Clément Lebreux et Marc Fortier peaufinent les derniers préparatifs en vue du match de la Coupe Vanier.

Un dernier match pour Clément Lebreux... deux ans plus tard

Glen Constantin est heureux de compter sur Clément Lebreux pour tenter de freiner la puissante attaque au sol de Western, samedi, en grande finale canadienne. Pourtant, le vétéran plaqueur avait joué son dernier match de football... il y a déjà deux ans.

«La défaite à la Coupe Vanier de l’an passé contre Western m’a fait revenir au jeu», a constaté le numéro 91, en fin d’après-midi vendredi, au terme de la toute dernière séance d’entraînement du Rouge et Or en 2018.

Après deux saisons universitaires prometteuses en 2015 et 2016, Lebreux avait accroché ses crampons au lendemain de la neuvième conquête du titre national par le programme de football de l’Université Laval. Il s’est retiré pour des raisons scolaires et d’avenir professionnel, complétant un diplôme d’études professionnelles en électricité durant son année loin du terrain.

«Ç’avait fini sur une bonne note, on avait gagné la Coupe Vanier! Mais je restais sur l’arrière-pensée que j’avais laissé le football en plan. Je côtoyais encore les gars de l’équipe et quand j’ai vu la défaite de l’an passé contre Western, ça m’a fait aussi mal qu’à eux. Ç’a été l’étincelle qui m’a fait revenir pour une dernière saison», confirme-t-il.

Même si Lebreux s’est tout de suite senti comme s’il n’était jamais parti, des blessures et une mononucléose ont fait de cette véritable dernière campagne un parcours en montagnes russes. Ce vrai dernier match, samedi, au PEPS, pourrait tout racheter.

«Une grosse addition»

«Une grosse addition en comparaison de l’an passé, c’est Clément Lebreux au centre de la ligne défensive», a souligné coach Constantin, jeudi, lorsqu’appelé à identifier les améliorations de son équipe depuis la cuisante défaite de 39-17 aux mains des Mustangs.

«Je ne veux pas mettre plus de pression sur Clément, il va quand même s’occuper de deux joueurs de 300 livres et plus et lui pèse 280 quelque. Mais l’an passé, c’était une recrue [Samuel Maranda-Bizeau], avec en plus un genou amoché, qui s’était acquittée de cette tâche», poursuit l’entraîneur-chef, qui est aussi responsable de la ligne défensive, justement.

Soyez assuré que Constantin avait avalé de travers les 302 verges de gains nets au sol de Western dans ce match, au fil de 53 courses sur 73 remises en jeu offensives.

«Si Glen dit ça, ça me flatte, surtout venant de lui», réagit Lebreux aux propos de son patron. «Western a une grosse attaque, mais je crois que mon style de jeu correspond bien au leur», indique le gaillard de 24 ans répertorié à 6’4” et 296 livres.

«C’est une équipe très confiante en ses moyens. Tu sais où ils vont courir et comment ils vont courir. Ils disent : “Essayez de nous arrêter!” On a travaillé toute la semaine là-dessus et je suis convaincu que nos entraîneurs vont produire un bon plan de match», assure celui qui se retrouvera sur la ligne de mêlée opposée à son ancien coéquipier du Collège Vanier, Grégoire Bouchard, un garde natif de Chicoutimi.

En plus de l’ajout crucial de Lebreux, la défensive du Rouge et Or comptera aussi cette année sur le maraudeur Kevin McGee, qui était suspendu l’an passé, ainsi que le solide secondeur Dan Basambombo pour augmenter son poids contre la course.

NOTE : Question de marquer le coup (de ciseau) pour la coupe (de cheveux), les joueurs du Rouge et Or arborent cette semaine la coiffure mohawk, tandis que ceux des Mustangs ont opté pour la décoloration au peroxyde.

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À QUI LE FROID?

Ce ne sera pas la première Coupe Vanier disputée dans le froid. En 2006 à Saskatoon, le mercure plongeait sous -20 °C et des ballons avaient éclaté à l’entraînement, plus tôt dans la semaine. Québec n’a pas été la Floride non plus avec des températures sous le point de congélation en 2010, avec de la neige, ainsi qu’en 2013. Mais avec un maximum de -2 °C attendu samedi après-midi, joueurs, entraîneurs, personnel des équipes et arbitres profiteront de chaufferettes sur les lignes de côté. Tout comme les chanceux qui regarderont le match des loges temporaires érigées à l’extrémité sud-est du terrain, sous lesquelles passeront les joueurs du Rouge et Or lors de leur entrée sur le terrain. Par contre, les autres spectateurs devront se méfier du froid. Le PEPS, du côté est du terrain, et le stade de soccer intérieur, à l’ouest, seront ouverts au public durant toute la rencontre.

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JOSEPH AU COEUR DE L'ACTION

Non seulement les Mustangs aiment courir, mais la météo favorisera le jeu au sol, samedi. Le nom du porteur de ballon montréalais Cedric Joseph va donc résonner dans les haut-parleurs du PEPS à plusieurs reprises. Il s’aligne avec Western pour une quatrième année. Joseph compose un dangereux monstre à deux têtes dans le champ arrière avec son coéquipier Alex Taylor. À deux, ils ont amassé plus de 2000 verges de gains par la course depuis le début de la campagne, 204 en demi-finale canadienne contre Saskatchewan. Ajoutez un quart-­arrière mobile, Chris Merchant. «Ça devient difficile pour la défensive adverse de savoir quoi défendre. Alex et moi, on se complète, moi en puissance et lui en finesse», dit l’auteur de 18 touchés en 2018, qui retrouvera son ex-coéquipier du cégep et très bon ami Kevin McGee, maraudeur chez le Rouge et Or. Joseph comptera sur le support de plusieurs amis et membres de la famille venus de Montréal.