Rouge et Or

Objectif NFL pour Betts

Une porte s’ouvre vers la NFL pour le joueur de ligne défensive du Rouge et Or de l’Université Laval, Mathieu Betts. Le numéro 9 a accepté une invitation pour le Collegiate Bowl, un événement qui aura lieu au Rose Bowl de Pasadena le 19 janvier et qui s’adresse aux joueurs admissibles au repêchage du circuit Goodell.

La direction du Collegiate Bowl, un événement organisé par l’Association des joueurs de la NFL, a annoncé la nouvelle dimanche.

L’Association profite de l’occasion pour se présenter à ses futurs membres et pour leur donner les rudiments du côté «affaires» d’une carrière dans la grande ligue. Des joueurs actuels et d’anciens footballeurs de la NFL participent aussi à l’événement chaque année afin de partager leur expérience avec les futures recrues.

Betts n’avait pas abordé le sujet après la finale de la Coupe Vanier, affirmant cependant qu’il était heureux de terminer sa carrière universitaire sur une bonne note.

«Quand je suis arrivé ici, je ne connaissais ni Québec ni l’Université Laval. C’est une organisation très classe», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’écartait pas du revers de la main un retour pour une cinquième année universitaire.

«Je ne suis pas devin. On verra si je joue pour une autre équipe, mais sinon, ça ne peut jamais être une mauvaise décision de revenir jouer à Québec.»
Beaucoup de vétérans du Rouge et Or commençaient à penser à leur avenir après la conquête de la Coupe Vanier qui accaparait leur esprit depuis des mois.

Chênevert reviendra

Le demi de coin Émile Chênevert, élu au sein de la seconde équipe d’étoiles au Canada et étudiant en médecine, a finalement décidé de revenir pour une quatrième saison avec le Rouge et Or.

«Ma décision était déjà prise, mais je ne l’avais pas encore annoncée publiquement. Je voulais continuer avec cette «gang» de gars le plus longtemps possible», a-t-il affirmé après la victoire.

«L’aide du directeur de l’externat a été importante. Le Dr Lamarre est lui aussi un ancien joueur de football et on s’est parlé. Je pense qu’entre joueurs de football, on est capables de s’aider», a-t-il résumé à propos de la conciliation médecine-football.

D’autres vétérans tenteront plutôt de faire le saut dans la Ligue canadienne de football, mais ont encore de la difficulté à quitter leur «famille». C’est le cas du demi défensif Kevin McGee, qui est âgé de 25 ans et n’est donc plus admissible au football universitaire.

«Après cette Coupe Vanier, c’est sûr que je vais partir de l’Université Laval en paix. Je vais m’essayer dans la CFL, mais j’aimerais aussi rester dans l’entourage du Rouge et Or. Je vais m’entraîner avec les gars tout l’hiver. On est tous des chums, des frères», a-t-il résumé.

Quant au receveur de passes Étienne Moisan, qui avait été repêché par les Alouettes de Montréal, il tentera de nouveau sa chance au camp des Oiseaux. «Je vais m’entraîner fort pour le camp des Alouettes. L’an passé, j’étais blessé et j’ai juste assisté aux réunions. J’aimerais faire un camp d’entraînement en santé cette année.»

Même son de cloche du côté du porteur de ballon Christopher Amoah, qui ne sera plus admissible au football universitaire l’an prochain. «Je vais célébrer ce soir et peut-être toute la semaine, mais oui, j’espère continuer de jouer au football. On verra où ça me mènera l’an prochain», a-t-il conclu.

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Rouge et Or

Hugo Richard, «le joueur qui a vécu le plus de pression dans l’histoire de ce programme»

«Hugo Richard est le joueur qui a vécu le plus de pression dans l’histoire de ce programme. Aucun doute dans mon esprit. Et il a livré la marchandise.»

Justin Ethier se souvient de l’été 2016. Le Rouge et Or venait de s’incliner deux années de suite en finale de conférence contre Montréal, sous-performance grave dans l’œil de plusieurs amateurs. Coïncidence? Les saisons 2014 et 2015 étaient les deux premières de Hugo Richard aux commandes de l’attaque.

«Le monde m’arrêtait et me demandait : “Allez-vous changer de quart-arrière? Il a de la misère!” Je ne voyais pas pourquoi! Hugo avait été recrue de l’année au Canada et nous avait amenés à deux Coupes Dunsmore. Mais maintenant, je n’ai plus à répondre à ces questions-là.»

«On vient de gagner deux Coupes Vanier en trois ans et Hugo a été joueur par excellence de la saison au Québec deux fois et de la finale canadienne deux fois. Aujourd’hui, il a été extraordinaire», a louangé le coordonnateur offensif, après l’ultime victoire de 34-20 samedi, face aux Mustangs de Western Ontario.

«Hugo Richard a été coupable d’avoir une grande première saison régulière», analyse pour sa part l’entraîneur-chef Glen Constantin. «Il était un super héros au début et a ensuite perdu les deux Coupes Dunsmore. Il a vécu un grand soulagement après sa première Coupe Vanier [en 2016], ça lui a enlevé un gros poids sur ses épaules.»

«Et une fois sa première gagnée, il voulait être dans le club sélect de Mathieu Bertrand et de Benoît Groulx d’en gagner deux. C’est fait, il peut sortir d’ici en gagnant», lui a-t-il levé son chapeau, le comptant du coup dans la Sainte Trinité de l’histoire du Rouge et Or.

Alors qu’il est d’ordinaire difficile de lui soutirer une risette — il avait déjà dit seulement sourire «quand ça vaut la peine» —, Richard était euphorique après avoir soulevé la Coupe Vanier, dont la base en bois s’est d’ailleurs plus tard séparée du bol métallique.

«C’était mon dernier match en carrière, alors c’était pas vrai que je le passerais fâché tout le long! Je voulais en profiter avec les gars. Je pensais brailler comme un bébé, mais je suis vraiment trop heureux!» s’est exclamé celui qui fait parti d’une dizaine de joueurs qui ne reviendront pas chez le Rouge et Or l’an prochain.

Pour ceux et celles qui s’inquiètent de l’avenir offensif du club sportif chouchou de l’Université Laval, notez que le Rouge et Or a aussi soulevé la Coupe Vanier l’année suivant le départ de ses grands quarts-arrières Bertrand et Groulx, en 2004 et en 2010.

Betts, le meilleur

Autre départ important, celui de l’ailier défensif et joueur de ligne universitaire par excellence au Canada depuis trois ans, Mathieu Betts. «Peut-être le meilleur joueur défensif qui est passé ici. Et je ne sais pas si on va en avoir d’autre comme ça», atteste le chef Constantin.

Après quatre ans à l’UL, Betts pourrait revenir disputer une cinquième et dernière campagne, mais ses chances de passer dans les rangs professionnels sont très élevées.

«L’idée m’a traversé l’esprit que c’était probablement mon dernier match. Depuis le début de l’année, je sais que c’est une possibilité et mon objectif est d’avoir mon bac en poche [en avril 2019]. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais le Rouge et Or, peu importe comment ou quand, ça ne peut pas être un mauvais choix», a conclu Betts, qui a rabattu une passe contre Western et réalisé un dernier sac du quart arrière en collaboration avec son fidèle plaqueur Vincent Desjardins.

Rouge et Or

Le Rouge et Or remporte une 10e Coupe Vanier [PHOTOS]

Le Rouge et Or a gagné sa 10e Coupe Vanier, samedi après-midi. Et la satisfaction était double : battant les Mustangs de Western Ontario 34-20 en grande finale canadienne, le club de football de l’Université Laval a vengé sa défaite de l’an dernier.

Le tout devant 12 380 spectateurs réunis au stade du PEPS, moins bonne foule des cinq présentations du match de la Coupe Vanier à Québec.

Ce qui n’a pas empêché les favoris locaux, qui jouaient en blanc à titre officiel d’équipe «visiteuse», de connaître un départ canon. Sur les deux premiers jeux offensifs, le quart-arrière Hugo Richard a expédié une passe de 45 verges à Jonathan Breton-Robert, puis une autre de 46 verges à Vincent Forbes-Mombleau pour le touché. À peine 61 secondes d’écoulées et Laval menait 7-0!

«Les deux premiers jeux étaient déjà dans ma tête depuis quelques jours, je savais que c’est ça qu’on voulait faire», a expliqué le coordonnateur offensif Justin Ethier, après le triomphe. «On affrontait l’une des offensives les plus explosives au pays, alors fallait entrer avec une attitude différente, plus agressive en attaque que dans notre ligue, qui est très défensive.»

«Toute la semaine, on a dit à nos joueurs “on veut être agressifs, on veut être agressifs”. C’était la meilleure façon de le prouver», a poursuivi Ethier. «Si tu dis “on veut être agressifs” et que tu commences avec cinq jeux au sol, ils vont avoir de la misère à te suivre. Avec ça, je leur ai dit “regardez-moi bien aller!” Sur la première série, il n’était pas question de courir avec le ballon.»

Et Richard a été à la hauteur de cet énorme défi. À son dernier match universitaire, sans doute aussi son dernier en carrière, le quart-arrière de cinquième saison a offert l’une de ses grandes performances.

Le numéro 4 du Rouge et Or a réussi 23 de ses 31 passes (74%) pour 348 verges de gains aériens et deux touchés, en plus de lui-même porter le ballon à 10 reprises pour 60 verges et un majeur. Difficile de demander mieux pour des adieux.

«Ça n’a pas été parfait, mais considérant l’envergure et l’enjeu du match, on a très bien fait ça. On a pris des risques calculés, on est confiants dans ce qu’on fait», a de son commenté celui qui a été nommé joueur par excellence de la rencontre, remportant le trophée Ted Morris comme en 2016.

Le Rouge et Or a ainsi placé les Mustangs en situation de rattrapage dès le départ et ils les représentants de London, en Ontario, n’ont jamais été en mesure de combler le retard. Ont dû aussi au passage laisser tomber le jeu au sol, leur grande force, pour passer le ballon.

Le pivot de Western Chris Merchant a donc vu 26 de ses 46 passes captées (57%) par ses receveurs, dont une pour un touché, mais aussi trois autres interceptées. Ses 358 verges de gains aériens s’ajoutent toutefois à seulement 150 au sol, comparativement à 302 l’an dernier dans la victoire de Western contre Laval 39-17. Sans compter que 83 des 150 verges de samedi ont été gagnées au quatrième quart, en désespoir de cause.

La défensive du Rouge et Or se frottait donc les mains de ne pas avoir les porteurs de ballon Cedric Joseph (8 courses / 43 v.), un Montréalais, et Alex Taylor (10 courses / 24 v.) dans les pattes. Le secondeur de couverture Adam Auclair a été nommé meilleur joueur défensif de la rencontre (trophée Bruce Coulter), grâce à un retour d’interception de 38 verges et 10,5 plaqués.

«La défaite de l’an passé à la Coupe Vanier m’est souvent revenue en tête et on avait trop joué sur les talons», a de son côté commenté Glen Constantin, qui améliore sa marque canadienne avec un neuvième titre comme entraîneur-chef.

«Je connais mes coachs et j’aurais gagé ma chemise qu'on allait faire ça en partant. Il fallait montrer nos vraies couleurs dès le début. Je n’ai pas demandé spécifiquement à Justin de faire ça, mais on se parle beaucoup et on se comprend. On devait ébranler leur confiance», assure Constantin.

Outre les majeurs de la recrue Forbes-Mombleau et du finissant Richard, les autres touchés des vainqueurs appartiennent au receveur finissant Benoît Gagnon-Brousseau (passe 22 v.) et au porteur Alexis Côté (course 7 v.). Soulignons de plus les 154 verges de gains par la passe de Jonathan Breton-Robert.

Il s’agit de la quatrième saison parfaite du Rouge et Or après 2013, 2010 et 2008. Les Mustangs ont pour leur part mis fin à une séquence de 23 victoires consécutives et raté l’occasion de devenir la première équipe de l’histoire à coller deux campagnes parfaites d’affilée.

«Parfois on gagne, parfois on perd», a affirmé le pilote de Western, Greg Marshall, en référence à la finale de l’an dernier et à celle de cette année. «J’ai déjà fait le dépôt pour la chambre d’hôtel pour l’an prochain», a-t-il ajouté à la blague, à propos de la prochaine finale de la Coupe Vanier qui aura encore lieu à l’Université Laval. «J’aime les fans de Laval, ils sont très intenses.»

L’assistance de 12 380 personnes s’avère inférieure aux 12 557 présents à Québec pour la finale entre Montréal et UBC, en 2015, et beaucoup moins que les deux matchs de la Coupe Vanier impliquant le Rouge et Or sur son propre terrain en 2013 (18 543) et en 2010 (16 237).  Avec Ian Bussières


Rouge et Or

Un dernier match pour Clément Lebreux... deux ans plus tard

Glen Constantin est heureux de compter sur Clément Lebreux pour tenter de freiner la puissante attaque au sol de Western, samedi, en grande finale canadienne. Pourtant, le vétéran plaqueur avait joué son dernier match de football... il y a déjà deux ans.

«La défaite à la Coupe Vanier de l’an passé contre Western m’a fait revenir au jeu», a constaté le numéro 91, en fin d’après-midi vendredi, au terme de la toute dernière séance d’entraînement du Rouge et Or en 2018.