Bruno Langlois (en blanc), coureur-entraîneur de Garneau-Québecor, est entouré, de gauche à droite, de Félix Côté-Bouvette, Marc-Antoine Soucy, Jean-Simon D'Anjour, Simon Pierre Gauthier et Christian Leduc (mécano).

Rouler sur l'art... et en français

La première équipe de course cycliste financée par l'art prend le départ. La formation Garneau-Québecor lance sa saison avec un budget de 250 000 $, dont plus de la moitié a été obtenue par la vente de tableaux créés par le patron, Louis Garneau.
Sept oeuvres représentant des gens d'affaires et des artistes du Québec ont trouvé preneur auprès des sujets eux-mêmes, au coût de 20 000 $ chacune. L'identité des acheteurs sera dévoilée lors d'un vernissage, le 4 mai, à Saint-Augustin-de-Desmaures, chef-lieu de l'entreprise cycliste Garneau.
Mais d'ici là, les huit coureurs auront déjà jusqu'à quatre courses dans les jambes - Contrecoeur (15 avril), Beauharnois (22), Sainte-Martine (23) et Boucherville (30) -, en plus du camp d'entraînement de mars, en Floride.
«Ce n'est pas la plus grosse équipe, mais le but a toujours été d'avoir une petite équipe de transition qui sert de tremplin», fait valoir Garneau, qui se félicite d'avoir permis par le passé aux David Veilleux, Hugo Houle, Antoine Duchesne et Michael Woods d'atteindre le plus haut niveau des équipes WorldTour.
Garneau-Québecor reste l'une des trois équipes masculines canadiennes de niveau continental, troisième échelon du cyclisme mondial après WorldTour et continental pro, avec Silber, basée à Montréal, et H&R Block, de Vancouver.
Le rêve possible
L'unité est menée par le coureur-entraîneur Bruno Langlois, vétéran de 38 ans et champion canadien en titre sur route. Qui tenait à réunir une formation 100 % québécoise, ce dont il a dû convaincre Garneau, qui appréciait un peu de visibilité pour sa marque à l'étranger avec l'ajout chaque année de coureurs australiens.
Pas cette fois. Tout se fera en français. Plus simple, argue Langlois, qui favorise de plus le talent local. Le talent de Jean-Simon D'Anjou (Lévis, 21 ans), Simon-Pierre Gauthier (Boisbriand, 24), Elliot Doyle (Saint-Gédéon, 23), Félix Côté-Bouvette (Lachine, 23), Olivier Brisebois (Mascouche, 22), ainsi que des frères Marc-Antoine (Amos, 22) et Jean-François Soucy (19).
Des cyclistes québécois qui, contrairement à Langlois au même âge, c'est-à-dire il y a 15 ans, peuvent aujourd'hui croire en leur rêve de devenir coureur professionnel dans les grandes équipes européennes. Grâce à l'exemple des Veilleux, Houle et Duchesne passés avant eux, mais surtout grâce à l'amélioration des techniques d'entraînement et de nutrition et de la réduction du dopage au sommet, estime Langlois.
Sur le territoire du Soleil, vous pourrez voir les coureurs de Garneau rouler au Grand Prix de Saint-Raymond, au Grand Prix de Charlevoix, au Tour de Beauce, au Grand Prix de la Matapédia et, ils l'espèrent, aux deux épreuves WorldTour des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal.
Louis Garneau continue d'entretenir son rêve d'un jour mettre au départ du Tour de France une équipe financée à 100 % par la vente d'oeuvres d'art, budget qui s'élèvent plusieurs millions de dollars.
Un vélodrome au Colisée? «Brillant», dit Garneau
Louis Garneau donne tout son appui à l'idée d'installer un vélodrome dans le Colisée de Québec, au lieu de détruire le vieil aréna abandonné. L'idée vient de l'ancien journaliste et grand amateur de cyclisme Christian Lemelin, qui convie les intéressés à l'Archibald Duplessis samedi, à 10h. Garneau n'y sera pas, mais l'homme d'affaires «trouve ça brillant» et prévoit «intervenir auprès des autorités au moment opportun».
«Le Québec a fait une grande erreur en détruisant le vélodrome de Montréal. Tu n'as pas le droit de détruire des installations olympiques!» insiste Garneau. «Avec la neige six mois par année, l'avenir du vélo [de compétition] au Québec et au Canada se trouve sur piste. Et on a déjà un endroit. C'est une solution intelligente et raisonnable de recyclage», estime-t-il, ajoutant vouloir contribuer financièrement en produisant des tableaux dont les profits de la vente iraient au projet.