Roy Halladay a remporté le trophée Cy Young en deux occasions, une première fois avec les Blue Jays, en 2003, puis en 2010, avec les Phillies de Philadelphie.

Roy Halladay meurt dans un accident d’avion

COMTÉ DE PASCO, Floride — L’ex-lanceur étoile des Blue Jays de Toronto, Roy Halladay, est décédé, mardi, après que son avion privé se soit abîmé dans le golfe du Mexique.

Le Bureau du shérif du comté de Pasco, en Floride, a confirmé que le corps de Halladay a été repêché dans les décombres du petit appareil. Il était âgé de 40 ans. Dans une conférence de presse, le shérif Chris Nocco, qui connaissait bien Halladay, a déclaré que l’appareil Icon A5 s’est abîmé vers midi, près de la ville de Holiday.

«Il était l’un des êtres les plus humbles qui soient, a déclaré Nocco. Pour quelqu’un qui a gagné deux trophées Cy Young, qui était l’un des plus grands lanceurs du baseball, il agissait comme s’il était monsieur Tout-le-Monde. Peu importe qui il rencontrait, il était gentil et généreux.»

L’équipe maritime du Bureau du shérif a répondu à un appel d’urgence. Elle a trouvé le corps de Halladay dans les décombres. Aucun survivant n’a été retrouvé. La police a ajouté qu’elle ne pouvait pas confirmer qu’il n’y avait d’autres passagers à bord ni où se dirigeait l’aéronef.

Deux fois le Cy Young

Halladay a remporté le trophée Cy Young en deux occasions, une première fois avec les Blue Jays, en 2003, puis en 2010, avec les Phillies de Philadelphie. Gagnant de 20 victoires et plus à trois reprises, l’auteur de 67 matchs complets et 20 jeux blancs a réussi le 20e match parfait de l’histoire du baseball majeur contre les Marlins de la Floride, le 29 mai 2010. Quelques mois plus tard, le 6 octobre contre les Reds de Cincinnati, il est devenu seulement le deuxième lanceur de l’histoire à réussir un match sans point ni coup sûr dans les séries d’après-saison après Don Larsen, qui avait accompli pareil exploit lors de la Série mondiale de 1956 avec les Yankees de New York.

«Il était une source d’inspiration», a mentionné l’ex-directeur général des Blue Jays, Gord Ash. «C’était le joueur étoile des Blue Jays, et personne n’en doutait.»

Visage des Jays

Natif du Colorado, Halladay a été sélectionné au premier tour, 17e au total, par les Blue Jays au repêchage de 1995. Le droitier de 6’6’’ et 225 livres a effectué ses premiers lancers dans les majeures en 1998 et s’est taillé une place comme régulier dès la saison suivante. Il a vraiment éclos en 2002, alors qu’il a compilé une fiche de 19-7 avec une moyenne de points mérités de 2,93 en 239,1 manches. En 2003, sa fiche de 22-7, avec une m.p.m. de 3,25 en 266 manches lui a permis de mettre la main sur son premier Cy Young.

Visage de la franchise pour la majeure partie de ses 12 saisons à Toronto, Halladay a été échangé aux Phillies en décembre 2009. Dès sa première saison dans la Nationale, il compile un dossier de 21-10 avec une moyenne de 2,44 et neuf matchs complets pour remporter le Cy Young.

Il a disputé quatre campagnes avec les Phillies avant de prendre sa retraite. «Nous sommes assommés par cette triste nouvelle, ont indiqué les Phillies par communiqué. Il n’y a pas de mot pour décrire toute la tristesse que ressent l’organisation à la suite de la perte de l’un des hommes les plus respectés à n’avoir jamais joué au baseball.»

À la fin de 2013, Halladay a signé un contrat d’un jour avec les Blue Jays afin de se retirer comme membre de l’organisation. En 16 ans dans le baseball majeur, il a récolté 203 victoires contre 105 revers et maintenu une moyenne de points mérités de 3,38.

«Nous sommes tous sous le choc et profondément attristés d’apprendre le décès tragique de Roy Halladay», a déclaré par communiqué le commissaire du baseball majeur, Rob Manfred. «Roy, qui était respecté de tous, fut un fier compétiteur pendant sa carrière de 16 saisons, marquée par huit participations au Match des étoiles, deux trophées Cy Young, un match parfait et un match sans point ni coup sûr en séries éliminatoires.

«Au nom du baseball majeur, j’aimerais exprimer mes plus sincères condoléances à sa famille, dont sa femme, Brandy, à ses deux fils, Ryan et Braden, à ses amis ainsi qu’à ses innombrables partisans, de même qu’aux Blue Jays et aux Phillies.»

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UN ACHAT QUE SA FEMME N'APPROUVAIT PAS

Roy Halladay était un pilote amateur qui mettait souvent en ligne des photos de petits avions. «J’ai rêvé de posséder un A5 depuis que j’ai pris ma retraite! La vie est encore plus belle que mes rêves les plus fous» avait tweeté Halladay le 13 octobre dernier.

La compagnie Icon avait quant à elle mis en ligne une vidéo montrant Halladay essayer un nouvel avion. Sur la vidéo en question, Halladay prend possession de son petit avion à deux places et capable d’amerrir. L’ex-lanceur des Blue Jays et des Phillies raconte qu’il ne pouvait pas détenir une licence de pilote, alors qu’il jouait au baseball, les termes de ses contrats avec ces deux organisations l’empêchant de le faire. Il ajoute que sa femme était au départ contre l’idée qu’il fasse l’acquisition de cet appareil. «Elle s’est battue bec et ongles pour que je ne donne pas suite à mon idée», confie Halladay. 

«Je lui ai longtemps tenu tête. J’étais vraiment contre ça», précise Brandy Halladay dans la même vidéo avant d’expliquer pourquoi elle a éventuellement comprise et approuvé le désir de son mari d’avoir un avion. 

Halladay n’est pas le premier joueur de baseball à trouver la mort dans un accident d’avion. L’avion de la super étoile des Pirates de Pittsburgh, Roberto Clemente, s’est écrasé le 31 décembre 1972, alors qu’il se rendait aider les victimes d’un tremblement de terre au Nicaragua. Le receveur des Yankees de New York, Thurman Munson, pilotait son propre avion quand il s’est écrasé à Canton, en Ohio, en 1979. Finalement, le lanceur des Yankees, Cory Lidle, s’est aussi écrasé aux commandes de son avion en 2006, alors qu’il a percuté un immeuble de New York.  D’après AP

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SECOND ÉCRASEMENT D'UN A5 EN SIX MOIS

L'avion de Roy Halladay s'est abîmé dans le golfe du Mexique.

L’avion amphibie Icon A5 que pilotait Roy Halladay, a déjà connu un autre  sombre chapitre de sa courte histoire, il y a six mois. 

En mai dernier, l’ingénieur aéronautique Jon Karkow et son collègue Cagri Sever, tous deux employés du jeune avionneur Icon, ont péri dans un écrasement. Ceux-ci faisaient un vol en Californie, près de l’usine qui fabrique l’appareil, dont les premiers exemplaires ont été livrés cette année. Dans son rapport final publié en août dernier, le National Transportation Safety Board — l’équivalent américain du Bureau de la sécurité des transports — a conclu à une erreur humaine, malgré l’expérience du pilote et ingénieur Karkow. Il a viré par erreur dans une petite baie étroite de laquelle il a été incapable de s’en sortir, selon le rapport.  Paul-Robert Raymond