Rouge et Or

Des contretemps pour les Mustangs ne font pas perdre le sourire au coach Marshall

Se lever trop tôt pour attendre l’avion trop longtemps. Un joueur qui en blesse un autre à l’entraînement. La première journée des Mustangs à Québec n’a pas été de tout repos!

Greg Marshall est débarqué avec ses hommes en terrain hostile à -20 °C, après avoir raté le point de presse matinal et tout juste à temps pour s’entraîner dans le stade de soccer intérieur de l’Université Laval. Le coach par excellence cette année dans le football universitaire canadien — il a reçu le trophée en soirée — a toutefois trop d’expérience pour laisser ces avaries lui enlever le sourire.

Rouge et Or

Betts entre dans l’histoire du football canadien

Pour une troisième année consécutive, le joueur de ligne défensive Mathieu Betts a été sacré joueur de ligne par excellence au Canada, remportant jeudi soir le trophée J.P. Metras lors du banquet des étoiles canadiennes tenu en marge de la finale de la Coupe Vanier.

Le redoutable numéro 9 du Rouge et Or devient le premier joueur de l’histoire à remporter cet honneur trois fois. En tenant compte de son trophée Peter Gorman (recrue de l’année) en 2015, Betts est aussi le premier footballeur à remporter quatre prix majeurs U Sports, l’autorité qui supervise le sport interuniversitaire au Canada.

Coupe Vanier

Philippe Dion a tracé le chemin chez les Mustangs

À l’aube de son dernier match universitaire, le joueur de ligne défensive des Mustangs de Western Ontario Philippe Dion ne regrette pas son choix de s’être exilé en Ontario. Une décision qui a ouvert la voie à d’autres footballeurs québécois dans l’équipe championne de la Coupe Vanier 2017.

«Nous sommes arrivés cinq en même temps. Moi, Jean-Gabriel Poulin, Jordan Beaulieu, Lloyd Bureau et Grégoire Bouchard. L’année suivante, trois autres Québécois nous rejoignaient à London», raconte Dion au bout du fil.

«Avant nous, ce n’est pas que les Mustangs ne voulaient pas recruter au Québec, mais ils avaient l’impression que les efforts qu’ils investissaient dans la province voisine ne donnaient pas beaucoup de résultats», enchaîne celui qui a vu Poulin (Alouettes) et Beaulieu (Eskimos) atteindre la Ligue canadienne.

L’exemple et les succès de joueurs comme Dion du côté ontarien ont cependant changé la donne. «On aime ça voir des gars du Québec s’amener ici. Quand ils viennent visiter, on s’assure de bien vendre notre salade», poursuit celui qui a joué un rôle d’ambassadeur pour plusieurs footballeurs québécois tentés par l’expérience ontarienne.

Grâce à Mackey

C’est son entraîneur avec les Cougars de Champlain-Lennoxville, Kevin Mackey, lui-même un ancien Mustangs, qui a suggéré à Dion de prendre le chemin de son alma mater. Une fois à Western, il a poursuivi le travail.

«Les recruteurs me demandaient qui étaient les gars intéressés à sortir du Québec, à qui ils pourraient parler, alors je leur ai fait une liste», poursuit le natif de Blainville, qui ne tarit pas d’éloges pour la vénérable institution de London.

«Les études en anglais, c’est très important, mais aussi d’apprendre à se débrouiller de façon indépendante quand on part à une dizaine d’heures de chez nous. De plus, il y a une culture autour du programme. On se fait des contacts partout au Canada qui vont nous durer toute notre vie, autant pour le sport que pour notre carrière future.»

Coupe Vanier

Richard et Betts en terrain connu

En Hugo Richard, quart-arrière, et Mathieu Betts, joueur de ligne défensive, le Rouge et Or de l’Université Laval peut compter sur deux joueurs très décorés en matière de bagues de championnats.

Les leaders offensif et défensif de l’équipe de Glen Constantin ont en effet remporté le championnat dans le niveau le plus élevé de toutes les catégories de football au Québec, à savoir le Bol d’or juvénile en première division, le Bol d’or collégial en première division et la Coupe Vanier.

Les deux ont gagné avec le Cactus du Collège Notre-Dame alors qu’ils étaient au secondaire et avec le Rouge et Or en 2016. Entre les deux, Betts a gagné en 2014 avec les Spartiates du Cégep du Vieux-Montréal alors que Richard l’avait fait en 2012 avec les Cheetahs du Collège Vanier.

«Je ne sais pas si moi et Mathieu sommes les seuls de l’équipe à avoir des championnats en première division au secondaire et au collégial en plus d’une Coupe Vanier. Probablement qu’il y en a d’autres, je ne suis pas certain...», a avoué le quart-arrière après l’entraînement au PEPS mercredi.

Atout important

Une chose est certaine cependant pour Richard, qui demeure une force tranquille et d’un calme légendaire même à l’approche de parties cruciales : le fait d’avoir été sur le terrain dans de «gros matchs» demeure un atout non négligeable.

«Ce n’est pas tout le monde qui a eu la chance de jouer dans de gros matchs comme ça, ça te donne une expérience que tu ne peux pas vraiment aller chercher ailleurs», explique-t-il, en soulignant toutefois que le facteur de difficulté est bien différent d’un niveau à l’autre.

«Quand on monte, c’est beaucoup plus difficile et une Coupe Vanier, il faut en avoir vécu une pour savoir ce que c’est. Et quand on l’a vécu, ça nous permet d’être un peu moins nerveux», ajoute celui qui a deux finales nationales à son actif : une gagnante en 2016 et une perdante l’an dernier.

Même si la dernière saison a été très bonne pour lui, Richard refuse de s’asseoir sur ses lauriers. «Je sais que j’ai eu une bonne année, mais ça ne compte plus quand on arrive au dernier match, à la grande finale.»

Il souligne également qu’il ne faut pas non plus s’ajouter trop de pression. «Il faut faire comme si c’était un autre match, il faut un équilibre. Il faut quand même que les joueurs soient heureux et qu’ils aient du plaisir. C’est le délicat dosage qu’il faut rechercher pour un match comme celui-là.»

Richard sait que ce match sera son dernier après une carrière universitaire bien remplie où il a fracassé de nombreux records. Celui qui a étudié en génie mécanique aimerait bien poursuivre son périple avec le ballon ovale chez les pros, mais il sait qu’il a un pouvoir limité sur la suite des choses.

«Continuer chez les pros, ce n’est pas moi qui décide ça. Il faut voir s’il y a des opportunités. Présentement, ça n’a pas l’air très fameux...», avoue-t-il bien humblement. «Par contre, vous pouvez être certain que je vais continuer de m’entraîner tout l’hiver pour voir s’il y en aura, des opportunités, par la suite.»

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