Même s'il ne néglige pas sa préparation en vue du match de la Coupe Uteck, samedi, le quart Hugo Richard (à gauche) ne peut s'empêcher de penser à une fin de carrière couronnée par un triomphe à la Coupe Vanier.

Un dernier rodéo de rêve pour Hugo Richard

Même si ce sont les X-Men de St. Francis Xavier qui occupent ses pensées présentement, le quart-arrière du Rouge et Or Hugo Richard ne peut s’empêcher de garder un œil sur le match de la Coupe Vanier qui suivra cette finale de la Coupe Uteck.

«Honnêtement, je ne pourrais espérer mieux comme dernier rodéo», a illustré le numéro 4, qui en est à sa cinquième et dernière année d’admissibilité au football universitaire, après l’entraînement de l’équipe jeudi soir. 

«On ne peut pas ne pas y penser [à la Coupe Vanier]. Quand on sort de la conférence, l’objectif n’est jamais la demi-finale canadienne, mais bien de se rendre en finale de la Coupe Vanier», indique celui qui a participé aux deux dernières finales avec une victoire contre les Dinos de Calgary en 2016 et une défaite face aux Mustangs de Western Ontario l’an passé.

«Gagner la Coupe Vanier, c’est un feeling incomparable. Surtout dans une saison relativement courte comme la nôtre, alors qu’on passe toute l’année à s’entraîner pour se rendre là. Il y a ce sentiment quand on réussit à atteindre l’objectif qu’on s’était fixé. Quand on perd, bien sûr que ça fait mal, mais on a quand même la satisfaction de s’être rendus jusque là», explique-t-il.

Richard note également que l’expérience unique de passer toutes les séries à domicile cette année apporte une autre dimension à la quête, tout comme l’éventualité de voir le Rouge et Or être couronné champion canadien devant ses partisans. 

Saison de records

Jusqu’à maintenant, le pivot de 24 ans a connu une saison de rêve, son équipe demeurant invaincue alors qu’il fracassait les records. Il est devenu le septième quart au Canada à atteindre le cap des 10 000 verges par la passe en saison régulière.

Il est aussi le premier quart canadien à passer pour au moins 70 touchés et à réussir au moins 30 touchés par la course. Sa 70e passe de touché marque également un record de la conférence du Québec.

«Comme c’est là, ça s’enligne bien pour qu’on se rende à la Coupe Vanier, même si la température est incertaine et qu’on affronte une équipe qu’on ne connaît pas», reprend Richard, qu’on sent confiant en ses capacités et en celles de ses coéquipiers pour le match contre les X-men.

«Quand tu affrontes une équipe que tu n’as pas vue de l’année, ça demande beaucoup de temps et d’attention. Dernièrement, on a regardé beaucoup de films de leurs matchs, histoire de détecter les tendances. Il faut savoir investir le temps quand on veut se rendre jusqu’au bout.».

Entraînement neigeux

Les joueurs du Rouge et Or se sont entraînés à l’extérieur pour la première fois de la semaine jeudi soir sur le terrain du Stade Telus encore enneigé après une demi-finale québécoise et une finale de la Coupe Dunsmore également nappées de blanc.

«Ça a fait du bien de s’entraîner dehors. Avec les matchs de cette année, j’ai vécu mes premières expériences de neige depuis que je suis avec l’équipe. J’avais joué dans le froid intense, mais jamais dans la neige. Le défi, c’est de rester concentré, de garder nos pieds en-dessous de nous pour ne pas glisser. Il faut aussi accepter qu’on ne peut pas s’attendre à des miracles dans de telles conditions», note Richard.

«Pour un quart-arrière, la neige, ça n’empêche pas de lancer. Ce n’est pas comme la pluie qui endommage le ballon. Par contre, ça devient plus difficile pour mes receveurs de passes de se démarquer et de bien suivre leurs tracés», enchaîne Richard, qui estime qu’il y aura tout de même de la place pour la passe et la course contre les X-Men. «Notre livre de jeux demeure encore ouvert.»

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FÉLIX GARANT-GAUTHIER VEUT VIVRE LA COUPE VANIER SUR LE TERRAIN

Il a vu ses coéquipiers du Rouge et Or remporter le gros trophée du général Vanier alors qu’il n’était pas en uniforme en 2016, puis il a encaissé avec eux la défaite en grande finale l’an dernier. Cette année, le centre-arrière Félix Garand-Gauthier est déterminé à aider les siens à gagner un autre championnat canadien.

«En 2016, j’en étais à ma première année, j’étais un quart-arrière et j’apprenais encore le livre de jeux», rappelle le produit des Nordiques de Lionel-Groulx. «La Coupe Vanier, on en parle et on en reparle depuis qu’on l’a perdue l’an passé», poursuit-il, démontrant à quel point ses yeux et ceux des autres représentants de l’Université Laval sont rivés sur le championnat canadien.

«Mon frère aîné Benjamin [également centre-arrière avec le Rouge et Or] était blessé en 2016 et on a donc vécu la victoire en Coupe Vanier ensemble sur le banc», raconte-t-il. «J’estime avoir apporté ma contribution en 2016 même si je n’ai pas joué, car on participe tous aux entraînements, on aide les autres joueurs. Mais cette année, je veux avoir l’occasion de contribuer sur le terrain. Ce serait un petit quelque chose de plus.»

Celui dont le rôle est dorénavant «d’ouvrir le chemin» pour les porteurs de ballon s’attend d’ailleurs à être sollicité alors que les conditions météorologiques ne s’annoncent guère optimales samedi pour le match de la Coupe Uteck. «Peu importe les conditions, on va courir le ballon. N’importe quelle équipe qui se rend en demi-finale canadienne, en novembre, n’a pas le choix de courir.»

Le footballeur de 22 ans n’est pas non plus préoccupé par le fait de ne pas connaître grand-chose de ses prochains adversaires, les X-Men de St. Francis Xavier. «Ils n’ont joué contre aucune équipe du Québec, mais on regarde beaucoup de films d’eux et on essaie de prévoir ce qu’ils feront.»

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LES INFOS DE DANTE DJAN

Il n’a peut-être pas joué un seul match en saison régulière depuis son arrivée en 2016, mais le receveur de passes du Rouge et Or Dante Djan avoue que ses entraîneurs lui ont demandé quelques informations sur ses anciens coéquipiers des X-Men, qui se frotteront à l’Université Laval en demi-finale canadienne, samedi.

«Ce n’est pas comme si on me demandait des renseignements approfondis sur St. Francis Xavier et leurs systèmes de jeu. Les entraîneurs ont accès à tous les films et peuvent le voir de leurs yeux. Par contre, oui, il peut arriver qu’on me demande de petites choses. Sur certains joueurs en particulier par exemple», explique l’athlète de 22 ans.

Avec les X-Men, Djan a évolué sous les ordres de l’entraîneur-chef Gary Waterman, qui dirige toujours l’équipe. Les différents coordonnateurs ne sont cependant plus les mêmes qu’à l’époque où il y captait les passes.

«Gary n’est pas un entraîneur extrêmement agressif, il aime faire courir le ballon. Il mise aussi beaucoup sur l’aspect défensif du jeu, un peu comme Glen [Constantin, l’entraîneur du Rouge et Or].»

Djan est convaincu que les joueurs des X-Men seront très excités au moment de sauter sur le terrain du Stade Telus. «Ils n’ont pas beaucoup de gros matchs comme celui-là avec beaucoup de monde dans les gradins.»

Il avoue aussi avoir adressé la parole à quelques-uns de ses anciens coéquipiers au cours des derniers jours. «J’ai encore des amis là-bas. Bien sûr qu’on se lance des blagues à l’approche d’un match comme celui-là. Mais ils n’ont pas essayé de me soutirer de l’information, ils savent que ça ne servirait à rien!» lance-t-il en souriant. 

Saison frustrante

Djan aurait évidemment aimé pouvoir participer à ce match de la Coupe Uteck, mais il a été frappé par la malchance depuis qu’il a été transféré de St. Francis Xavier à Laval en 2016.

L’Albertain a subi une luxation complète du genou durant le camp d’entraînement, une blessure majeure qui aurait pu mettre fin à sa carrière puisque tous les ligaments avaient été sectionnés. 

Après avoir subi de nombreuses chirurgies et vécu une longue réhabilitation, Djan a finalement disputé un match préparatoire cette année contre les Gryphons de Guelph durant lequel il a même inscrit un touché. Il n’a cependant pas revêtu l’uniforme en saison régulière, car sa guérison n’était pas encore optimale.

«Oui, ça a été une saison frustrante pour moi sur cet aspect-là. Mais au moins, l’état de mon genou prend le bon côté. Je vais continuer de travailler pour que l’amélioration se poursuive dans le but d’être de retour sur le terrain l’automne prochain», résume celui qui a encore deux années d’admissibilité au football universitaire.