Avec déjà 81 joueurs en vue de la saison 2021, Glen Constantin n’avait pas besoin de faire un grand recrutement cette année.
Avec déjà 81 joueurs en vue de la saison 2021, Glen Constantin n’avait pas besoin de faire un grand recrutement cette année.

Recruter durant la pandémie, un défi pour Glen Constantin

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
En trente ans sur les lignes de côté, l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, n’avait jamais eu à faire face à un pareil défi au niveau du recrutement. Les jeunes joueurs qu’il doit tenter de convaincre de s’amener à l’Université Laval n’ont pour la plupart pas disputé un match depuis plus d’un an.

«C’est plus compliqué, c’est plus long cette année, mais ça commence à débloquer. Au football universitaire, nous n’avons pas de contrats, nous ne pouvons pas faire d’échanges, alors on n’a pas le luxe de se tromper. De plus, le processus d’évaluation des joueurs est rendu plus difficile dans les circonstances actuelles. Ce sont des «kids» qu’on a vus jouer pour la dernière fois à l’automne 2019. On n’a pas pu voir s’ils ont progressé ou régressé et on n’a pas vu de performances récentes», explique l’architecte du Rouge et Or en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Avec déjà 81 joueurs en vue de la saison 2021, Glen Constantin n’avait toutefois pas besoin de faire un grand recrutement cette année. «On avait eu une grosse classe de recrutement l’an passé, alors on pouvait être plus sélectifs, prendre moins de risques cette année.»

De la quinzaine de joueurs qu’il a réussi à convaincre, ce sont les joueurs de ligne défensive et les secondeurs qui sont les plus nombreux. «On avait de gros besoins au niveau de la ligne défensive et des demis défensifs, plus particulièrement les demis de coin. Il fallait aussi renflouer notre ligne offensive après le départ de nos trois «All Canadian» Samuel Thomassin, Samuel Lefebvre et Kétel Assé», poursuit le pilote du Rouge et Or.

De grosses prises

C’est pour cette raison que Constantin n’est pas peu fier d’avoir recruté le joueur de ligne offensive Jean-Christophe Vibert des Géants de Saint-Jean-sur-Richelieu, deux fois membre de la première équipe d’étoiles en première division collégiale. «C’est une grosse prise pour nous, c’est un joueur de six pieds cinq pouces et 320 livres qui bouge bien. Il pourra nous aider dès l’an prochain», explique-t-il.

L’ailier défensif William Quenneville du Notre-Dame du Campus Notre-Dame-de-Foy fait aussi partie de la dernière classe de recrutement. «On parle d’un joueur d’exception qui était convoité par plusieurs équipes», poursuit Constantin.

Le Rouge et Or devait aussi compenser la perte des secondeurs Dan Basambombo et Kean Harelimana. «Dan a été repêché par le Rouge et Noir d’Ottawa et préfère se concentrer sur ses cours à distance avant de tenter sa chance dans la Ligue canadienne de football. Quant à Kean, il pourrait revenir, mais préfère se préparer pour le football professionnel plutôt que de jouer une autre saison universitaire», explique Constantin.

Là aussi, le Rouge et Or est allé piger dans le bassin de joueurs de la région de Québec pour compenser ces départs alors que William Naud du Notre-Dame ainsi que Mathieu Proteau et Charles-Alexandre Jacques des Élans de Garneau s’amènent avec le Rouge et Or. 

Constantin a aussi mis la main sur deux demis défensifs, Maxime Saucier-Lafond des Titans de Limoilou et le Français Arnaud Laporte, qui s’alignait avec les Filons de Thetford Mines, ainsi que sur le quart-arrière Frédéric Clements des Gaillards de Jonquière. «Clements, c’est davantage un projet de développement à long terme», a précisé Constantin, qui a toujours l’intention de miser sur Arnaud Desjardins et Thomas Bolduc la saison prochaine.

Les autres recrues du Rouge et Or sont le porteur de ballon Gabriel Leblond des Faucons de Lévis-Lauzon, le receveur de passes Gabriel Loiselle du Notre-Dame et les joueurs de ligne défensive Enzo Esposito des Titans, Dominique Jacques et Samuel Cloutier des Cougars de Champlain-Lennoxville et Cédric Lamontagne des Élans de Garneau.

Deux classes

«Oui, j’aurai en quelque sorte deux classes de recrues en une l’an prochain et les joueurs auront droit à une année supplémentaire en raison de l’année perdue cette année. Ce qui compliquera encore les choses, c’est la règle du 25 ans qui fait que mes joueurs de cinquième année nés avant le 1er septembre seront probablement inéligibles», explique Constantin.

Il faut ajouter à cela un automne où le passage de la région de Québec en zone rouge a empêché ses protégés de s’entraîner normalement. «Ici, les gars se concentrent sur leurs études, mais c’est difficile pour eux qui sont habitués d’être encadrés sept jours sur sept. Il y en a même qui m’ont demandé s’ils pouvaient amener des poids dans le stationnement pour s’entraîner deux par deux! C’est une année d’expérience et de progression qu’ils n’auront pas sur le terrain et ça aura bien sûr des répercussions sur le jeu. Heureusement, c’est presque universel, si on exclut les Dinos de Calgary, les Rams de Regina et les Huskies de la Saskatchewan qui s’entraînent normalement même s’ils ne jouent pas de matchs. »

Ces équipes de l’Ouest canadien pourraient d’ailleurs briller à Québec ce printemps si Constantin réussit à réaliser son projet d’un tournoi auquel le Rouge et Or, les Huskies, les Rams, les Mustangs de Western Ontario, les Marauders de McMaster et les Carabins de l’Université de Montréal prendraient part au PEPS. «Ce serait une bonne chose que ça fonctionne, car ça donnerait une motivation aux joueurs cet hiver et parce qu’on veut éviter qu’ils arrivent au camp en août sans avoir pratiqué leur sport pendant 21 mois. Maintenant, il faut trouver un moyen de financer ça et espérer qu’on puisse avoir des spectateurs dans les estrades!» termine Constantin.