Le quart arrière Hugo Richard a senti la pression sur cette séquence.

Rouge et Or 12 / Carabins 7: la défensive en gagne une autre

MONTRÉAL — Le Rouge et Or a arraché une victoire de 12-7 aux Carabins, samedi après-midi, à l’Université de Montréal.

Dans un autre affrontement ultra serré à bas pointage entre les deux grands rivaux du football universitaire québécois, la défensive a encore été la clé pour les représentants de Québec. Malgré trois victoires en trois jusqu’ici cette saison, le Rouge et Or n’a pas marqué de touché dans deux rencontres.

Depuis quatre ans, l’équipe qui a gagné le premier affrontement entre ces deux puissances a toutefois perdu les deux suivantes, dont la finale de conférence en novembre. Reste à voir si la tendance se vérifiera cette année. Les deux clubs se retrouvent le 7 octobre, à Québec.

«Gagner était la chose la plus importante. Après, on revient chez nous. Le but sera de ne pas tomber dans la trappe et de corriger la situation», a commenté l’entraîneur-chef des vainqueurs, Glen Constantin.

Quatre placements du botteur de précision David Côté (40, 37, 34 et 26 verges) ont suffi au club de l’Université Laval pour triompher sur le terrain de leurs antagonistes. Deux de ces placements découlent directement d’interceptions réalisées par le demi défensif Gabriel Ouellet.

Ouellet se fait un malin plaisir à briller contre les Carabins, ayant réussi quatre interceptions dans un autre match contre Montréal, l’an dernier.

«J’ai été surpris qu’ils lancent vers moi comme ça, peut-être qu’ils ne m’avaient pas vu», a souri le demi défensif de l’UL, qui a coupé des passes des deux jeunes quarts-arrières Gabriel Archambault, en première demie, et Dimitri Morand, en seconde moitié.

«Maintenant, ce sera à quelle équipe va progresser le plus jusqu’aux éliminatoires. Ça ne sert à rien si tu gagnes en début de saison, mais pas à la fin», tranche Ouellet.

Record pour Richard

L’attaque lavalloise «a bien bougé le ballon», comme l’a répété le pivot Hugo Richard auteur 20 passes réussies en 29 pour 212 verges de gains aériens sur 254 d’attaque nette totale. «On a eu de belles poussées offensives, mais on n’a pas su capitaliser. Pour gagner, il faut marquer des points», a tempéré Constantin, qui espère remédier à la question.

«Dommage qu’on n’ait pas trouvé la zone des buts», concède Richard, qui établit un record du Rouge et Or pour les verges par la passe en carrière. Richard devance les 8530 verges de Benoît Groulx (2005 à 2009), tandis que le record de la conférence québécoise du RSEQ est encore loin à 11 477 (Jérémi Roch, Sherbrooke, 2011 à 2015).

Avec un sac, l’ailier défensif est pour sa part passé au troisième rang du RSEQ pour les sacs en carrière et menace le record de ligue de 31,5 appartenant à Jim Aru (Queen’s, 1994 à 1998).

Brèche au 4e quart

Opposée à Betts et sa bande, l’attaque des Carabins n’a rien fait qui vaille avant le quatrième quart. Après 45 minutes de jeu, les Bleus n’affichaient que 99 verges d’offensive nette.

Amené en remplacement d’Archambault (5 en 9, 1 int., 28 v.) après la mi-temps, Morand (8 en 17, 1 int., 74 v.) s’est mis en marche en début de quatrième quart pour une poussée de huit jeux, 82 verges et le seul majeur du match, une course d’une verge de Morand.

Il faut dire que le Rouge et Or a soutenu cette poussée avec deux pénalités coûteuses de 15 verges chacune. C’était quand même le premier touché accordé cette saison par l’unité du coordonnateur Marc Fortier, après 11 quarts étanches.

«On a perdu ce match-là plus qu’ils l’ont gagné. On a fait des erreurs qui nous ont coûté cher», a indiqué Morand, après le revers. Son patron, Danny Maciocia, estimait avoir vu de belles choses de la part de son numéro 16, mais qu’il a trop «forcé le ballon» sur l’interception, jeu crucial s’il en est un.

En homme de football d’expérience, Maciocia ne s’en faisait pas outre mesure avec la défaite. «On a déjà vécu ce moment-là dans le passé», de perdre contre Laval en début de saison. «On va voir comment on va gérer ça dans les prochaines semaines.»

Blessure à faire frissonner

Dans cet affrontement où le rythme a manqué et les pénalités ont fusé — 31 au total pour 223 verges —, le moment qui a surtout retenu l’attention est d’un autre ordre. À la fin du premier quart, le bloqueur à droite partant des Carabins Arnaud Gendron-Dumouchel a subi une dislocation complète de la cheville droite.

À voir le colosse de 6’ 9” et 318 lb se tordre de douleur sur le terrain avec le pied tourné dans le mauvais sens, un grand frisson a traversé la foule de 5100 spectateurs réunis au stade de l’Université de Montréal, une salle comble.

Cet incident rappelle une autre horrible blessure à autre joueur des Carabins, Zacary Alexis, au genou dans son cas, aussi contre le Rouge et Or et aussi au CEPSUM, il y a un an presque jour pour jour.

Le coéquipier Morand a souligné que Gendron-Dumouchel, choix de quatrième ronde au dernier repêchage de la LCF, n’avait raté qu’une seule séance d’entraînement au cours de ses cinq campagnes universitaires. Et c’était cette semaine, à cause d’un cours.

Sherbrooke l’échappe

Toujours à Montréal, mais à l’Université Concordia, les Stingers (1-1) ont vaincu le Vert & Or Sherbrooke (0-3) 22-20 à l’aide d’une passe de touché de 25 verges sur le dernier jeu du match. Sherbrooke menait pourtant 20-5 avec cinq minutes à jouer, après avoir inscrit leurs premiers touchés de la saison et profité de cinq revirements en leur faveur.

Le Rouge et Or (3-0) est en congé la fin de semaine prochaine, alors que Concordia (1-1) sera à McGill (1-1) et Montréal (1-1) à Sherbrooke (0-3).