de mes amis : “Eh, caltor...” Si on est pour affronter Halifax et Moncton dans les séries, ça prendrait peut-être une ouverture pour nous faire un peu moins voyager en Abitibi et un peu plus dans les Maritimes. Ça ne me dérange pas de jouer autant de matchs dans ma division, mais ça prendrait un équilibre. On va peut-être finir dernier [pour faire les séries] de notre conférence avec un calendrier plus difficile que des clubs devant nous», notait celui qui comprend toutefois bien les raisons derrière ce nouveau concept.