Dimitri Morand, des Carabins, tentera dimanche d'éviter de tomber dans les bras de Mathieu Betts, chasseur de quarts par excellence du Rouge et Or.

Un match comme les autres, mais...

Chaque fois qu’un coach ou un joueur tente de faire croire qu’un duel Rouge et Or-Carabins reste «un match comme les autres», il y a toujours un «mais», après. Mais le championnat de saison est à l’enjeu, dimanche, donc aussi l’avantage du terrain pour la finale de conférence. Mais ça se décide toujours sur le dernier jeu, alors que leurs matchs contre les autres équipes cette année ont presque tous été des massacres. Mais le stade du PEPS sera rempli de 18 000 amateurs, ce qui n’arrive qu’une fois par année. Alors, ça n’aura encore rien d’un match comme les autres. Face à face entre les deux puissances du football universitaire québécois.

NE PAS TRICHER

«Si on coache plus fort cette semaine, on est en train de tricher nos jeunes le restant de l’année. Et si les joueurs travaillent plus fort cette semaine, ça veut dire qu’ils trichent le restant de l’année», affirme Danny Maciocia.

Le patron des Bleus rappelle du même souffle que la semaine ne comprenait quand même que trois séances d’entraînement de deux heures chacune et que le match se jouera encore sur quatre quarts pour 60 minutes de football au total.

N’empêche qu’en homme de football d’expérience, l’entraîneur-chef convient que la clé pour des Carabins sera de «voir comment on va gérer le premier quart. À partir de là, on va avoir une bonne idée quel genre de journée on va passer», tranche-t-il.

Entre les lignes blanches, dans une rencontre où les erreurs se font rares, les revirements s’avéreront encore plus cruciaux qu’à l’habitude. Avec un quart-arrière nouvellement promu au poste de partant, Dimitri Morand, les Carabins souffrent ici d’un désavantage contre le pivot finissant de cinquième année du Rouge et Or, Hugo Richard.

Maciocia souligne d’ailleurs que son nouveau système défensif renouvelé à 80 % durant la saison vise avant tout à réaliser plus d’interceptions. Et ça marche, puisque ses protégés ont jusqu’ici intercepté huit ballons en cinq matchs, dont quatre retournés pour des touchés.

Mais, aucune interception dans le premier match contre Laval, le 8 septembre, à Montréal. Contre deux aux dépens des quarts Gabriel Archambault et Morand qui ont provoqué deux placements et six points. Quand le pointage final montre 12-7 en faveur de l’UL, difficile de ne pas considérer que les interceptions ont permis au Rouge et Or de gagner.

Ou encore l’absence d’interception de l’autre côté. Richard peut se vanter d’être le seul quart universitaire partant au Canada à ne pas encore s’être commis dans une interception cet automne.

PAS QUESTION DE JOUER L'ÉCART

Glen Constantin n’hésite plus à voir ces affrontements pour ce qu’ils sont : «La plus grande rivalité au Canada» dans le football universitaire. «Les gars regardent plus de vidéo, ça parle encore plus de football dans le vestiaire», constate avec joie le barreur du Rouge et Or.

Au portrait global, sa troupe possède un coussin de cinq points à la suite de la victoire de 12-7 à Montréal du 8 septembre. Les gars de Québec peuvent donc perdre par quatre ou moins dimanche sans abandonner leur objectif de championnat de saison.

Et quand l’on considère que 11 des 12 derniers duels entre Rouge et Or et Carabins se sont soldés par un écart de six points ou moins, il n’est pas farfelu de croire que l’on se retrouvera encore dans ces eaux en fin d’après-midi, dimanche.

«On n’arrive pas là dans l’optique qu’on a un coussin de cinq points. On va là pour gagner un match de football, point final», prévient Constantin, qui n’autorise jamais de demi-mesures de ses joueurs. Encore moins dans une partie où «entre 6 et 10 jeux vont faire la différence».

Avec Asnnel Robo comme porteur de ballon et les receveurs étoiles Régis Cibasu et Louis-Mathieu Normandin, de retour au jeu, les Carabins proposent une attaque équilibrée, comme en font foie leurs statistiques à parité par la course et par la passe.

Ils auront à faire avec la solide défensive du Rouge et Or, qui n’a accordé que 26 points en cinq sorties, contre 28 pour Montréal. L’ailier Mathieu Betts et le plaqueur Vincent Desjardins constituent avec Richard les piliers d’une équipe à maturité.

Jusqu’à l’obligation de gagner en cette fin de cycle? «C’est bien possible qu’on se reparle au même moment de la saison l’an prochain et que le Rouge et Or soit premier au pays», constate de son côté l’entraîneur des Carabins Danny Maciocia, sachant quelle machine il doit affronter année après année.