La défensive du Rouge et Or a été impitoyable contre le Vert & Or, n’accordant aucun point et limitant à 204 le nombre verges gagnées.

«On a réveillé la bête»

Sherbrooke à peine écarté, la tête est déjà à Montréal. Le Rouge et Or se prépare à accueillir les Carabins pour une autre finale québécoise épique entre les deux grandes puissances du football universitaire, où la défensive risque encore d’être à l’avant-scène.

À ce jeu, le club de l’Université Laval brille de tous ses feux, à l’heure actuelle. Trois jeux blancs à ses cinq derniers matchs, dont une victoire éclatante de 22-0 aux dépens des Carabins. Écart étonnant, considérant que les neuf affrontements précédents entre Laval et Montréal s’étaient soldés par une différence de six ponts ou moins.

Mais pas samedi prochain, prévient le coordonnateur défensif du Rouge et Or. «Je pense qu’on a réveillé la bête», soupçonne Marc Fortier, à propos de cette humiliation infligée au Carabins lors de leur dernière visite au stade du PEPS, pas plus tard que le 21 octobre.

«On sait qu’on ne les blanchira pas à tous les matchs comme la dernière fois. Et je ne suis pas certain qu’ils aient été ébranlés tant que ça par cette défaite-là... En tout cas, on verra. Mais je ne peux pas me fier là-dessus pour préparer mon équipe», poursuit Fortier.

Pas plus que sur l’écrasante victoire de 45-0 contre Sherbrooke en demi-finale de conférence, samedi. Encore aucun point alloué et à peine 204 verges gagnées par l’attaque du Vert & Or. Mais toujours rien pour émouvoir le cerveau de la défensive lavalloise.

«On a eu des hauts et des bas, dans ce match. On savait qu’on devait neutraliser surtout un aspect de leur attaque, le jeu au sol, et le Vert & Or a montré à quelques reprises qu’il pouvait bien courir. Mais en situations précaires, on a fait les gros jeux», indique Fortier.

Mutation salutaire

Au premier chef, l’interception à la ligne de six du Rouge et Or du secondeur Christophe Gagné, en fin de deuxième quart. Au lieu de voir le pointage se resserrer à 14-7, le Rouge et Or a plutôt suivi avec une passe de 60 verges pour un touché et faire 21-0. Le tournant de la rencontre.

Gagné en était à son premier départ en trois campagnes universitaires. Le numéro 44 est entré à Laval en 2015 comme centre-arrière, avant d’être muté à la position de secondeur l’an dernier, un poste qu’il avait occupé durant son séjour dans un prep school américain. Mais jusqu’à samedi, Gagné s’était surtout mis en valeur au sein des unités spéciales, chez le Rouge et Or.

Ses habiletés de centre-arrière lui ont servi pour ramener son interception sur 36 verges. «À ma deuxième année, Glen [Constantin, l’entraîneur-chef] et Marc m’ont offert de devenir secondeur, me disant que j’aurais plus de chances de m’habiller et de jouer. Ils avaient raison! a commenté Gagné, après le match. Mon tour est venu et l’interception, c’est la cerise sur le sundae!»

Main dans la main

Fortier insiste : la victoire trône toujours au sommet de la liste d’objectifs rédigée avant chaque rencontre. Encore plus vrai en éliminatoires, bien sûr. Accorder le moins de points et le moins de verges possible vient ensuite pour la défensive. Mais les deux marchent main dans la main.

«Si tu ne donnes pas de point, tes chances de gagner sont assez bonnes», laisse tomber le coach, avec cette vérité de La Palice. À travers ces trois zéros depuis le début d’octobre, Fortier, perfectionniste, garde sur le cœur les 14 points accordés à des Stingers de Concordia «affaiblis».

«Rendus en séries, maintenant contre Montréal, on sait ce qu’on a à faire. Il n’y a pas de marge de manœuvre. On garde notre ligne directrice et arrivera ce qui arrivera. Faut rester concentrés sur le processus, parce que si on pense juste au résultat, on crée de l’anxiété», conclut Fortier, qui s’assurera d’optimiser ce processus dans les prochains jours menant au choc de la Coupe Dunsmore.