Le quart-arrière du Rouge et Or, Hugo Richard, s’est servi abondamment de ses jambes, atteignant la terre promise à trois reprises.

Place au duel de la 20

Le Rouge et Or a rendez-vous avec les Carabins, en finale du Québec. Encore. Sa victoire de 45-0 aux dépens du Vert & Or de Sherbrooke, samedi, n’a fait aucun doute. Encore.

Pour la 15e année de suite, le club de football de l’Université Laval disputera la Coupe Dunsmore, samedi prochain. Sur son terrain. Cinquième finale de conférence annuelle consécutive entre les grands rivaux de Québec et Montréal, qui ont partagé depuis 2013 avec deux victoires de chaque côté.

Pour ce faire, le Rouge et Or s’est débarrassé du Vert & Or, en demi-finale. Ceci sans trop de difficulté devant 8899 amateurs réunis au stade du PEPS. Entre autres en inscrivant trois touchés en l’espace de deux minutes et 10 secondes à la fin du deuxième quart, conséquences directes de trois revirements commis par Sherbrooke.

Les visiteurs s’accrochaient à un mince recul de 7-0. Mais après une échappée et deux interceptions, le Vert & Or rentrait tout à coup au vestiaire pour la mi-temps en retard 28-0. Le Rouge et Or n’avait plus qu’à contrôler l’horloge, c’était dans la poche.

«Il y a des matchs qui sont perdus avant d’être gagnés», a illustré l’entraîneur-chef de l’UL, après la 50e victoire éliminatoire dans l’histoire de 22 saisons officielles du programme. «Tu ne peux pas te permettre de faire des erreurs ou on va essayer de te le faire payer, surtout à la maison. La capacité de te ressaisir, c’est très important», a constaté Glen Constantin.

Ce que le Vert & Or n’avait pas. Malgré les cheveux peroxydés des joueurs et deux bottés truqués en début de rencontre, le Rouge et Or était juste trop fort. Sherbrooke a été dominé par Laval 131-20 au pointage en trois affrontements cette saison, l’attaque n’ayant toujours pas inscrit de touché contre la défensive du Rouge et Or depuis plus de deux ans, soit le 25 octobre 2015.

Troisième jeu blanc

Cette même défensive qui signait un troisième jeu blanc à ses cinq dernières sorties. Phénoménal dans n’importe quel sport, encore plus au football. Tout le crédit revient à Marc Fortier pour ses plans de match, mais aussi aux joueurs pour l’exécution, insiste Constantin.

Le Rouge et Or a profité d’un botté d’envoi court pour s’inscrire à la marque dès sa première série offensive. Premier de trois touchés sur une faufilade (1 v.) du quart-arrière Hugo Richard dans le match.

Puis quelques erreurs ont empêché d’ajouter à l’avance, comme des passes pas captées par Vincent Alarie-Tardif et Jonathan Breton-Robert, une échappée de Richard et quatre sacs encaissés sur quatre séries consécutives au deuxième quart.

«Je n’étais pas inquiet, parce qu’on avait un bon contrôle sur l’offensive de Sherbrooke. Mais contre les bonnes équipes, tu ne peux pas te permettre ça», commente Constantin, avec en tête d’abord Montréal, la semaine prochaine, et les autres champions de conférence par la suite.

Une échappée du receveur de Sherbrooke Tomy Duperron a d’abord mené au deuxième majeur de Richard (3 v.). Puis deux interceptions aux dépens du quart-arrière Alex Jacob-Michaud: celle de Christopher Gagné, suivie d’une passe de 60 verges à Benoît Brousseau-Gagnon pour le touché, et de Gabriel Ouellet après s’être disloqué un doigt, menant au troisième touché de Richard (1 v.). Tourbillon de 130 secondes dont les visiteurs n’ont pu s’extirper, juste avant l’entracte de surcroît

Le jeu de Gagné a «scié les jambes» du Vert & Or, souligne Constantin. À 14-0 et à la ligne de 13 de Laval, Sherbrooke croyait réduire l’écart à 14-7. Le secondeur Gagné, qui en était à son premier départ universitaire, a plutôt capté le ballon à sa ligne de 6. Deux jeux et neuf secondes plus tard, c’était 21-0. «Tu ne joues pas pour les performances individuelles, mais quand ça arrive, c’est malade!» s’est exclamé Gagné.

En deuxième demie, un touché du porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif (5 v.), deux placements de David Côté (28 et 16 v.) et deux touchés de sûreté ont gonflé le pointage.

***

Richard prouve son excellence

Le quart Hugo Richard a connu tout un après-midi, samedi, tout comme le porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif qui a cumulé 124 verges au sol.

Hugo Richard savait déjà qu’il sera nommé joueur par excellence au Québec, la semaine prochaine. Alors samedi, il a joué comme tel.

L’honneur ne lui sera décerné officiellement que le vendredi 10 novembre, à la veille de la finale de la Coupe Dunsmore. Une deuxième fois en quatre ans de carrière universitaire pour le quart-arrière du Rouge et Or. Mais le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) a publié l’information par inadvertance sur son site Internet, cette semaine. Bête erreur de l’organisme.

Sauf qu’avec ses 18 passes captées en 22 tirs (82%) pour 275 verges et un touché, en plus d’inscrire trois majeurs et 49 verges de gains sur 10 courses, le numéro 4 de l’Université Laval leur a donné raison, samedi après-midi. Cela malgré plusieurs remises aux chevilles de la part de son centre Louis-Gabriel Beaudet.

Richard a bien commis une interception et une échappée, raretés dans son cas cette saison, mais rien pour atténuer sa solide performance. Richard a en outre réussi ses neuf premières passes.

«J’étais quasiment content que la nouvelle sorte là! Parce que juste avant la Dunsmore, des fois, ça joue sur les émotions et ça déstabilise un peu», a expliqué le pivot étoile, après la victoire de 45-0.

«La semaine prochaine, au pire, je ne l’aurai pas. C’est pas grave! poursuit-il en souriant. L’anticipation n’est plus là. Ça enlève un stress sur tout le monde, ça enlève un stress sur l’équipe. On n’aura pas d’attentes. Ç’a été une bévue de leur part, on va en profiter.»

Ses coéquipiers Mathieu Betts, comme meilleur joueur de ligne de la conférence, Adam Auclair, meilleur joueur défensif, et Kean Harelimana, meilleure recrue, seront aussi récompensés, tout comme Glen Constantin au titre d’entraîneur de l’année. Avant Harelimana, Auclair, Betts et Richard ont été les recrues par excellence des trois années précédentes.

Cadeau de fête

La prestation de Richard contre Sherbrooke a constitué un beau cadeau de fête pour sa mère, mais le plus beau présent à lui-même et à l’équipe sera de faire aussi bien sinon encore mieux contre Montréal, samedi prochain.

«On a hâte. Les dernières fois qu’on a joué la Dunsmore ici, on n’a pas été capables de finir sur le dessus, alors c’est bon d’avoir cette occasion-là encore», a-t-il conclu, rappelant les deux éliminations crève-cœur de 2015 (18-16) et de 2014 (12-9) à domicile, chaque fois contre les Carabins.

Un autre qui a bien paru avec 124 verges et un touché en 24 portées, samedi, c’est le demi offensif finissant Vincent Alarie-Tardif, de retour de blessure. «Quand la ligne bloque bien de même, tu ne peux pas faire autre chose que courir! Je ne peux pas demander mieux pour mes derniers matchs universitaires», s’est-il réjoui.

Alarie-Tardif aura du boulot encore la semaine prochaine, puisque Christopher Amoah et Luca Perrier étant déjà absents, l’hécatombe chez les porteurs se poursuit avec Vincent Breton-Robert et Alexis Côté qui n’ont pas fini la rencontre. La perte du garde à droite Samuel Thomassin s’avérerait aussi très coûteuse pour la ligne offensive et le jeu au sol du Rouge et Or.

En quatre matchs éliminatoires en 2016, Alarie-Tardif a porté le ballon 49 fois pour 305 verges et deux majeurs.

Adam Auclair (2) est nommé meilleur joueur défensif de la conférence.

***

Cruel manque d'attaque

Le Vert & Or a beau avoir accordé 45 points et 532 verges d’attaque nette au Rouge et Or, les critiques de l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte se tournaient vers son offensive. D’abord pour les trois revirements-clés ayant mené à trois touchés en fin de première demie. Mais aussi de façon plus générale avec seulement 14 premiers jeux contre 32 et moins de 24 minutes de temps de possession sur 60. À 7-0 après 27 minutes de jeu, «notre défensive nous a donné une vraie chance de gagner ce match-là», a indiqué Lecompte. «Mais on ne peut pas s’attendre à tenir comme ça quatre quarts, ça prend une production à l’attaque.» Les 2 min 10 où sa troupe a encaissé trois touchés résument bien la saison de seulement deux victoires du Vert & Or, dit-il. «Je ne le dis pas de gaieté de cœur, mais le Rouge et Or a une bonne équipe et quand tu fais une erreur, ils te le font payer», affirme celui qui en est déjà à rebâtir pour l’an prochain avec déjà 18 recrues engagées à se joindre au Vert & Or en 2018, en plus de travailler sur «un gros coup de sept joueurs» des Cougars de Lennoxville.

***

Les Carabins gagnent 42-20

Malgré deux interceptions, deux ballons échappés et 213 verges de pénalités, les Carabins de Montréal ont vaincu sans trop de mal les Stingers de Concordia 42-20, samedi. Ils accèdent au match de la Coupe Dunsmore contre le Rouge et Or, la semaine prochaine. Trois gros jeux pour des touchés en faveur de Montréal: course de 31 verges de Guillaume Paquet, passe de 63 verges à Louis-Mathieu Normandin et retour d’interception de 80 verges de Jordan Perrin. À son dernier match au CEPSUM, le quart-arrière Samuel Caron a réussi 20 de ses 27 passes (74%) pour 182 verges, deux touchés et deux interceptions, en plus d’inscrire un majeur par la course (2 v.). Aussi en toute logique, les autres finales de conférence opposeront St. Mary’s à Acadia, Laurier à Western et UBC à Calgary.