De retour de France, où elle s’est alignée avec la formation d’Albi, une ville située à environ 45 minutes de Toulouse, l’ancienne joueuse vedette du Rouge et Or Arielle Roy-Petitclerc dit avoir apprécié son expérience, même si elle avoue sans détour qu’elle était déçue de ses performances après chacune des rencontres qu’elle a disputées.

Roy-Petitclerc: une saison pro fertile en émotions

Arielle Roy-Petitclerc revient d’une saison complète en division 1 française, où elle a vécu l’exaltant rêve de vivre de son sport et l’amère déception d’une défaite crève-cœur.

«J’ai trippé», lance l’ex-Rouge et Or, athlète universitaire par excellence au Canada en 2016-2017, tous sports confondus. La joueuse de soccer de Lévis compte retourner en France la saison prochaine. Selon son agent, quelques équipes de la division 1 s’intéressent à ses services.

Un retour avec sa formation des derniers mois, l’ASPTT Albi, demeure une option. Mais elle devrait alors se résigner à une baisse de calibre, car l’équipe a été reléguée en division 2 lors du tout dernier match de sa saison, le revers crève-cœur sus-mentionné.

«J’en ai vécu beaucoup dans le monde du soccer, des défaites. Mais celle-là, ç’a vraiment, vraiment été dur», raconte Roy-Petitclerc, rencontrée mercredi matin, quatre jours après son retour au Québec. «Ce sont des filles qu’on voit huit ou neuf fois par semaine. On s’entraîne avec elles, on ne vit que pour ça. Tu ne fais pas juste perdre [un match], tu perds une équipe complète. Il y a beaucoup de filles qui vont partir ailleurs à cause de ça.»

Doublement douloureux, car l’ASPTT est une petite famille tissée serrée, où règne un grand sentiment d’appartenance. Deux autres Canadiennes faisaient partie de l’équipe, dont la gardienne québécoise Gabrielle Lambert, une ex-Dynamo.

Déçue après chaque match

À Albi, une ville située à 45 minutes de Toulouse, Roy-Petitclerc a joué presque tous les matchs, presque toutes les minutes. Tout ça dans un rôle plus défensif, moins créatif, parfois frustrant. «J’étais déçue de mes performances après chaque match, ce n’était pas ce que je voulais. Je me suis comparée à ici et il ne faut pas : c’est un autre niveau. Mais je me connais, je sais que je suis capable de faire mieux», ajoute la milieu de terrain, double championne canadienne avec le Rouge et Or, qui avait déjà vécu des expériences semi-professionnelles en Californie et à Calgary.

En France, elle a goûté à un nouveau type de pression, loin de celle connue pendant ses années à l’Université Laval. «Énorme [différence]. Là-bas, tu ne peux pas perdre un match. Les coachs mettent plus de pression. C’est l’fun à vivre, mais c’est plus dur. Mentalement, ça gruge de l’énergie. C’est stressant», commente Roy-Petitclerc, qui espère se libérer du stress la saison prochaine pour savourer davantage chaque instant.

Malgré son contrat de première saison, elle pouvait vivre de son salaire d’athlète. Et si elle a accepté un poste à temps partiel d’animatrice en milieu scolaire, c’est surtout pour tuer l’ennui et pour «sortir de la bulle de soccer». À l’exception de la pause des Fêtes, elle était en France depuis septembre.

Les «vacances» de Roy-Petitclerc à Québec pourraient être de courte durée. Si tout va bien, elle repartira dans quelques semaines vers l’Hexagone pour les camps d’entraînement. Et d’ici là, elle souhaite disputer des matchs avec le Dynamo. La femme de 23 ans traîne toutefois une blessure au talon. «Je veux les aider, c’est sûr. Mais comment je vais les aider? Je ne sais pas encore», dit la bachelière en intervention sportive.