Même si, à 6'1'', Vincent Desjardins est considéré de petite taille pour un joueur de ligne, il a toujours su s'adapter et faire les gros jeux au bon moment.

Vincent Desjardins, une étoile dans l'ombre

Peut-on vraiment dire d’un athlète tout étoile qu’il joue dans l’ombre d’un coéquipier? Rarement, mais le cas de Vincent Desjardins ressemble à une exception.

Et c’est uniquement en raison de l’intérêt soulevé par son ami et coéquipier sur la ligne défensive du Rouge et Or, Mathieu Betts. Car Desjardins connaît une carrière colossale dans les rangs universitaires, où il a déjà été nommé deux fois dans l’équipe d’étoiles canadiennes, en 2016 et en 2017.

Mais Betts est un joueur spécial. Et ç’a paru dès mardi, lors de la journée des tests physiques en préparation au Défi Est-Ouest, présenté samedi (12h30) au Stade Telus du PEPS. Tous les yeux étaient déjà tournés vers l’ailier défensif.

«On en a entendu parler!» a rigolé Desjardins, vendredi, après l’entraînement de l’Est. «Je pensais que mon Facebook, c’était celui de Mathieu. C’était à ce point-là», a-t-il aussi illustré.

Malgré tout, Desjardins hésite à employer le mot «ombre». Comme, on présume, hésiterait aussi à le faire le toujours humble Betts, premier à vanter le travail de ses coéquipiers. Les deux hommes sont plutôt comme deux doigts d’une même main.

«Je ne suis pas dans son ombre tant que ça, parce que je pense qu’on se complète bien», analyse Desjardins. «On a une bonne complicité.

«Et ça ne me dérange pas d’être dans l’ombre de Mathieu», ajoute-t-il toutefois, du même souffle. «C’est un grand joueur, je suis content de jouer avec lui.» Ils se connaissent depuis longtemps, «depuis que j’ai perdu le Bol d’or contre lui au secondaire», raconte Desjardins.

Capacité d’adaptation

L’ancien du Campus Notre-Dame-de-Foy réussit à se démarquer malgré sa petite taille pour un joueur de ligne. À 6’1’’ et 257 livres, il fait souvent face à des hommes bien plus imposants que lui. Il ne s’en cache pas : ce 6’1’’ demeure sans doute sa «plus grande faiblesse» en vue d’une carrière chez les professionnels.

«Je ne suis pas le plus gros body type. Je pense à un gars à côté de moi [sur la ligne défensive de l’Est] qui s’appelle Thomas Grant. Lui il est grand [6’6’’], il a la shape de l’emploi. Mais l’effort que je suis capable de donner, le fait que je sois bien coaché depuis le début de mon parcours… C’est ce que je peux amener sur le terrain», souligne Desjardins, beaucoup plus «vocal» entre les lignes que dans le vestiaire.

S’il connaît tant de succès malgré sa taille «modeste», c’est d’abord grâce à sa capacité à s’ajuster, fait remarquer son instructeur cette semaine, David Caron, des Ravens de Carleton.

«C’est un gars qui applique tout ce qu’on lui dit», résume l’ancien membre du personnel d’entraîneurs des Élans de Garneau. «Quand tu lui demandes quelque chose, c’est appliqué, c’est bien fait. C’est pour ça qu’il s’améliore si rapidement et qu’il est si efficace. Il est super facile à coacher

Contrairement à son poulain du moment, Caron ne voit pas les 6’1’’ de Desjardins comme un si gros handicap pour la suite de sa carrière. «En bout de ligne, ce que les dépisteurs veulent voir, c’est des gars qui font des jeux. C’est un gars qui a sa place, c’est sûr et certain.»

Le principal intéressé n’en fera pas une maladie, mais la Ligue canadienne est dans sa mire, comme tous les joueurs présents cette semaine à Québec. «Je vais tout faire pour essayer de me rendre là. Et si ça ne fonctionne pas, j’ai d’autres plans dans ma carrière», conclut l’étudiant en génie civil.

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LA CHANCE DE SE FAIRE UN NOM

Benjamin Garand-Gauthier n’avait pas été retenu pour le Défi Est-Ouest, et il ne s’en faisait pas trop. Mais lorsque Glen Constantin lui a dit qu’une place venait de se libérer, la semaine dernière, il a sauté sur l’occasion. Le centre-arrière du Rouge et Or y a vu une chance de laisser une bonne impression dans la tête des dépisteurs de la Ligue canadienne. «Je voulais me faire un nom», a lancé l’athlète de Châteauguay, vendredi. «J’ai joué pas mal sur les unités spéciales dans les dernières années, mais je voulais montrer que j’étais aussi capable de jouer comme centre-arrière, de bloquer et d’être physique.» Garand-Gauthier a raté toute la saison 2016 en raison d’une blessure à l’ischio-jambier, absence qui l’a forcément «un peu» ralenti dans sa progression.  

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UN «P'TIT GARS» DE 6'3'' ET 250 LB

À 6’3’’ et 250 livres, Mathieu Betts est un solide gaillard. Mais il avait malgré tout l’air d’un p’tit gars, vendredi, lorsqu’il discutait avec son coéquipier Samuel Thomassin, véritable armoire à glace de 6’6’’ et 313 livres. La présence tout près du bloqueur de Concordia Maurice Simba (6’8’’ et 323 livres) complétait ce tableau, à côté duquel votre humble serviteur (5’10’’ et 30 livres en trop) se sentait littéralement minuscule.