Thomas Bolduc, un produit des Cougars de Lennoxville, avait été étiqueté comme l’un des candidats au poste de quart-arrière numéro deux à son arrivée au camp d’entraînement du Rouge et Or, en août dernier.

Thomas Bolduc: gagnant malgré la défaite

Malgré la défaite des siens face aux Carabins de l’Université de Montréal, le quart-arrière Thomas Bolduc est sorti gagnant du match de la Coupe Dunsmore. Non seulement il a poursuivi le beau travail qu’il avait amorcé pendant la saison régulière, mais il a pu montrer de quel bois il se chauffait dans les situations corsées.

«J’ai probablement vécu la plus grande adversité de toute ma jeune carrière, a mentionné la recrue. Et j’ai appris que malgré l’adversité, il fallait rester positif. J’ai vu que j’étais capable de faire des choses même si on tirait de l’arrière par beaucoup. Je vais maintenant devoir construire là-dessus et rester positif pendant toute la saison morte pour revenir en force la saison prochaine.»

Étiqueté comme l’un des candidats au poste de quart-arrière numéro deux à son arrivée au camp d’entraînement du Rouge et Or en août dernier, son premier avec la formation lavalloise, le jeune athlète a brûlé les étapes. Meilleur quart au niveau collégial à sa dernière saison avec les Cougars de Lennoxville, il a repris à Laval là où il avait laissé quelques mois plus tôt. Appelé à prendre la place du quart partant Samuel Chénard à compter du quatrième match de la saison, il s’est imposé match après match après avoir connu des débuts honnêtes face aux footballeurs de l’Université McGill.

«Si on m’avait dit que c’est moi qui serais au poste de quart lors du match de la Coupe Dunsmore, je ne l’aurais probablement pas cru. Des fois, il y a des choses comme ça dans la vie. Du jour au lendemain, tu as une opportunité. J’ai fait de mon mieux pour la prendre et j’ai donné mon 100 %. Ça n’a pas fini comme on l’aurait souhaité, mais je pense qu’il me reste de belles années devant moi et je vais prendre ce qui nous est arrivé comme une leçon et ça va juste me motiver pour travailler plus fort.»

Campagne mémorable

La première saison de Bolduc avec le Rouge et Or aura été remplie de promesses. Non seulement il a réussi 82 des 136 passes qu’il a tentées en saison régulière pour des gains de 1020 verges, une moyenne de 127,5 verges, mais il n’a été victime que d’une seule interception. Sous sa gouverne, les Lavallois ont compilé un dossier de cinq gains contre aucun revers. En séries face à Concordia, il a complété 17 des 25 passes qu’il a tentées pour des gains de 311 verges. Et malgré la grande pression de la défensive des Carabins samedi, il a été 34 en 50 pour des gains de 331 verges.

«Il faut donner le crédit à la défensive des Carabins. Elle ne nous a vraiment presque rien donné. On a réussi à profiter de quelques petites choses qu’elle nous a offertes quand elle faisait de la couverture en profondeur et on a essayé d’avancer avec ça mais c’est sûr que c’est difficile de driver tout le terrain avec de petits jeux.»

«Thomas est un quart-arrière recrue», a indiqué le coordonnateur offensif, Justin Ethier. En première demie, comme tout jeune quart-arrière, il a fait ses erreurs et on ne l’a pas aidé beaucoup au début. Il a eu de la pression avec des pressions à trois. Ça, c’est sûr que ce n’était pas l’idéal. La ligne à l’attaque lui a donné plus de temps en deuxième demie. J’ai trouvé que Thomas avait bien réagi. Il a eu plus de nervosité en début de match. J’ai trouvé qu’il avait bien fait ça en seconde demie.»

Même s’il n’en sera qu’à sa deuxième campagne avec le Rouge et Or en 2020, Bolduc se présentera au camp avec l’attitude d’un vétéran. «Je vais avoir beaucoup de background au football universitaire. Je vais avoir vécu de gros moments, de gros matchs et c’est sûr que ça va m’aider.»

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LE JEUNE HOMME DEVENU UN HOMME 

«Quand je me suis joint au Rouge et Or, je ne réalisais pas que j’étais à ce moment-là un jeune homme mais que je serais un homme quand ma carrière prendrait fin. Ça, je pense qu’on le réalise au fur et à mesure que les années passent. Et maintenant que c’est fini, ça me frappe. Je vois comment, au fil des années, j’ai progressé comme personne à travers l’équipe.»

Comme tous les finissants du Rouge et Or, Louis-Philipe St-Amand aurait mérité de terminer sa carrière avec une victoire. Mais les Carabins en ont décidé autrement. Un chapitre de sa vie d’athlète a pris fin samedi, une période de sa vie qui l’aura marqué à jamais.

«Ce que je retiens, c’est tout le bagage et l’expérience que je retire du football, mais surtout du Rouge et Or. C’est quelque chose qui me restera toute ma vie durant.» 

Obligé de composer avec des blessures sérieuses, dont une déchirure des pectoraux qui l’a laissé sur la touche pendant un an et demi et une déchirure du ligament croisé, St-Amand aurait eu de bonnes raisons d’accrocher ses crampons. Mais le demi-défensif a fait preuve de résilience, il s’est battu et il est revenu plus fort chaque fois.

«Je pense que c’est mon amour pour le football qui a fait que malgré tout ça, j’ai continué à jouer. L’amour que j’ai d’être dans l’équipe, d’être avec les gars et de vouloir me surpasser, c’est ça qui a fait en sorte que je n’ai pas voulu me laisser abattre par les blessures. Il y a des gens qui ont été surpris de ma volonté de continuer. Même le médecin l’a été quand je lui ai dit que je voulais continuer après que je me sois déchiré le ligament croisé. Mais moi, j’étais sûr à 100 % de ma décision. Et même si j’ai dû passer à travers tout ça, pour continuer, je ne regrette rien.»

Samuel Thomassin est un autre vétéran qui terminait sa carrière universitaire samedi. La défaite a mis un terme à une belle carrière de cinq ans avec la formation lavalloise.

«Le Rouge et Or, c’est ma deuxième famille. Ç’a été cinq années extraordinaires. C’est dur de finir comme ça. Mais on n’a pas joué notre meilleur match. Il ne faut pas essayer de chercher plus loin. Mais on y a cru jusqu’au bout.» Jean-François Tardif