Geneviève Derome, joueuse de dernière année, n'a pu retenir ses larmes après avoir reçu la médaille d'argent, alors que le Rouge et Or avait l'or à sa portée.

Quatrième quart fatal pour le Rouge et Or

Les pleurs de Geneviève Derome, Raphaëlle Côté et plusieurs de leurs coéquipières en disaient long sur leur calvaire : celui de recevoir une médaille d’argent pendant que l’ennemi juré festoie sa victoire. Tout ça après être passées à 10 minutes du triomphe tant convoité.

Un quatrième quart catastrophique a littéralement coulé le Rouge et Or féminin de basketball, samedi après-midi, en finale québécoise. Dix-neuf points réussis par les Martlets de McGill contre deux pour l’Université Laval, qui menait pourtant 50-37 après trois quarts dans le bruyant amphithéâtre Desjardins-UL, au PEPS. Score final : 56-52.

Difficile d’expliquer pareille contre-performance en fin de match, surtout après trois quarts étincelants. L’entraîneur-chef Guillaume Giroux a parlé d’erreurs de concentration, peut-être causées par la fatigue due à l’«accrochage» soutenu des Martlets.

«On dirait que ça a comme frappé à ce moment-là. On n’avait plus de jus. Les filles qui se battaient ne se battaient soudainement plus. […] C’est le 19 qui me dérange. Le 2 me dérange aussi, mais le 19 je me l’explique mal. [Les Martlets] n’ont rien changé, elles ont juste continué de faire ce qu’elles faisaient. Nous, on a arrêté de faire ce qu’on faisait.»

Giroux a admis qu’une certaine panique s’est installée chez ses joueuses pendant le dernier 10 minutes. «J’ai pris le groupe à trois, quatre minutes de la fin. Je leur ai dit de focuser sur le moment présent. Je sentais qu’elles regardaient le score chaque fois, qu’elles commençaient à paniquer. De l’autre côté, elles chassaient quelque chose. Et nous, on regardait notre prédateur», a illustré l’entraîneur, ajoutant un peu plus tard : «Je pense que la meilleure équipe n’a pas gagné».

Dominante à son dernier match provincial, Côté a été la meilleure du Rouge et Or avec 17 points. Laval a bien contenu la grande Alex Kim-Rusk (neuf points), mais Frédérique Potvin a pris le relais avec 16.

La cérémonie d’après-rencontre n’a pas traîné, mais ces quelques minutes ont eu une saveur d’éternité pour les perdantes. Les joueuses du Rouge et Or ont rapidement quitté le terrain au moment où McGill recevait sa bannière, plusieurs joueuses retirant leur médaille d’argent.

Quelques minutes plus tard, certaines ont décliné la demande d’entrevue du Soleil, signe que la blessure était trop vive. «C’est la partie la moins l’fun du sport, je dirais», a lancé l’ailier Jane Gagné, souriante malgré tout.

Les Martlets ont ainsi assommé le Rouge et Or en séries pour une sixième année de suite. L’an dernier, c’est en grande finale canadienne que les Montréalaises avaient fait mal aux joueuses de l’Université Laval.

L’espoir vient des Maritimes

La saison du Rouge et Or n’est peut-être pas terminée. L’équipe possède de bonnes chances d’être repêchée pour les Championnats canadiens, en vertu de son cinquième rang au classement national. Giroux et compagnie doivent toutefois espérer une victoire d’Acadia contre l’Île-du-Prince-Édouard en finale de l’Atlantique, dimanche.

«Je pense qu’on va finir par y aller, mais ça va être bien plus dur que l’année passée à relever, ce groupe-là», a constaté Giroux, en parlant de ses joueuses. En 2016-2017, le Rouge et Or avait été surpris par Concordia en demi-finale québécoise, avant d’être repêché et d’atteindre la finale canadienne. «On espère toutes pouvoir y aller pour se reprendre du match qu’on a échappé aujourd’hui», a dit Gagné.

Grâce à leur victoire, les Martlets ont remporté le titre québécois pour une septième année de suite. Elles égalent ainsi le record déjà détenu par le Rouge et Or (2005 à 2011) et les Gaiters de Bishop’s (1978 à 1984).

Les partisans de McGill célébreront en double : les Redmen ont remporté le championnat provincial masculin en battant les Stingers de Concordia 98-79, à Montréal.