Rouge et Or

Kean Harelinama prêt à affronter son frère

Pour tous les joueurs du Rouge et Or, les matchs contre les grands rivaux des Carabins de l’Université de Montréal ont toujours un cachet particulier. Davantage encore pour le secondeur Kean Harelinama de l’Université Laval, dont le frère aîné Brian occupe la même position chez les Carabins.

«Non, nous ne gageons pas sur les matchs, rien de cela!» jurait Kean mercredi après l’entraînement du Rouge et Or en prévision de l’affrontement de samedi dans la métropole. Les deux frangins natifs du Rwanda ont porté les couleurs des Cheetahs du Collège Vanier au football collégial.

«Pour nous, c’est un match de la saison régulière, alors notre but à tous les deux est que nos équipes respectives progressent. On sait qu’on a de grandes chances de se revoir en séries», ajoute-t-il.

Comme les Carabins étaient en pause la semaine dernière, Brian a profité de l’occasion pour se payer un petit voyage à Québec et passer quelques jours avec son frangin. «Il est venu faire un tour chez moi, il a assisté à notre match [contre les Stingers de Concordia] et il est reparti dimanche», précise Kean. «On ne s’est pas parlé depuis. On s’est dit qu’on se concentrerait sur notre match.»

C’est donc samedi, sur le terrain du Stade du CEPSUM, que les deux solides gaillards risquent de se jaser de nouveau. «C’est certain que les matchs contre les Carabins sont enlevants à chaque fois, mais je ne dirais pas que c’est plus spécial parce que mon frère est dans l’équipe adverse.»

Le cadet des Harelimana semble en effet plus préoccupé par sa tenue et celle des siens sur le terrain que par les intrigues familiales. Jusqu’à maintenant cette année, il n’a d’ailleurs pas grand-chose à redire : il est utilisé amplement et a très bien répondu avec 9,5 plaqués, en deuxième place du Rouge et Or derrière Émile Chênevert.

«Je suis très satisfait de mon début de saison. Notre défensive progresse bien, elle s’est amélioré du premier au deuxième match. On savait qu’on n’avait pas joué à nos standards et on voulait surtout se prouver à nous-mêmes», explique le joueur de 21 ans.

Être les agresseurs

Même à sa deuxième année seulement au football universitaire, Kean commence d’ailleurs à avoir une bonne idée de l’allure d’un match Rouge et Or-Carabins. «On sait que ce sera un match à score bas, une bataille, voire une guerre défensive. En plus, ce sera à l’extérieur. Peut-être qu’on pourrait parler de home field advantage [pour les Carabins]», résume-t-il.

Cependant, le plus jeune des frères assure que le Rouge et Or disputera le match comme s’il se déroulait au Stade Telus. «Nous n’arriverons pas là sur les talons. On va être les agresseurs», assure-t-il en terminant.

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BETTS S'ATTEND À DU NOUVEAU DES CARABINS

Football

Le Rouge et Or ne rate pas sa rentrée

Après une victoire plus ou moins convaincante à Sherbrooke, le Rouge et Or de l’Université Laval n’a pas raté sa rentrée au Stade Telus en l’emportant 47 à 9 contre les Stingers de Concordia.

«Cette semaine, on a eu de l’énergie dès le premier sifflet. Ça ressemblait plus au match (hors-concours) contre Guelph qu’au premier match contre Sherbrooke. La défensive a aussi fait de très belles choses en première demie», a déclaré l’entraîneur-chef Glen Constantin après la partie.

Son vis-à-vis, l’ancien entraîneur des porteurs de ballon du Rouge et Or Brad Collinson, admettait pour sa part qu’il avait du pain sur la planche.

«On a des choses à travailler, on va regarder le vidéo et on va voir comment on pourra s’améliorer. D’être ici, c’est sûr que j’avais des papillons, mais j’avais déjà affronté Laval comme joueur et comme «coach» à Concordia et c’est grâce à Glen que je suis dans cette position aujourd’hui. Je ne pourrai jamais le remercier assez», a-t-il poursuivi.

Tant la défensive que l’attaque du Rouge et Or ont offert une solide performance. Le pointage a rapidement été de 3 à 1 grâce à un placement de David Côté du Rouge et Or suivi d’un simple de Concordia.

Touché attendu

Après une longue passe de 50 verges qui n’a qu’effleuré les doigts de Marc-André Pivin dans la zone des buts, l’attaque du Rouge et Or a finalement eu son premier touché de la saison quelques minutes plus tard. Le quart Hugo Richard a alors lancé le ballon à Jonathan Breton-Robert, qui a ensuite mis les gaz sur 60 verges jusque dans la zone payante.

«Il était important, ce premier touché. Il a donné des flammèches à toute l’équipe et tout le monde avait de l’énergie. On a tenté plusieurs longues passes. On prenait l’espace qu’ils nous donnaient. Ça ne fonctionnait pas toujours mais, au moins, on essayait des choses», a commenté le receveur de passes.

Richard abondait dans le même sens. «Il fallait se faire respecter par la voie des airs. Avec les receveurs que l’on a, on peut faire toutes sortes de jeux. Il ne faut pas avoir froid aux yeux et moi, j’ai confiance en mes receveurs. Je sais qu’ils vont me mettre en bonne position», a commenté le quart-arrière.

Concordia a ajouté trois autres points avant la fin du premier quart sur un placement d’Andrew Stevens, mais Laval est demeuré en contrôle du match. La défensive a brillé au début du second quart quand Kean Harelimana a fait échapper le ballon aux Stingers et que Dan Basombo l’a récupéré très près de la zone des buts des visiteurs. Un second touché, résultat d’une passe de cinq verges à Vincent Forbes-Mombleau, ajoutait à l’avance des locaux peu de temps après ce revirement.

Revirements

Concordia a répliqué avec un autre placement, mais la défensive du Rouge et Or frappait de nouveau quelques minutes plus tard quand Vincent Desjardins faisait échapper le ballon au quart de Concordia, Adam Vance. Les locaux ont ajouté un autre majeur quelques secondes avant la demie quand Richard a lancé une passe de 27 verges à Marc-André Pivin et que, sur le jeu suivant, Christopher Amoah traversait la ligne des buts avec le ballon.

Amoah n’avait pas joué la semaine dernière et jure qu’il est rétabli à 100% de sa blessure à la cheville avec comme preuve ses 97 verges accumulées par la course. «La ligne offensive m’a donné des brèches, moi je les ai prises et j’ai couru à 100%», a-t-il commenté après la partie.

À 6:29 du troisième quart, Mathieu Betts permettait aux siens d’ajouter deux points en plaquant Vance dans sa zone des buts. Son deuxième sac de la soirée portait son total en carrière à 28,5, lui qui avait battu plus tôt le record d’équipe de 26,5 établi par Vincent Desloges. 

Un autre placement de Côté, un touché de sûreté et deux autres touchés, une passe précise de 18 verges de Richard à Alexandre Savard, puis une courte course de Philippe Lessard-Vézina à la porte des buts, ont complété la marque pour Laval. Concordia a ajouté deux points dans une cause perdue en fin de match quand Laval a accordé un touché de sûreté.

Notes: Après le match de samedi, Hugo Richard comptait 8487 verges par la passe, dépassant les 8288 de Mathieu Bertrand en carrière avec le Rouge et Or. Il lui en manque 44 pour battre le record d’équipe de 8530 établi par Benoit Groulx...

Constantin a retiré du match le demi défensif Kevin McGee après qu’il eut écopé d’une pénalité pour conduite antisportive en fin de partie, lui qui avait été suspendu un match l’an passé après un plaqué à la tête contre Concordia. «Peut-être qu’il finira par être ciblé et il n’aide pas sa cause. Ce n’est pas comme ça comme ça qu’on joue au football à Laval», a commenté Constantin...

Pleins feux

Benjamin et Christophe Gagné: frères de sang, frères de sports

L’important, c’est de participer, pas vrai? Non, pas ici. Dans cette maison, tant qu’à jouer, on joue pour gagner. Toujours. À tout. Les frères Gagné portent bien leur nom. Christophe évolue comme secondeur du Rouge et Or football de l’Université Laval et Benjamin occupe un poste de défenseur chez les Remparts de Québec. Voici leur famille, leur histoire.

On roule dans un secteur très résidentiel, au bout de Saint-Augustin-de-Desmaures. Dans l’entrée de la maison, une motomarine. Au bord de la rue, un panier de basketball où ont été disputés un nombre incalculable de matchs épiques. Matchs au terme desquels les joueurs, souvent, se sont aussi disputés.

«Si on joue l’un contre l’autre aux jeux vidéo, celui qui perd va nécessairement finir fâché», constate Christophe, l’aîné, dans un élan de lucidité fraternelle. «Ça joue aux cartes, au Monopoly, n’importe quoi, ils pognent les nerfs!» résume maman Marie-Josée, qui a trop souvent vu un rejeton frustré de perdre contre l’autre pour ne pas en rire.

Christophe raconte : «On était à la maison avec nos blondes, je pense qu’on jouait à Jour de paye. Il ne faisait pas beau. La blonde à Ben fait quelque chose, je ne me souviens plus quoi. Et là Ben, dans son élan compétitif, se lève : “Non! J’arrête de jouer! Tu triches, ça n’a pas de sens! Moi, je ne joue pas avec des tricheurs!” Et il sacre son argent là et s’en va! Les trois, on se regardait et on n’avait aucune idée de ce qui venait de se passer.»

«Ou comme la fois à Noël», renchérit Benjamin. «On jouait à un jeu [Catch Phrase] où il faut faire deviner un mot ou une expression.» Tout le monde autour de la table, sauf le journaliste, sait immédiatement de quoi il parle. Ça rit déjà.

«Moi, je n’étais même pas là», enchaîne Christophe. «Mon frère me texte : “Tu as bien fait de ne pas venir avec nous, c’est de la câlique de marde! P’pa joue à son jeu de mots et il n’arrête pas de tricher!”» 

«C’était moi contre mon père et son équipe était bien plus forte que la mienne», poursuit Benjamin. «On se faisait rincer et je ne trouvais pas ça drôle, mais au moins, c’était dans les règles. Mais à un moment donné, il se met à inventer des règles pour avantager son équipe! Là, ça faisait plus. Je suis allé m’asseoir sur le divan et j’ai arrêté de jouer.»

À écouter ses fistons, papa Richard est celui qui se bidonne le plus. Loin de nier les faits, il en rajoute : «Je m’étais paqueté un club. Je ne veux pas perdre!» avoue-t-il, avant de rappeler que «c’était Noël!»

Football

L'élève Collinson contre le maître Constantin

Après avoir officié aux côtés de Glen Constantin pendant huit ans, l’entraîneur des porteurs de ballon du Rouge et Or Brad Collinson est revenu cet été à son alma mater, l’Université Concordia, pour y devenir entraîneur-chef. L’élève et le maître se retrouveront pour la première fois samedi (19h) sur le terrain du Stade Telus aux commandes d’équipes opposées. Notre journaliste Ian Bussières a préparé ce face-à-face entre les deux hommes.

TOUT JUSTE ARRIVÉ, DÉJÀ BIEN IMPLANTÉ

Recrue des entraîneurs-chefs du football universitaire québécois, Brad Collinson estime avoir ce qu’il faut entre les mains pour que les Stingers de Concordia connaissent une bonne saison. «Ce sera quand même un feeling un peu bizarre de revenir à Québec après avoir passé de si bonnes années là-bas. Je sais que Laval est bien coaché et qu’il faut donc se préparer comme il faut.»

Arrivé à la tête des Stingers cet été, il estime avoir bien apprivoisé l’équipe pour laquelle il a déjà évolué avant d’atterrir avec personnel d’entraîneurs du Rouge et Or. «On apprend chaque jour, j’ai fait un bon bout de chemin et je connais mieux les joueurs. On est où on veut.»

Collinson ne s’inquiète pas du départ du porteur de ballon vedette Jean-Guy Rimpel. «On a quand même quatre ou cinq bons porteurs de ballon et j’ai très hâte de les voir courir», indique celui qui avoue connaître davantage l’offensive en ajoutant qu’il se mettra tout de même «un peu» le nez dans la défensive.

Il ne considère cependant pas nécessairement comme une bonne chose la semaine de congé dont vient de bénéficier les siens. «Oui, on est reposés après cette semaine-là, mais ce n’est jamais évident d’avoir une semaine sans match. On aurait aimé avoir un match dans la ceinture avant d’affronter le Rouge et Or, mais, que voulez-vous, les jeux sont faits!» poursuit Collinson à propos du calendrier.

Oublier le passé

Et même si les Stingers ont été l’une des équipes qui ont le mieux tenu tête au Rouge et Or l’an dernier, il refuse de se baser sur le passé. «Un bon entraîneur, après chaque année, il se regarde dans le miroir et il sait que ce sera différent, car chaque année est différente», résume-t-il.

Collinson est cependant conscient que les Stingers ne pourront pas se permettre beaucoup d’erreurs contre une machine bien huilée comme celle du Rouge et Or. «Au football canadien à trois essais, il faut tout le temps contrôler ce qu’on peut contrôler. Il faut faire les choses comme il faut et, peu importe ce qui se produit, il faut se concentrer sur le prochain jeu.»